‹ Les portraits de l'enfantChapitre 105 sur 161 · CROQUIS DE PETITE FILLE, PAR WATTEAU · texte numérisé non relu

CROQUIS DE PETITE FILLE, PAR WATTEAU

Musée du Louvre.

i. Ce tableau représente Joseph de Laborde, aïeul de M. Léon de Laborde, au moment où, rentrant de la chasse, il retrouve sa femme au milieu de ses six enfants.

couleurs. On retrouve des tableaux portant cet avertissement : « Fait en deux heures par Frago. » Avec cela, il était amoureux de la fantaisie. Son atelier au Louvre était un coin de féerie. Sur les murs, il avait peint des arbres fantastiques, jeté sur le sol des tapis, dressé de toute part des arbustes et des fleurs; ici s'entrelaçaient des guirlandes de feuillage, plus loin susurraient des jets d'eau, et, dans un coin, une balançoire était suspendue. Brusquement sur les ailes de l'escarpolette, une jeune fille apparaissait volant et se balançant. C'était Mlle Fragonard qui descendait de l'appartement situé au-dessus de l'atelier : la balançoire servait d'escalier.

La fantaisie est une fée charmante, mais qu'il est dangereux de prendre pour guide. Son indifférence pour les réalités en fait une redoutable conseillère. Trop d'artistes la suivirent à cette époque; c'est pourquoi la surprise est grande de découvrir un homme tel que Chardin, sachant unir la raison à la grâce. Sa peinture a la santé, la sincérité, la vertu des gens modestes, des bonnes gens. Il est le peintre bourgeois de la bourgeoisie, celui qui nous apprend comment vivaient les enfants sages, comment ils jouaient et travaillaient. Il surprend la mère habillant ses petits, leur apprenant à lire ou leur servant du potage et attendant qu'ils aient achevé leur enfantine prière.

La fillette du Bénédicité est dépourvue de la mièvrerie, de la fadeur contemporaines. Elle est, pour son exactitude, fidèle comme un document et charmante dans son expression enfantine, comme une œuvre d'art. Son accent de personnalité ne doit pas surprendre.

Des tableaux comme le Toton, le Joueur de cartes et d'autres étaient des portraits. L'enfant qui lait tourner le toton était le fils d'un joaillier nommé Godefroy1,

i. Le livret du Salon de 1788 en fait foi : Chardin avait entendu représenter « le fils de M. Godefroy, joaillier, appliqué à voir tourner un toton », et c'est sous ce nom qu'il passait en 1745 à la vente du chevalier de La Roque, et en 1843 à la vente de Cypierre. 11 appartenait en 1860 à M. de Montesquiou. Nous avons eu le plaisir de le revoir chez Mme Emile Tréle château de cartes, par chardin. pard. C'est un des plus exquis morceaux

Musée du Louvre. (Neurdein, phot.) de peinture qui soit.

FRANÇOIS ET ALEXANDRE DE LA ROCHEFOUCAULD, PAR GREUZE. (Braun, Clément et C", phot.)

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FRANÇOIS-LOUIS GOUNOD, PÈRE DU MU- SICIEN QOUNOD, PAR LÉPICIÉ (APPAR- TIENT A MADAME CHARLES QOUNOD).

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