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Strabon. Géogr,, XV

TRIBUS DU RITE DE L*INCINÉRATlON 175

qu'il leur avait rendu n'a contribué qu'à faire à ces malheureuses une existence insupportable. Jusqu'à leur mort, elles vécurent dans la misère et dans Topprobre, la tète rasée, et recevant à peine la nourriture nécessaire pour subsister.

La persistance de ces coutumes chez des populations, qui ont subi cependant de nombreuses révolutions sociales et religieuses, est un fait qui mérite d'être signalé, car il démontre l'attachement des peuples aux usages de leurs ancêtres.

Le voyageur, qui débarque à Bombay, y rencontre les Parsis, descendants des sectateurs de Zoroastre, et les Hindous dont les prières rappellent les hymnes les plus anciennes du Rig-Véda. Les premiers déposent leurs morts sur une colline qui domine la côte et dont le haut est excavé d'un trou large et profond. Les cadavres y sont abandonnés aux vautours et lorsque la chair a été tout entière rendue aux éléments^ on précipite les ossements dans le puits où ils se décomposent pêle-mêle. Les cérémonies funèbres sont celles prescrites par le Vendidah et ne diffèrent pas des rites suivis par les anciens disciples éraniens de TAvesta.

Tout autre est le culte des morts chez leurs voisins les Hindous qui brûlent les cadavres. Sur le rivage de l'île de la Salcette, en face de Bombay, on voit un de ces lieux consacrés à l'incinération. Des bûchers, composés en grande partie d'agglomérés en bouse de vache desséchée, y sont souvent allumés et répandent au loin une chaleur intense et une odeur nauséabonde *

Et malgré le contact incessant de ces sectateurs des religions antiques avec les mahométans et les chrétiens^ chacun se rattache au culte de ses pères et n'admet aucune modification dans les rites usités depuis plusieurs milliers d'années. En Vain le vieux culte solaire de la primitive

sont d'abord des tombes creusées simplement dans le sol, sans que leur emplacement soit marqué par une levée de terre, puis des catacombes et des constructions d*uii sys> tème spécial dans lesquelles les morts étaient ensevelis suivant les préceptes du mazdéisme, mais ici il y a évidemment influence d'une population nouvelle.

Dans le groupe des plus anciens tumulus du Caucase septentrional qui vient rejoindre celui des tertres disséminés dans les plaines de la Russie méridionale on a recueilli certains produits de l'industrie grecque ; mais, en général, le mobilier funéraire prouve Tanalogie qui existe entre les antiquités du nord, celles de la Russie méridionale et celles de la Sibérie. Les bronzes, en particulier, semblent tenir de TAsie tout ce qui en constitue Toriginalité. On constate ce fait surtout dans la nécropole de Koban, hameau habité par les Ossétes et situé dans le défilé de Tagaour, au nord-est du mont Kasbek et à 30 kilomètres de Wladikavkas. Les tombes de cette nécropole étaient pavées de grosses pierres ; les cadavres y étaient couchés sur le flanc droit, les genoux repliés et faisant saillie, les bras ramenés sur la poitrine avec les poignets à la hauteur de la tête.

Parmi les autres nécropoles du Caucase, citons encore celle de Digori, dans le bourg de Kamounta, celle de Tchmy, les catacombes taillées dans les rochers qui longent la rivière de Sczargoma, sur la route de Wiadikavkas à Lars, et la nécropole de Kasbeck sur la rive droite du Térek.

Dans l'arrondissement de Naltshikof on a étudié encore les nécropoles de Balkar, de Khoulan, de Tshéguéme. On a fait également des recherches à Ozorkof en suivant le cours du Baxane jusqu'au pied du mont Elbrouz, puis à Elyga en se dirigeant le long du défilé vers le sud et en continuant les fouilles au delà de la crête des montagnes. Enfin, des tertres ont été fouillés ainsi que des tombes situées dans

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les hautes régions de rarrondissement d'Argoun, dans le bourg de Kiya.

Les pièces les plus remarquables qui ont été trouvées sont des ornements et des parures en bronze de dimensions volumineuses.

Les fouilles exécutées dans la grande chaîne du Caucase ^ notamment dans le Daghestan occidental (district de Dido), dans la Touchétie, dans la Kewfsowrie et dans le Pcliarwel, ont révélé encore des faits qui méritent d'être signalés.

Le cimetière de Quittero, chef-lieu d'un naibat de Dido, appuyé à la grande chaîne d'Andi, se composait de tombeaux à inhumation et de tombeaux à incinération. Dans les premiers, les corps étaient entourés d'armes dont les débris se trouvent souvent au milieu du corps, à la ceinture. Ils étaient placés à même le sol dans une fosse rectangulaire de 2 mètres de long sur 0",80 de largeur et de bauteur. Au-dessus du cadavre était un tombeau également rectangulaire, formé de dalles sur les quatre côtés et en plafond à peu près comme les dolmens. Les tombes étaient enfouies à 2 mètres dans le sol au moment où elles furent explorées; elles sont en tout semblables à celles découvertes à Mzket par M. Bayern et qu'on retrouve dans toute la chaîne du Caucase depuis Tiflis jusqu'à la mer Caspienne.

Les tombeaux des incinérés étaient beaucoup plus petits, construits de même et ne mesurant guère qu*un mètre sur 0°»,50 de largeur et autant de hauteur. Les cendres, ainsi que nous l'avons dit ailleurs, étaient enfermées dans des sacs de toile avec des bijoux : bracelets cordés en bronze, anneaux en bronze, etc., le tout fait sans aucun art. A l'extrémité du territoire des Touches, presque sur la

1. Rev. arch,^ 3« série, tome V, janvier-février 1885. Souvenirs du Caucase, par Germain Bapst.

limite de la Kewfsowrie, à Phonstio, on trouva des tombeaux semblables aux précédents, fouillés au Daghestan. Ils ne contenaient rien que des vestiges de squelettes mal conservés. Un seul possédait un mobilier funéraire composé : de boules en argent percées qui avaient fait partie d*un collier; d*un grand nombre de bracelets en bronze de difTérentes formes, les uns plats, les autres en bronze coulé avec des dessins géométriques de lignes droites tracées au burin ; enfin, au milieu du corps, une grande plaque de bronze qui devait servir d'attache de ceinture. Au-dessous, trois chaînes fort curieuses, d'une très belle patine verte, réunies à leurs extrémités par deux grands crochets en bronze et maintenant à Tun des bouts cinq dés à coudre, également en bronze. Sur le devant de la poitrine étaient des boules en argent provenant sans doute d'un grand collier et quatre anneaux de bronze, ornements de la robe complétés par des objets indéterminés, peut-être des dents ou des turquoises. Enfin, dans le tombeau on recueillit encore une dent très longue et des boules de verre.

En franchissant la grande chaîne du Caucase pour passer de la Kewfsowrie dans le Pcharwel, non loin des sources de TAragwa, un des principaux affluents de la Koura, on rencontra des squelettes décomposés près desquels étaient des bracelets en verre.

4. Arménie russe et Région transcaucasienne . — Les nécropoles, qui ont été fouillées, sont assez nombreuses ; nous allons les énumérer d'après M. de Morgan *.

La nécropole de Marienfeld, à 40 verstes au sud-est de Tiflis, renfermait des tombeaux formés de dalles en grés, de i"»,70 à i»n,90 de longueur et 0'^,60 à 0'",80 de profondeur. Ces caisses étaient recouvertes de deux ou trois dalles plus grossières et plus épaisses, dépassant de beaucoup les

l. J. de Morgan Les 'premiers âges des métaux dans V Arménie russe.

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parois latérales. Le mobilier funéraire était pauvre : quelques bracelets sans ornements, des anneaux en bronze, des fragments de lances en fer, etc.

La nécropole de Sarlatchalo, à quelques kilomètres de la précédente, présentait les mêmes caractères et renfermait également un mobilier pauvre.

Le cimetière de Redkine est situé près du village de ce nom, à quelques kilomètres au sud de Dilidjane, au milieu des montagnes, sur la ligne de partage entre les eaux de la Koura et celles de TAraxe.

Le col de Dilidjane est le point de passage de la route stratégique de Perse qui, partant de Tiflis, traverse Érivan; c'est par là que se faisaient tous les transports entre la vallée de TAraxe et la Géorgie. De plus, il est voisin de gîtes de cuivre importants. Cette situation a donc été de tout temps très marquante.

Dans le campement de Redkine, les tombeaux sont souterrains sans qu'aucun indice extérieur les signale à l'attention. Quelques-uns cependant sont entourés d'un cercle de grosses pierres s'élevant à 2 ou 3 pieds au-dessus de la tombe et émergeant quelquefois du sol. Les tombes sont formées de trois parois verticales faites de dalles soigneusement jointes avec de petites pierres sans mortier. La couverture se compose de deux ou trois grosses dalles. L'ouverture, tournée vers l'est, a été bouchée, après l'introduction du cadavre, par un amas de pierres de toute forme et de toute dimension. Le mobilier funéraire se composait d'une quantité de vaisselle en terre, de poignards, de glaives, etc., la plupart en bronze. On a recueilli des perles en cornaline, verroterie ayant fait partie de colliers, des bracelets, des torques, des pendeloques en forme d'oiseau, mais la fibule manque complètement.

Le champ funéraire de Cheïthan-Thagh ou mont du Diable est à 70 kilomètres environ au sud de Tiflis. Les

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tombeaux se composent de caisses rectangulaires formées de quatre dalles; ils sont recouverts soit par une dalle plus grande et plus épaisse, soit par une construction en pierres plates, soit enfin par une voûte en moellons. Les roches employées sont des basaltes ou des trachytes ; le terrain dans lequel sont faites les inhumations est un sable légèrement argileux ou une argile à brique jaune, très fine, très grasse et très dure.

Les cadavres sont placés sur le flanc gauche, les jambes repliées de sorte que les genoux soient en face de la poitrine, les bras repliés et les mains placées devant la figure. La tête était généralement posée sur une pierre plate ainsi que les pieds. Les vases se trouvaient ordinairement à la tête et aux pieds de Tinhumé, les bijoux et les ornements divers dans la position qu'ils occupaient sur le mort revêtu de ses vêtements ; les armes placées parallèlement aux dalles des grands côtés de la caisse.

Dans cette nécropole, le mode d'inhumation semble avoir été toujours le même; cependant, dans deux fosses, on ne trouva que des entassements de roches au milieu desquels se trouvaient des vases brisés et des ossements humains avec des restes de chevaux. De plus, un tombeau se composait de deux caisses juxtaposées selon les grands côtés; Tune renfermait deux squelettes humains placés Tun la tête au sud, Vautre la tête au nord; près d'eux étaient quelques boutons de bronze, un fer de lance et trois vases. Dans Vautre caisse étaient les restes d'un bœuf ou d'une vache et quelques boutons de bronze.

La nécropole d'Akthala se trouve sur un plateau basaltique dit la colline de Saint-Georges, à Ventrée de la vallée qui renferme les mines d'Akthala. Ce gisement contient en abondance des minerais de cuivre, de plomb, de zinc, d'argent et d'or. Les tombes furent certainement celles d'une population de mineurs et de fondeurs.

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L.a nécropole se composait de trois parties qui semblent être d'époques différentes. La première, qui se trouvait à la partie supérieure du coteau, présentait les mêmes caractères qu'à Cheïthan-Thagh. Les deux autres massifs étaient situés plus bas, sur le môme versant de la colline, à l'est et à l'ouest.

Dans le cimetière occidental les tombeaux avaient été simplement creusés dans le sol et recouverts d^ dalles de basalte; les objets en fer étaient extrêmement rares; les vases étaient moins abondants que dans le massif supérieur et de fabrication plus grossière.

La partie orientale renfermait des sépultures, les unes analogues à celles du massif supérieur, les autres simplement creusées dans le sol et recouvertes d'une dalle ; enfin, des tombes spéciales formées d'énormes urnes où avait été déposé le corps accroupi. Près de lui quelques rares objets, une pierre à aiguiser et un galet oblong. L'urne, en forme d'œuf, renversée sur son ouverture, était fermée par une dalle ; les côtés du vase étaient calés à l'aide de pierres au milieu desquelles étaient des vases et des ossements d'animaux.

La nécropole de Utch-Kilissa se trouve au pied du mont Lelwar, entre les villages d'Allahverdi et de Tchamlong, à une altitude de 1,400 mètres. Les sépultures se composaient de cists formés de dalles analogues à ceux des nécro^ pôles précédentes. Comme mobilier funéraire on recueillit des vases, des armes en fer, des colliers, des bracelets et des épingles en bronze .

La nécropole de Mouci-Yéri (champ de Moïse), à trois kilo* mètres environ de la précédente, était voisine de gîtes miniers importants. On a trouvé dans beaucoup de tombes des fragments de carbonate de cuivre et du minerai de fer (limonite). Les 582 tombeaux qui ont été examinés ont donné un mobilier funéraire important : armes en fer,

d'or, des étriers et des mors en fer, etc. Parmi les ossements, il y avait parfois de petites plaques en or.

Un autre groupe de tombes à surface plane, appelées Slantsy, renfermaient quantité d'or et d'argent.

Dans les tombes dallées, désignées sous le nom de Tvorylny parce qu'elles rappelaient les fours à gâcher la chaux, on n'a jamais trouvé d'objels en or, mais seulement des objets en cuivre.

Les tumulus de grande hauteur, recelant une charpente en poutres, n'ont point fourni d'objets en argent, mais on y a recueilli quelquefois de minces feuilles d'or, des figurines coulées en cuivre représentant des animaux et des couteaux de bronze. Chaque squelette était déposé dans une espèce de caisse séparée ; à ses pieds avaient été placés différents ustensiles en cuivre et de la vaisselle de cuivre et d'argile. Il est rare qu'on trouve du fer dans ces tombes. Quelquefois les tètes étaient recouvertes d'un masque en plâtre et décorées de feuilles peintes en rouge et en vert.

Les objets de bronze, recueillis en Sibérie et dans la valfêe du lénisséi, se retrouvent rarement à l'est mais sont disséminés à l'ouest sur un espace qui s'étend au delà de l'Oural. On les rencontre dans les gouvernements de Perm et de Wiatka. Ceux que l'on a découverts à Sarai, sur les bords de l'Akhtouba, prouvent que la civilisation qui, à une époque très reculée, a fleuri sur les bords de la Volga est un reflet de la civilisation de la Sibérie.

Près de la ville d'Élabouga, dans la province de Kazan et sur les lieux mômes où la rivière de Toyma déverse ses eaux dans la Kama, est une vaste nécropole désignée sous le nom d'Ananyine à cause d'un village voisin. Les sépultures étaient à inhumation et déposées à diverses profondeurs. Les squelettes avait des orientations difTérentes ; les uns, dans la position assise, les genoux repliés et ramenés vers le ventre; les autres, simplement couchés dans la tombe.

Malgré ces difTérences dans les modes de sépulture, les tombeaux semblent appartenir à la même époque à cause de Tuniformité du mobilier funéraire composé d'ustensiles et de bijoux en bronze, de vases d'argile, d'armes de pierre et de fer, de mors en bronze ou en fer. La plupart des tombes étaient fermées par des blocs de pierre ou des dalles.

3. Caucase. — Le Caucase est une chaîne de montagnes, rempart gigantesque au sommet duquel se dressent quelques pics plus élevés. On donne le môme nom à la région située à l'angle sud-est de l'Europe, région qui commence aux embouchures du Don, embrasse tout le cours de la rivière de Manytch et s'arrête à la mer Caspienne. Les côtes de la mer Caspienne et celles de la mer Noire font également partie de cette région caucasique, dont les limites sont marquées nettement par les montagnes. L'impulsion des peuples asiatiques sur l'Europe a poussé dans le Caucase des populations diverses dont il est bien difficile de reconnaître aujourd'hui les épaves.

11 n'existe pas de tumulus dans la région transcaucasienne à l'exception de ceux de la steppe de Mangansk et des côtes de la mer Caspienne. En revanche, dans le Caucase .septentrional il y a des milliers de tertres. Au nord du territoire où ils sont disséminés, ils rejoignent ceux de la province du Don et de la province d'Astrakhan, formant pour ainsi dire les anneaux d'une même chaîne. Au midi, ils s'étendent au delà du Kouban et du Térek et, diminuant progressivement en dimension et en nombre, ils finissent par disparaître dans les gorges des montagnes. Ces tumulus sont les jalons du chemin parcouru par les nomades qui, refoulés dans les montagnes, y ont pris insensiblement les mœurs et les caractères des montagnards et ont adopté avec le temps un type de sépulture tout différent de celui qu'ils employaient dans la plaine. Ces sépultures nouvelles

sont d*abord des tombes creusées simplement dans le sol, sans que leur emplacement soit marqué par une levée de terre, puis des catacombes et des constructions d*uii système spécial dans lesquelles les morts étaient ensevelis suivant les préceptes du mazdéisme, mais ici il y a évidemment influence d*une population nouvelle.

Dans le groupe des plus anciens tumulus du Caucase sep^ tentrional qui vient rejoindre celui des tertres disséminés dans les plaines de la Russie méridionale on a recueilli certains produits de l'industrie grecque ; mais, en général, le mobilier funéraire prouve Fanalogie qui existe entre les antiquités du nord, celles de la Russie méridionale et celles de la Sibérie. Les bronzes, en particulier, semblent tenir de l'Asie tout ce qui en constitue l'originalité. On constate ce fait surtout dans la nécropole de Koban, hameau habité par les Ossôtes et situé dans le défilé de Tagaour, au nord-est du mont Kasbek et à 30 kilomètres de Wladikavkas. Les tombes de cette nécropole étaient pavées de grosses pierres ; les cadavres y étaient couchés sur le flanc droit, les genoux repliés et faisant saillie, les bras ramenés sur la poitrine avec les poignets à la hauteur de la tète.

Parmi les autres nécropoles du Caucase, citons encore celle de Digori, dans le bourg de Kamounta, celle de Tchmy, les catacombes taillées dans les rochers qui longent la rivière de Sczargoma, sur la route de Wladikavkas à Lars, et la nécropole de Kasbeck sur la rive droite du Térek.

Dans Tarrondissement de Naltshikof on a étudié encore les nécropoles de Balkar, de Khoulan, de Tshéguéme. On a fait également des recherches à Ozorkof en suivant le cours du Baxane jusqu'au pied du mont Elbrouz, puis à Elyga en se dirigeant le long du défilé vers le sud et en continuant les fouilles au delà de la crête des montagnes. Enfin, des tertres ont été fouillés ainsi que des tombes situées dans

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les hautes régions de rarrondissement d'Argoun, dans le bourg de Kiya.

Les pièces les plus remarquables qui ont été trouvées sont des ornements et des parures en bronze de dimensions volumineuses.

Les fouilles exécutées dans la grande chaîne du Caucase *, notamment dans le Daghestan occidental (district de Dido), dans la Touchétie, dans la Kewfsowrie et dans le Pcharwel, ont révélé encore des faits qui méritent d'être signalés.

Le cimetière de Quittero, chef-lieu d'un naibat de Dido, appuyé à la grande chaîne d'Andi, se composait de tombeaux à inhumation et de tombeaux à incinération. Dans les premiers, les corps étaient entourés d'armes dont les débris se trouvent souvent au milieu du corps, à la ceinture. Ils étaient placés à même le sol dans une fosse rectangulaire de 2 mètres de long sur 0"*,80 de largeur et de hauteur. Au-dessus du cadavre était un tombeau également rectangulaire, formé de dalles sur les quatre côtés et en plafond à peu près comme les dolmens. Les tombes étaient enfouies à 2 mètres dans le sol au moment où elles furent explorées; elles sont en tout semblables à celles découvertes à Mzket par M. Bayern et qu'on retrouve dans toute la chaîne du Caucase depuis Tiflis jusqu'à la mer Caspienne.

Les tombeaux des incinérés étaient beaucoup plus petits, construits de même et ne mesurant guère qu*un mètre sur 0",50 de largeur et autant de hauteur. Les cendres, ainsi que nous l'avons dit ailleurs, étaient enfermées dans des sacs de toile avec des bijoux : bracelets cordés en bronze, anneaux en bronze, etc., le tout fait sans aucun art.

A l'extrémité du territoire des Touches, presque sur la

1. Rev. arch., 3« série, tome V, janvier-février 1885. Souvenii's du Caucase, par Germain Bapst.

118 LES POPULATIONsyPWMtTIVÉS

En réunissant tous ces documents, nous avons pu tracer la carte des pays où fut adopté jadis le rite de rincinération. L*aire géographique de ce rite est très étendue ; elle comprend rinde, TAsie antérieure, les côtes septentrionales de la Méditerranée, le nord et l'ouest de TEurope. Cest dans ces territoires que se sont répandues des tribus qui y ont apporté, avec la coutume de la crémation, des aptitudes spéciales auxquelles les sociétés antiques ont dû le développement de Tagriculture et les premiers progrés de l'industrie.

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