‹ Les portraits d'Antinoé au Musée GuimetChapitre 9 sur 15 · MOMIE DONNEE A L ACADEMIE DE MAÇON · texte numérisé non relu

MOMIE DONNEE A L ACADEMIE DE MAÇON

Examiner avec attention, dans les vitrines du Musée, la riche série de ces figures aux regards extasiés, c'est tout à fait impressionnant. Ces masques sont vivants. Les personnages dont ils nous montrent les traits semblent réveillés d'un sommeil de dix-huit siècles pour nous raconter leur existence. Toutes les races des colonies romaines sont représentées: Pouzzoles, Corinthe, Smyrne, Jaffa ont envoyé leur contingent. Le seul type qui manque, c'est l'Égyptien pur.

Nous trouvons là une réunion des hauts dignitaires, des grands commerçants et des élégantes de la ville hadrienne; c'est le tout Antinoé qui se révèle.

Et pourtant une question se présente : Ces portraits sont-ils des portraits? A-t-on réellement reproduit les traits du défunt avant qu'il meure ou les parents ont-ils acheté au choix des ressemblances de famille?

Les Chinois mettent dans la salle des ancêtres les portraits en grand costume des proches qu'ils ont perdus. Nous avons au Musée une série de « tètes d'études » qui sont destinées à cet emploi : il y a des types de tous les âges, tous ont un air de bonne santé qui exclut l'idée de peintures faites sur des sujets in extremis.

Ou bien ce sont des figures à choisir, ou bien ce sont des portraits exécutés à un âge quelconque de l'individu, avec l'intention de rappeler une ressemblance sans s'inquiéter si le défunt représenté ne sera pas beaucoup plus vieux que son image.

Pour les Égyptiens, le Ka, l'âme du double, restait jeune, soit sur les papyrus funéraires, soit dans les statues des serdabs; le Ka qui recommencera la vie d'outre-tombe doit être un

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