‹ Les pontifes de l'ancienne RomeChapitre 56 sur 117 · FASTES CONSULAIRES · texte numérisé non relu

FASTES CONSULAIRES

La liste des magistrats éponymes de Rome ou Fastes consulaires est le lien qui rattache le calendrier aux Annales. Les Romains ayant pris, à l'époque où ils n'avaient point encore d'ère chronologique, l'habitude de désigner les années par le nom des consuls, les Pontifes chargés de mesurer le temps et de conserver la mémoire du passé ne purent se dispenser de noter dans leurs archives la succession des collèges consulaires. Ces indications trouvaient leur place naturelle dans le calendrier, elle nom de Fasti *, donné au catalogue officiel des consuls rangés par ordre chronologique, montre assez que c'était là le complément nécessaire des Fastes proprement dits. 11 ne

(4) Cic. FroSext. U. AU. IV, 8. J)h\ V, 42. Liv. IX, 48. Val. Max. vin, 45, 3. Aucl. iucerl. De prœrwm. 2. Sparlian. JElivs Verus, 5.

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faudrait pas croire cependant que les Fastes consulaires se soient trouvés formés naturellement par la succession régulière des magistrats et dotés d'une chronologie par le seul fait qu'ils étaient rapprochés du calendrier. Si 4es intercalations inopportunes jetaient le désordre dans le calendrier, les retards apportés aux élections, les interrègnes, en déplaçant perpétuellement la date de rentrée en fonctions des consuls, introduisaient des irrégularités bien autrement grandes dans la liste des magistrats éponymes^ à l'époque où la coutume exigeait que chaque collège consulaire gaidàt le pouvoir pendant une année entière. 11 devenait impossible de faire coïncider les années consulaires avec les années calendaires. Et* cependant, à moins de laisser Thistoire romaine dépourvue de chronologie, il fallait assigner une date précise à tous les consulats, et pour cela, les distribuer entre des points de repère fixes fournis soit par la tradition, soit par des synchronismes bien constatés. Tel est le travail que les Pontifes paraissent avoir entrepris au commencement du cinquième siècle de Rome et dont les résultats, écrits sur des toiles de lin, constituèrent les libri /tn/ei déposés dans le T. de la déesse de Mémoire (Juno Manela)^ bâti précisément à cette époque (344).

Les points de repère fournis par la tradition étaient plus nombreux qu'on ne le supposerait si Ton négligeait de compter au nombre des documents mis à la disposition du collège des Pontifes le vaste recueil des Commentaires. Tous les événements qui avaient provoqué quelque décision canonique ou quelque addition au culte national, dédicaces de temples, expiations solennelles, institutions de rites nouveaux, y étaient relatés avec des indications qui permettaient de leur assigner une date et d'y rattacher par certains points la série des collèges consulaires. C'est lu tradition reUgieuse qui fournit le point de départ des Fastes consulaires; au milieu des ténèbres qui couvraient'le ber-

ceau de la république, la dédicace du T. de Jupiter Capi- (olin par M. Horatius Pulvillus était le seul événement certain autour duquel on pût groupée les vagues souvenirs qu'avait laissés cette époque agitée. Ne pouvant porter plus loin leurs regards, les Pontifes rapprochèrent les* noms de M. Hor. Pulvillus et de L. Junius Brutus, Fauteur de Texpulsion des rois, en admettant plusieurs substitutions dans le collège consulaire de cette première année, et supprimèrent ainsi une lacune dont on ne saurait déterminer retendue. Le commencement de l'ère républicaine une fois fixé (13 sept. 509), les Pontifes atteignirent sans encombre un autre point de repère, le commencement • d'un siècle^ mai^qué par la peste qui éclata sous le consulat de L. iEbutius et de P. Servilius (463) ^ Là commençaient les difficultés. La durée absolue de ce siècle, clos sous le consulat de Cn. Genucius Aventinensis et de L. iEmilius Mamercinus (363) par la cérémonie du clou enfoncé dans le T. de Jupiter Capitolin 2, était connue, et pour remplir cet espace de cent ans, les Fastes ne fournissaient que 95 collèges de consuls, de tribuns militaires, et de décemvirs. Les luttes politiques, en multipliant les in- ,terrègnes et les abdications, avaient fait varier cinq ou six fois dans cet intervalle le commencement de Tannée consulaire, et il ne fallait pas songer à reporter à leur véritable place les nombreuses lacunes dont la somme composait ces cinq années sans magistrats. Les Pontifes préférèrent les intercaler en bloc à l'époque dn long interrègne provoqué par le débat sur les lois Liciniae-Sextiae avec cette simple mention : c absence de magistrats :s> (solitudo magistratuum, 375-371). Les synchronisines fournis par l'éclipsé de l'an 400, inscrite à la date de 403 dans les Annales, et par la coïncidence de Tarchontat de Pyrgion (388) avec la bataille de l'Allia, reportée à l'an 3V)0 parla

(4) Uv. m, 6. — (î) LiY. vu, 3.

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