‹ Les porcherons operacomique, en trois actesChapitre 70 sur 72 · ACTE m , SCENE XI · texte numérisé non relu

ACTE m , SCENE XI

M me DK BRYANK.

Monsieur, un grand danger me menace.,, Il y va de mon honneur, du repos de toute ma vjp,,. J’ai besoin de votre secours : je ne puis, je ne dois l'acceoter que si vous me dites qui vous êtes... Maintenant, j’en suis sûre, vous parlerez.

ANTOmB.

. Eh bien, oui, madame, puisque vous l’exigez, il faut bien que je l’avoue, je ne suis pas... ce que vous croyez qup je suis...

H œe pg bhyane, à part, avec joie.

J’en étais sûre!

Antoine,

Ce que j’ai f^H, pe dévouement, dont vous parliez & l'instant,

tout ça... n’était pas pour mon cornp'e.

H me Pg BflfANB.

Que dites-vous?

ABTPt*H».

La vérité l.„ J’ai on frère de lait, qui ypui aime, madame, oh! Ça, solidement!.». » Vois-tu, Antoine, qu’y m’« dit là-bas, • dans oot’ pays, vois-tu cette jeune femme?-,. Pegarde-la bien,,, elle est aussi éiourdie qu’eiio est belle, » Pardon, madame; c’est le chevalier d’Ancenis qui parle*

M me DE BRYANB.

Le chevalier?

ANTOINE

Oui, madame, et il continu*»: «Poursuivi, forcé d e me cacher, je ne puis être assez heureux pour veiller sur elle... Antoine. tu es un autre moi-même, tu me remplaceras partout, tu la suivras partout... Tu la défendras, môme au prix de ton sang, même au prix de ta vie. » Je suis parti, et je ne crois pas avoir manqué à la consigne.

m b * de bryake.

Oh! non! et ma reconnaissance...

ANTOINH.

^e me remerciez pas, madame; d’abord c’était par obéissance, par devoir... Ensuite, c’était autre chose... c’était un piatsir, un bonheur. Si bien... que cotte boucle de cheveux... prise d’abord pour lui...

de bryake, l’interrompant doucement.

C’est bien! mon ami, c’est bien!

ANTOINE

Vous avez été bien imprudente, c’est vrai; mais aussi vous avez eu fièrement peur... Tout ce que j’ai vu, tout ce que j'ai entendu, monsieur d’Ancenis le sait ou le saura, et, j’en suis

sûr, il vous aimera, il vous estimera encore davantage... et, si vous vouliez y consentir, le chevalier n’est pas bien loin d’ici...

11 n'est pas à la Bastille?

ANTOINE

Non!... Un mot, un seul mot, et bientôt, à genoux, il vous dira ce qu’il vouSit tant de fois écrit : Soyez ma femme. (Il fait un mouvement pour s’éloigner.)

M me de bryane, le retenant d'un geste.

Non, Antoine; moins que jamais à présent... je veux le voir... Après tout ce qui s’est passé , lorsque j’éprouve au fond du cœur... Non, il ne m’est plus permis de l’épouser, il ne m’est plus permis de me marier.

ANTOINB.

Madame!...

M m « DB BRYANE.

Dites bien au chevalier d’Ancenis que je lui serai éternellement reconnaissante de.vous avoir placé près de moi... Mais, s’il avait eu tout l’amour que vous lui supposez, il ne vous aurait pas envoyé, il serait venu lui-même; il eût bravé la Bastille, il eût exposé ses jours pour sauver les miens; alors... oui, sans doute, Antoine... si M. d’Ancenis eût fait ce que vous avez fait pour moi, alors je l’aurais aimé de toutes les forces de mon âme!

Antoine, tombant à genoux.

Louise! chère Louise!... mes soins, mon amour ont enfin obtenu cet aveu que j’attendais depuis si longtemps.

M me DE BRYANE.

Antoine!... le Chevalier !... j’aurais dû le deviner. (Musique.)

LE CHEVALIER

On vient... C’est Desbruyères avec ses amis.

Ah! qu’ils viennent maintenant... je ne les crains plus... Mettez-vous là, Chevalier... M. Desbruyères a raison, j’ai soupé avec mon mûri.

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