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Fig. 5. — Encore une coiffure à petites boucles serrées comme la figure 2. Le diadème de cheveux s'est arrondi et le chignon, ramené en avant, complète la silhouette. A quelques traces qui subsistent, on constate que la face a été dorée, comme celle de la figure 3.
Fig. 6. — .Même coiffure, nous avons là deux contemporaines, mais, ici, la figure n'a pas été dorée.
Fig. 7. — Toujours les cheveux frisotés et serrés en turban. Il n'y a pas de chignon et les yeux sont en émail, cerclés de bronze. Peut-être ce type est-il plus ancien que les deux précédents (PL XXVIII).
Fig. 8. — La mode continue, mais la coiffure s'assouplit, il y a moins d'art et plus de charme.
Fig. g. — On peut en dire autant de cette dame à la petite bouche et au regard dirigé vers l'au-delà. C'est une tête qui pense.
Fig. 10. — Cette dame, avec les tresses de ses cheveux, s'est fait une sorte de turban. Le curieux, c'est que la momie que recouvrait ce masque était identiquement coiffée et son visage ressemblait au masque; nous avons donc là un véritable portrait.
Fig. 11. — Celle-ci porte la même coiffure, mais la physionomie est bien différente, on y trouve un sentiment attristé, résigné, pensif; les yeux sont dans une sorte de contemplation. L'artiste a su rendre à la fois les regrets de la vie et les espoirs de l'éternité.
Fig. 12 et i3. — Dans d'autres villes, à Alexandrie, à Memphis, Akhmim, les masques qu'on a recueillis ont un air plus mondain et moins sentimental; les cheveux sont échafaudés avec plus d'apprêt, plus de luxe. Ces deux portraits viennent d'Akhmim ; les deux grandes dames dont ils nous donnent les traits ont néanmoins une expression sérieuse qui en impose.
Fig. 14, 10, 16 et 18. — Parfois les modeleurs faisaient un retour aux anciens rites et plaçaient le portrait dans le klaft des sarcophages pharaoniques, avec les représentations du chacal couché ou de l'oiseau coiffé du disque lumineux. Cet encadrement archaïque fait ressortir le modernisme des têtes bien vivantes. Le numéro 18 vient d'Alexandrie; l'artiste a voulu peindre sur le front le soleil ailé, mais, par ignorance, il a mis les ailes à l'envers : c'est un astre qui tombe. On pourrait supposer qu'il y a là un symbole rappelant l'être qui va mourir ; mais le dessinateur, qui n'a pas su représenter les serpents à cou gontlé qui flanquent le disque, ne devait pas avoir de ces préoccupations allégoriques (PI. XVI, XVII. XVIII. XIX).
Fig. 19, 20, 21, 22 et 23. — Toutes ces têtes ornées de couronnes de jacinthes roses sont assez insignifiantes, c'est là sans doute un type que l'on trouvait dans le commerce. Le numéro 23, qui pourrait être un portrait, a une expression extatique un peu exagérée (PI. XX).
Fig. 24, 25, 26, 27. — • Ici les coiffures sont simples, seulement des bandeaux ondulés. Ces types sont bien conventionnels et doivent nous montrer des ressemblances d'occasion, achetées chez un marchand (PI. XXI).
Fig. 29, 3o, 3i, 32 (Madrid), 33, 34- — Là nous retrouvons des personnalités qui nous racontent leur vie. Le numéro 32 nous montre une femme énergique, résignée cependant à quitter la terre pour un monde meilleur. Le numéro 33, type singulier, espiègle, coiffé à la
Tanagra, ou plutôt à sa fantaisie. Le numéro 34 a de la finesse, de l'ironie, de l'esprit à coup sûr. Les habitués du Musée l'ont surnommée : « la petite Montmartroise » (PI. XXII, XX11I).
Fig. 35 et 36. — Figures héroïsées, souvenirs de marbres grecs, sans doute achetés au choix (PI. XXIII).
Fig. 37, 38, 39, 40, 41) 42> 4^, 44> 45» 4^- — Tètes de jeunes gens. A part les numéros 4 1 , 42 et 43 qui sont peut-être des ligures livrées par le commerce, la variété des physionomies indique des portraits. 11 est inutile de les décrire, il suffit de les montrer (PI. XXIV, XXV, XXVI, XXVI II).
Fig. 48, 4°,, 5o, 5i, 52, 53. — J'en dirai autant de ces tètes d'enfants, dont les trois premières sont des réminiscences d'antique et les au très des portraits (PI. XXVI, XXVI I, XXVIII).
Fig. 55. — Vigoureuse figure qui rappelle les bustes de Lucius Verus ou de Marc-Aurèle. C'est une époque non seulement caractérisée par le port des cheveux et la coupe de la barbe, mais surtout par la pensée qui jaillit du visage; ce bourgeois d'Anlinoé, comme les empereurs de son temps, devait avoir des préoccupations philosophiques; il nous transmet bien l'état d'esprit de la société dont il faisait partie (PI. XXIX).
Fig. 56, 58. — On croirait voir un portrait peint par Ingres en 1828. Cette femme • •Lut riche; les bijoux qui ornent ses bras, ses mains, son cou, ses oreilles, le montrent. La placidité de son expression indique qu'elle était heureuse; une certaine fermeté dans la bouche et les yeux nous la révèlent bonne maîtresse de maison, sachant conduire et diriger tout le personnel placé sous ses ordres (PI. XXVIII, XXX).
Elle avait de la religion. Derrière son cou on a peint un Osiris (1) vêtu de la robe à grande jupe dont on ornait les statues du dieu à l'époque romaine; vêtement évasé qui couvre encore les vierges de Saragosse et de Fourvière. Cet Osiris tient deux fouets, le fléau anguleux et le fouet à lanières des Yao gnosliques. Dans les mains de la morte on a figuré la guirlande de fleurs en forme de -Y-, deux épis et deux têtes de pavot; nous ne pouvons pas encore bien préciser le sens de ces emblèmes que nous retrouvons sur une stèle à serpents du Musée et sur une terre cuite représentant Ilorus; le symbolisme doit viser le sommeil éternel et aussi la résurrection. Les boucles d'oreilles représentent des grappes de raisins : il y a là encore une allégorie, Bacchus ayant été toujours assimilé par les Grecs à Osiris, dieu du blé et du vin.
Fig. 59, 60 (Louvre). — Ce jeune garçon tient dans sa main la guirlande de jacinthes en forme deiZ, et dans sa main droite, le rouleau du papyrus funéraire. Il est vêtu de la robe blanche à bande violette figurant une étole. On n'est pas bien d'accord sur la signification de ce costume : on a proposé la robe prétexte des jeunes nobles, mais la robe devait être accompagnée de la bulla. Etait-ce un uniforme de confrérie religieuse? Était-ce un grade dans la prêtrise isiaque? Était-ce la robe des premiers chrétiens?
< le qui est impressionnant, c'est qu'il s'agit d'un jeune malade qui va mourir. J'ai eu l'idée de demander pour lui une consultation au D' Capitan, le savant anthropologue. Voici ce qu'il a rédigé :
(1) L'Osiris, qui est probablement la défunte elle-mêmëj a une auréole carrée, mais on voit nettement que cet encadrement esl la porte d'un monument qui sert de toile de fond : la porte du tombeau, ou mieux, l'entrée du Paradisi
Antinoè.
I'i. XXII. — Pagi 20.
Pi XXIII Paci a6'.