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Sophocle* Antigone

418 LES POPULATIONsyPRIMtTIVÉS

En réunissant tous ces documents, nous avons pu tracer la carte des pays où fut adopté jadis le rite de Tincinération. L*aire géographique de ce rite est très étendue ; elle comprend rinde, l'Asie antérieure, les côtes septentrionales de la Méditerranée, le nord et Touest de l'Europe. C'est dans ces territoires que se sont répandues des tribus qui y ont apporté, avec la coutume de la crémation, des aptitudes spéciales auxquelles les sociétés antiques ont dû le développement de l'agriculture et les premiers progrés de l'industrie.

Tribus du rite de l'inhumatloa.

I. - Du rite de l'inhumation. - Étude dee nécropoles * ^^'^j Mtiiou Asie Cenlrale el Sibérie. — Caucase. — Armeo' Iranscaucaeienne.

1. Les rites mégalithique et de 1 '""^ \^- l«ji A<>»"'iles seules coutumes funéraires révélée» ^ ^^^,^^^^„^. 4f. vertes archéologiques. Dans un 1res ^^^^^ ii.l.uiii''^''»', nécropoles on trouve encore des sépu ^.^ ti„uUi'-

traces de groupes humains possédant »« ^^^ ^^^^^^^^

tombe des idées différentes de celles admise ^F lations dont nous nous sommes occupé J yi„i,uiiMU-,h

D'une manière générale, le rite antiq . ^^^ „,f,(. ,|, ;„,), consiste dans le dépôt sous la terre du *^* ^j.'^ ^,., „),^,.|., costume d'apparat, muni de ses armeSi ^^ 4^,t,j),i „ ,„j(

"les animaux et parfois des personnes q^^ ^ ^ ^^^^^ ^ ^^

aimés, ainsi que des offrandes q»*' ^"' ^j,,,,,, (^ (,,.,11,. .,i les survivants pendant les cérémonies ^

"lui attendait dans le monde des es lui n'avait pas reçu de sépulture t était seulement recouvert d'un P® de libations '.

U Sophocle. Aniigone.

Mais si ce minimum de funérailles donnait à la rigueur satisfaction aux prescriptions religieuses, il n'était admis que dans des cas exceptionnels. Pour protéger le corps contre les profanations on élevait un tombeau qui rappelait encore aux vivants le souvenir de l'ancêtre trépassé.

Ce monument ne fut pas, en tout lieu et en tout temps, construit suivant un même plan. Tantôt il consistait en un tumulus de terre ou de pierre, édifié au-dessus du lit funèbre ; tantôt le cadavre, étendu sur le dos ou sur le flanc, assis, accroupi, dans une attitude variable, les mains sur la poitrine ou sur la tête, était simplement déposé dans la terre rapportée, placé dans une fosse ou euQn enfermé dans un sépulcre en pierre ou en bois. Parfois aussi le tumulus n'était pas édifié; une fosse était creusée dans le sol naturel et le défunt y était descendu, enveloppé ou non dans un coffre destiné à empêcher la dispersion des os ou leur disparition sous l'influence des actions chimiques développées par le milieu environnant.

Les formes des tombeaux sont donc variables à l'intini ; la coutume seule de la mise en terre du mort parait immuable dans ces sépultures que les archéologues ontren- ', contrées dans les pays les plus divers. Cette dernière consta- i tation, relative à la cérémonie essentielle des funérailles, I permet de supposer qu'une antique croyance sur la vie I Tuture a été commune aux populations ayant occupé les l montrées oii se trouvent des sépultures inhumées. Ces popu- l lations, par suite, ont entre elles certains liens de parente ' provenant soit d'une même origine, soit de relations entre vainf;ueurs et vaincus. D'où il résuite que la répartition J géographique des sépultures à inhumation doit se trouver | en rapport direct avec l'influence des tribus primitives qui \ avaient adopté ce rite et, par conséquent, avec leurs migralions.

Pour ce motif, nous résumerons d'abord les renseigne- ,

ments fournis par les recherches archéologiques et qui sont parvenus à notre connaissance.

Asie centrale et Sibérie *. — Toute la région transcapienne est semée de tumulus, dont les plus importants par leurs dimensions se trouvent dans les steppes, là où débouchent les défilés des montagnes. Les sépultures étaient soit incinérées, soit inhumées. Parmi ces dernières, on peut citer celles du tertre situé près de Jalatik où les squelettes étaient placés dans de grands récipients d'argile, dans la posture de personnes assises. Tout autour, des fusaïoles en argile, des épingles à cheveux en corne, des perles de corail et de verre. Dans une autre tombelle on trouva un caveau en briques et une galerie où il y avait des squelettes.

Beaucoup de tumulus sont disséminés dans les steppes de Ja Sibérie occidentale sur un espace qui s'étend jusqu'aux sources du lénissei et jusqu'aux steppes d'Abakam. De môme, la Mongolie est riche en tertres funéraires. Érigés par des nomades qui ensevelissaient avec le mort toutes les richesses qui lui avaient appartenu, ces monuments ont éveillé la convoitise des chercheurs de trésors et ont été pillés malgré la surveillance exercée par les populations pastorales qui se sont succédées les unes aux autres dans ces régions ; aussi, les renseignements sur ces tombeaux sont-ils disséminés dans des documents relatifs au pillage des tumulus en deçà et au delà de la chaîne de l'Oural.

C'est ainsi que l'on sait qu'à la fin du xvii* siècle on trouva près du cours de l'Irtych, un peu en amont du lieu nommé le Yans du Samara, un bloc colossal de terre rocailleuse ayant entraîné, dans la chute de la montagne, un cercueil contenant les ossements d'un cadavre avec des fragments de bracelets en argent, un collier et un vase de même métal.

1 . Antiquités de la Russie méridionale ^ par le professeur N. Kondarof, le comte J. Tolstoï et S. Reinach.

Non loin de Tobol il y avait encore des tombes renfermant divers ustensiles d'argent, de cuivre et de fer.

Au commencement du siècle dernier, les terres des Bash*kyrs, qui s'étendent le long du Volga, furent explorées et donnèrent des anneaux et des fragments d'une couronne en or. Vers la même époque, on retrouva, dans les tombes du pays des Kalmoucks, toutes sortes d'instruments et de parures, des haches, des coutelas, des vases de tout genre, des boucles d'oreille, des bagues, des boutons, des figurines d'or, d'argent et de bronze représentant des êtres humains et des animaux. Toutes ces sépultures étaient à inhumation.

Au commencement du xviii* siècle, beaucoup de gens allaient, pendant l'été, de Tomsk, Tara, Krasnovodsk, Tssetsk et d'autres lieux à une distance de neuf ou dix jours de marche dans les plaines pour fouiller des tombeaux et y recueillir beaucoup d'or, d'argent, de bronze, de pierreries, de glaives et autres armes, des ornements de selle et des mors de chevaux. Les fouilles étaient devenues une sorte de profession pour la population qui vivait sur le cours supérieur de l'Ob. On trouvait parfois dans une tombe des poids considérables d'or et d'argent.

La région de steppes située vers le 50* degré de latitude nord, entre Tlrtych et l'Ob, était couverte de tumulus. L'ouverture d'un de ces tertres, faite à la fin du siècle dernier, mit à découvert trois caveaux ou chambres sépulcrales.

Dans celui du milieu, le plus vaste, était uni squelette déposé sur une espèce de litière revêtue d'une plaque en or ; le corps, légèrement incliné, était couvert d'une feuille d'or et enveloppé d'un riche manteau dont le bord était garni d'ornements dorés, de rubis et d'émeraudes. La tète, le cou et les mains étaient nus et dépourvus de toute parure. Près du squelette étaient placés le glaive, la lance, le carquois et les flèches.

TRIBUS DU RITE DE l'iNHUBIATION 183

Le second caveau contenait le squelette d*un cheval qui portait un mors, une selle et des étriers et qui était étendu SLXJLJL pieds de son maître.

Dans le plus petit tombeau il y avait un squelette de femme. Une chaîne d'or, semée de rubis, entourait le cou ; d^s bracelets d'or étaient attachés aux bras. La tête, la poitrine, les mains étaient nus. Le corps, drapé dans une riche couverture, était posé sur une plaque en or et recouvert d'une plaque semblable. Les draperies étaient magnifiques et semblaient intactes au moment où le caveau fut ouvert mais elles tombèrent en poussière au premier attouchement.

Au commencement de ce siècle,rexploration d'un tumulus sur le cours supérieur de l'Irtych mit à découvert un tombeau dallé en granit dans lequel reposaient le squelette d'un homme et celui d'un cheval. Parmi les ossements du cheval il y avait des boules bien travaillées, des appliques de métal blanc qui avaient orné un harnais ; parmi les ossements humains se trouvaient un glaive de fer à deux tranchants et des flèches en fer ; la poitrine du cadavre était parée d'une quantité de petites plaques en or et la main droite portait deux bagues en or.

D'après Miller (1733-1743), c'est sur le cours de la Volga, du Tobol, de l'Irtych et de l'Ob que se rencontrèrent les tombes dont le contenu était le plus riche ; les sépultures moins riches étaient disséminées dans les steppes que traverse le lénissei et les plus pauvres au delà du lac Baïkal. Un savant voyageur du siècle dernier, Ghméline, divise les tombes de l'arrondissement de lénisséisk en plusieurs groupes. Les unes, désignées sous le nom de Mayàky (phare), étaient de forme carrée ; de hautes pierres, comparables à celles d'un cromleck breton, étaient alignées tout autour. Elles contenaient des vases d'argent et d'argile, des objets en or et en argent, des ceintures décorées de plaques

de son mari qu'elle couvrit de sa pagne et dont elle appuya la tète contre sa poitrine. Avec une impassibilité absolue, elle mit le feu à sa chevelure, à sa robe, à diverses parties du bûcher et jeta son flambeau aux assistants.

« Quand tout fut consumé, les brahmanes recherchèrent, parmi les débris, les ossements calcinés des deux époux et les recueillirent dans deux vases de terre qui furent remis aux parents.»

Cette tragédie païenne aurait eu pour origine, selon Diodore * et Strabon 2, une loi édictée dans le but de mettre un terme aux tentatives d'empoisonnement faites par les femmes contre leurs maris. Il parait difficile d'admettre qu'une condamnation à périr sur le bûcher d'un époux ait eu pour résultat d'occasionner l'enthousiasme héroïque qui, à 2,200 ans d'intervalle, semble avoir enflammé l'épouse de Ceteus et la jeune martyre du Ferrah-Bagh. L'amour plus fort que la mort et la croyance en la persistance éternelle de la personnalité humaine ont pu seuls soutenir les jeunes victimes dans le sacrifice qu'elles ont fait de leur vie. La confiance exaltée qu'elles ont montrée en cherchant à travers les flammes le monde meilleur où les attendaient ceux qu'elles avaient perdus, est le trait d'union entre nos croyances modernes et celles de nos ancêtres.

D'après le témoignage de Strabon, les femmes qui refusaient de se faire brûler sur le bûcher de leurs époux étaient déshonorées, elles subissaient les effets d'une véritable excommunication. Il en était de même il y a quelques années à peine. L'auteur de VInde contemporaine rapporte qu*un Anglais de sa connaissance avait empêché la femme et les six concubines d'un rajah d'être brûlées, en les enfermant pendant la cérémonie funèbre* Le service

1* Diodore de Sicile. Bibl. hisL, XIX, 33.

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