XII INTRODUCTION
pôle et les chaleurs de Téquateur; il se contente de la nourriture que lui offre le territoire sur lequel il s'arrête; il est à la fois Carnivore et herbivore.
Aussi, peu lui importe la direction que les circonstances lui indiquent comme la plus avantageuse. En général, il s'avance vers les contrées où il rencontrera à la fois le moins d'obstacles à vaincre et le plus d'avantages à recueillir. Avec indifférence il passera du nord au sud ou du sud au nord, de l'est à l'ouest ou de l'ouest à l'est.
Les familles qui, à notre époque, émigrent de l'Europe se disséminent en Amérique, en Afrique, en Asie, en Océanie.
Le peuple romain a porté sa domination dans tous les sens autour de sa capitale. Alexandre, parti de Macédoine, a étendu son pouvoir vers l'orient et le sud.
Même variété existe dans les orientations de ces grandes migrations historiques qui ont bouleversé l'Europe au commencement de notre ère.
2. Celle des Cimbres et des Teutons émut le peuple romain par son impétuosité et la rapidité de sa marche.
Les Cimbres occupaient primitivement le Jutland et la partie méridionale du Danemark ; les Teutons étaient originaires des bords de la Baltique. Vers Tan 120 avant J.-C, ils émigrèrent et, avec les Ambrons et les Tigurins, ils entrèrent en Gaule en l'an 112. Après avoir battu plusieurs généraux romains, de 112 à 106, les Cimbres se portèrent en Espagne l'an 105, revinrent en Gaule en 102 et se séparèrent des Teutons et des Ambrons pour entrer en Italie par le nord, tandis que ceux-ci, passant le Rhône, devaient l'envahir par l'ouest.
INTRODUCTION XIH
Mais Marius extermina les Teutons près d'Aix, en 102, et les Cimbres près de Verceil, en 101.
3. Les Huns, peuple nomade, sont partis des contrées situées au nord du désert de Kobi et, après avoir soumis les Mandchoux, ont dévasté, au m^ siècle avant J.-C, les frontières septentrionales de la Chine. Chassés de ce pays, 150 ans environ après, ils ont envahi les steppes de la Tar tarie.
Au iv* siècle de notre ère, ils se mettent en mouvement et se portent vers Toccident. Une de leurs bandes, les Huns blancs, se fixe à Test de la mer Caspienne, sur les bords de TAmou-Daria. Les autres se dirigent vers rOural, descendent jusqu'au Caucase dans ces steppes de la dépression kralo- Caspienne et de la dépression ponto-caspienne si favorables à la nourriture des troupeaux ; puis ils se jettent sur TEurope.
Vers 376, ils traversent la mer d'Azov ; ils subjuguent les Alains, refoulent les Goths au sud du Danube, menacent Constantinople, dévastent la Thrace et l'IUyrie, et se font céder par Tempereur d'Orient toute la rive droite du Danube. Leur roi Attila étend sa puissance de la mer Caspienne au Rhin et n'est arrêté qu'en Gaule, près de Ghàlon s- sur-Marne (431).
Repoussées de la Gaule, les hordes des Huns se tournent vers l'Italie, saccagent la Vénétie et menacent Rome qui n'est sauvée que par les supplications du pape et les présents de l'empereur Valentinien HL Elles abandonnent alors l'Italie en 452.
L'année suivante, Attila meurt et avec lui la puissance des Huns s'évanouit. Quelques tribus se maintiennent encore, mais pour peu de temps, en Hongrie; le reste
XIV INTKODUCTION
retourne en Asie, laissant des groupes sur les bords de la mer Noire depuis le Danube jusqu'au Doa et près du Caucase.
Si Ion trace sur une carte la trajectoire de cette migration des Huns, on constate que, dans la première partie, les nomades ont recherché les steppes avantageuses à la nourriture de leurs troupeaux. En arrivant en Europe, ils ont encore suivi la bande de terrains quaternaires qui couvre les plaines de la Hongrie ; mais, en contact avec des voisins qu'une civilisation plus avancée avait enrichis, ils ont préféré demander leur subsistance et la satisfaction de leurs appétits aux produits de leurs rapines. Ils se jettent alors dans les terrains montagneux ; ils abandonnent leur industrie pastorale pour Tart du guerrier, et, en six ans, sous la conduite d'un chef habile, ils ravagent les provinces les plus fertiles de Tempire romain.
Leur puissance ne pouvait être qu'éphémère ; elle avait été trop rapidement fondée pour être durable, car la réaction est toujours égale à l'action. La mort du chef, en qui se résumait toute sa force, a suffi pour la renverser. Il en avait été de même pour les conquêtes d'Alexandre. L'exemple en fut renouvelé dans notre siècle, d'une manière analogue, par la défaite de Napoléon.