Hérodien. Histoire romainCy liv. III
TRIBUS DU RITE BE l'INGINÉRATION 169
Aurèle ; puis on rendit les derniers honneurs au défunt qu'on plaça au nombre des Dieux en célébrant la cérémonie de Tapothéose.
Après la mort de leur père, les lils de Septime Sévère ne purent s'entendre, malgré les efforts de leur mère. Bassianus Antonin, surnommé Caracalla, tua de sa propre main son frère Géta. « Il ordonna que le corps de la victime fût brûlé sur-lo-champ * ». Resté seul maître de l'empire, il fut luimême assassiné ; ses cendres, déposées dans une urne, furent envoyées à sa mère par son successeur Macrin ^.
A mesure que le christianisme fit des progrès Tusage d'enterrer les morts se généralisa dans le monde romain ; à partir du règne des Antonins, au n* siècle, il devint presque universel. Au v* siècle, d'après Macrobe ', le rite de rincinération a disparu. Toutefois, quelques traces de cette coutume subsistaient au temps de Charlemagne, puisque cet empereur, dans ses Capitulaires, en défendit les pratiques sous les peines les plus sévèresT
8. Au nord de la mer Egée et s'étendant vers l'Orient jusqu'aux rivages de la mer Noire, se trouve une contrée dont les habitants étaient désignés par les anciens sous le nom de Thraces. Chez ces peuples, le rite de l'incinération existait simultanément avec celui de l'inhumation au y siècle avant notre ère. Hérodote, qui avait parcouru leur pays, rapporte en effet qu'on y faisait de son temps les funérailles des gens riches de la manière suivante ^ : « On expose le mort, dit-il, pendant trois jours, et, après avoir immolé toutes sortes d'animaux, on fait un festin auquel les pleurs et les gémissements servent de prélude. On l'inhume ensuite, qu'on Vail brûlé ou non. On élève après