Anthrop., tome IV, page
IV. — Recherche, d'après les documents archéologiques, de la trajectoire suivie par le peuple des dolmens. — Détermination de l'état social de ce peuple aux différentes étapes de sa migration par Tétude des territoires où Ton a constaté Texistence de ses tombeaux.
1. D'après ce qui précède, le peuple des dolmens a, dans ses migrations, occupé Tlnde, le Caucase, la côte occidentale de TAsie, les pays Danubiens, le nord de TEurope, les iles Britanniques, la plus grande partie de la Gaule et de la péninsule Ibérique, enfin les régions septentrionales de l'Afrique.
Une première question se pose. Dans quel sens a-t-il parcouru sa trajectoire ? Est-il remonté des côtes de l'Afrique vers TEspagne, la Gaule et le nord de l'Europe? ou bien a-t-il suivi la route inverse ?
Des arguments tirés de la présence des métaux, plus fréquente dans les sépultures méridionales que dans celles des pays septentrionaux, font supposer que l'invasion mégalithique est venue du Nord-Est. Le rapprochement des préjugés populaires existant encore dans les régions qui ont conservé l'empreinte de cette migration primitive avec les superstitions des tribus de race touranienne conduit à la môme conclusion. Suivant Vogt *, l'étude comparative des ossements trouvés dans les dolmens Scandinaves indiquerait une race d'hommes au-dessous de la taille moyenne, paraissant se rattacher étroitement, par la forme arrondie et la petitesse de leurs crânes, à la branche Finnoise. Mais ce dernier argument ne peut être considéré comme démonstratif.
Le peuple des dolmens, en effet, dans ses pérégrinations, a rencontré des populations qui avaient occupé le sol avant lui et son type primitif a dû subir de graves altérations au