SCÈNE VI
DESBRUYÈRES, ANTOINE.
antoinb, entrant gaiement.
Mon maître, vos ordres sont exécutés ; nous n’avons rien à craindre des Jolicourt : sous prétexte de réunir ces tendres époux, on lésa conduits, séparément, dans deux chambres... où ils attendront votre bon plaisir, pour revoir la lumière.
DESBRUYÈRBS.
Très-bien I... Ah ça, madame de Bryane, tu en es sûr, est bien dupe de notre ruse ?
ANTOINB.
Comment s’en douterait-elle? pauvre petite femme, ça ne connaît rien de rien... on lui dit : c’est les Porcherons, ellesecroit aux Porcherons!
DESBRUYÈRES.
N’y est-elle donc pas? puisque j’ai supprimé le mur qui séparait ma petite maison d’une guinguette voisine.
ANTOINE
Avec ça que moi et Giraumont, le sergent aux gardes, mon frère de lait, nous avons arrangé le reste de main de maître... c’est pas du frelaté: du franc et vrai peuple... des amis, des camarades, des habitués de la chose, généralement choisis parmi la fleur des casseurs de cœurs et d’assiettes.
DESBRUYÈRES.
Je te rends justice, c’est parfait; ot je crois que j’y aurais été pris moi-môme. A présent, madame de Bryane est à moi.
ANTOINE
Ah!... avec tout ce monde, qui va, qui vient?... l’endroit ne me paraît pas très-dangereux.
DESBRUYÈRBS.
C’est que tu ne sais pas ce que c’est que ma petite maison...
ANTOINE
Ah!... il y a donc des secrets?...
DESBRUYÈRBS. #
Ouil... Toi, mon agent fidèle, tu dois être initié h tout, car j’ai encore besoin de tes services... mais rends-moi cette clef qui t’a ouvert toutes les portes, et...
antoinb, hésitant.
Ah! oui, cette clef... (Il regarde au dehors.) Ah! madame de Bryane 1