‹ Les populations primitivesChapitre 68 sur 150 · Mal., 2* série, t. X, 1879, p · texte numérisé non relu

Mal., 2* série, t. X, 1879, p

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rées avec urnes cinéraires et mobilier métallique (bronze et fer). Ces dernières sont incontestablement les plus récentes ; elles ont donné lieu aux mêmes observations que celles qui existent dans le département des Basses-Pyrénées et dont nous allons parler.

BasseS'Pyrénées. — En contact avec les précédentes tombelles sont celles des landes des communes de Ger, de Pontacq et dé Barzun. Nous les avons désignées toutes sous le nom de nécropole du plateau de Ger, ainsi que celles des communes d*Ibos, d'Azereix, d^Ossun, de Gardères, d*Oroix et de Pintac, parce que le village de Ger a donné son nom au champ de tir de Tartillerie du 18' corps d*armée, champ de tir qui s'étend sur les territoires des deux départements limitrophes et qui a été le point de départ de nos études archéologiques dans cette région pyrénéenne.

: Ces études, en ce qui concerne les tumulus à incinération, les seuls qui nous occupent en ce moment, nous ont conduit aux conclusions suivantes, toutes basées sur les seules constatations archéologiques.

Le mort, paré de ses ornements, armé de son épée, de son bouclier, de sa lance, de son javelot, était déposé sur un bûcher. Le. bois dur, dont était constitué ce dernier, développait, en brûlant, une haute température qui réduisait le cadavre en une poussière d'os et de cendres. Les armes et les bijoux étaient déformés, parfois brisés.

Dès que la combustion paraissait complète on recueillait les fragments d*os calcinés et les débris métalliques et on les plaçait dans une urne en terre. Quelquefois on y joir gnait un petit vase rempli sans doute de liquides ou de parfums. Le récipient était ensuite fermé à Taide d'un couvercle et déposé au milieu des terres rapportées d'un tertre. On le maintenait dans la position verticale en accumulant, près de ses flancs, ^es cendres et du charbon du bûcher,

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OU encore des galets et des Tragments d'arme trop volumimineux pour trouver place dans l'urae.

Près de la sépulture ainsi formée étaient enfouis souvent des vases contenant des olfrandes faites aux mânes. Dans les plus anciens lumulus à incinération, ces poteries ressemblent à celles des dolmens. On retrouve parmi elles des gamelles de faible hauteur, montées sur de petits pieds. Hais ces œuvres de céramique, souvenir des populations antérieures, disparaissent peu à peu à mesure que l'on approche des époques plus récentes.

Les urnes cinéraires étaient recouvertes de terres accumulées on un tertre généralement à base circulaire. Elles étaient souvent placées dans l'intérieur d'une enceinte en galets. Les dimensions régulières de ces cromlechs permettent de supposer qu'ils étaient établis suivant des règles imposées par la coutume et appliquées par les membres d'une corporation gardienne des traditions. Une autorité théocratique, capable de distribuer les faveurs d'outretombe, en présidant aux rites funéraires, devait intervenir latalement dans les actes journaliers et imposer sa puissance dans l'organisation sociale. Quelquefois, les tertres recouvraient l'emplacement du bûcher sur lequel avait été déposée l'urne funéraire, mais cet. usage ne parait pas avoir été général.

A mesure que l'épaisseur de la terre végétale qui recouvre la surface du lumulus diminue, c'est-à-dire à mesure que la tombelle remonte à une moins haute antiquité, le mobilier semble se transformer ; ce ne sont plus les armes qui sont fabriquées en bronze, ce sont les bijoux et les pièces de parure. L'épée, la lance, le javelot sont en fer. Certains ornements sont aussi composés des deux métaux que l'on

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siste que dans la mise en œuvre de la i non dans l'adoption d'outils d'un usage

Quant à la céramique, elle semble n^avoir subi aucun perfectionnement, elle est toujours l'œuvre d'une industrie primitive. Les formes restent les mêmes; les ornements qui décorent les vases ne varient pas ; ils sont géométriques. Les dessins reproduisent souvent ces cercles à centre marqué qui apparaissent également sur les pendeloques et qui avaient sans doute un caractère symbolique.

Ainsi, pendant le long espace de temps qui s'est écoulé entre la plus ancienne et la plus récente des sépultures à incinération, aucun progrés sensible ne paraît avoir été réalisé dans les arts industriels par les populations du plateau de Ger.

La substitution du rite de Tincinération à celui des mégalithes a coïncidé avec l'apparition d'une civilisation supérieure, caractérisée par l'emploi des métaux, bronze et fer, jusque-là inconnus. Mais il semble que cette transformation opérée, les populations pyrénéennes retombent dans un état stationnaire. Isolées dans leurs montagnes, éloignées des grandes voies de communication que suivent les trafiquants, elles n'ont aucun stimulant pour modifier leur genre de vie. Ce qu'elles ont appris dans leurs migrations suffit au bien-être dont elles se contentent. Il faudra qu'un nouveau courant de migration vienne troubler leur quiétude et leur imposer de nouveaux besoins. Mais cette révolution ne nous est révélée par aucun monument archéologique; ce qu'il est permis de supposer, c'est que l'arrivée des conquérants a poussé les habitants du pays à se réfugier sur des points d'une défense facile, dans ces oppida où il faut chercher les traces de leur évolution.

En se dirigeant vers l'ouest, sur ces contreforts qui séparent les bassins de l'Adour et du Gave, on rencontre les landes de Pont-Long au nord de Pau et celles qui couronnent les coteaux de la rive droite du Gave, au-dessus d'Orthez. Dans cette étendue un certain nombre de points sont

TRIBUS DU RITE DE l'iNCINÉRATION H9

occupés par des tumulus, ceux par exemple de Serres- Castet, au nord de Pont-Long, de Balansun S de Pomarès et de Castelsarrasin au nord d'Orthez.

Landes, — Enfin, et toujours dans la même région, mais dans le département des Landes, les territoires des communes de Mimbaste et d'Estibeaux possèdent des tombelles de même espèce qui ont été Tobjet des études de la Société de Borda de Dax.

Il est donc probable que, de Lourdes à Dax, les plateaux rapprochés des crêtes qui limitent la rive droite du Gave de Pau ont été jadis couverts par des monuments funéraires dont le gisement s'étendait encore au nord jusqu'aux crêtes dominant la rive gauche de TAdour. Tels étaient les tumulus d'Oroix, de Pintac, de Nantery (entre Aire - sur -Adour et Garlin), qui semblent se raccorder avec ceux de Pomarès et de Castelsarrazin.

20. Finistère, — Indépendamment de ces nécropoles que nous venons d'énumérer et dans lesquelles les populations primitives avaient déposé les restes incinérés de leurs morts, on a rencontré des traces de crémation à l'état erratique, sur les côtes de notre Bretagne.

C'est ainsi que le dolmen du Penker-en-Plozévet 2, non loin de la mer, près de la route de Pont-l'Abbé, contenait une sépulture à incinération. Au milieu des cendres et des objets calcinés on trouva deux haches polies, une jolie pendeloque en jadéite, les fragments d'un vase caliciforme, puis un poignard en bronze, à lame étroite et à soie, etc.

Une remarque importante à faire au sujet de cette sépulture, c'est qu'une partie des parois de la chambre sont édifiées en petites pierres, maçonnées à sec, ce qui indique une solution de continuité. Ne pourrait-on pas supposer

1. Raymond. Exploration d'un tumulus à Balansun,^ Mat, j 2« série, tome X, 1879, p. 173.

2, Rei). arch,\f 3« série, V année, juillet 1883.

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que le monument primitif a été utilisé par de nouveaux venus qui y ont déposé les cendres de leurs morts?

Sur les pentes du plateau de Kélouer, près de la mer, on a encore recueilli une urne cinéraire, enfouie dans une cavité formée par quatre pierres posées de champ.

Le monument mégalithique de Saint-Dreyel en Plouhinecr sur le bord de la mer, à rentrée du port d'Audierne, a été également utilisé par des populations plus récentes que celles qui Pavaient construit pour y mettre à Tabri les cendres de leurs morts. Les exemples de ces sépultures successives ne sont pas rares en Bretagne .

Citons encore le tumulus de Ker-Huella en Loudivisian % où, dans une construction dolménique, on constata la présence de restes incinérés au milieu desquels étaient un glaive en bronze, décoré de quatre traits longitudinaux parallèlement à chaque bord et long de 0™,29, deux poignards également en bronze et une perle de quartz verdàtre.

Enfin, le tumulus de Locmaria-Plouzané, haut de 1"»,50, dont le diamètre de base avait une longueur de 22 mètres, recouvrait une chambre construite en pierres disposées en encorbellement, qui contenait des restes incinérés sur une épaisseur de 0,™04, à 0,™06. Au centre était une grosse pierre sur laquelle avait été placée une tète de grand cerf; Tout auprès, on a trouvé un poignard de bronze, long de 0,™08 et un poignard fait d'un morceau de bois de cerf fendu par la moitié et long de 0"*,i7 ^

Toutes ces sépultures à incinération semblent avoir été placées dans des monuments funéraires déjà existants. Elles appartiennent sans doute k des navigateurs étrangers qui ont utilisé pour leurs morts les tombeaux des anciens habitants du pays. En les attribuant aux pirates

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