‹ Les portraits de l'enfantChapitre 139 sur 161 · THE HON. LAURA LISTER, PAR JOHN SARGENT · texte numérisé non relu

THE HON. LAURA LISTER, PAR JOHN SARGENT

A UJOURD'HUI,

dix ans (i85o à 1860), il ne chercha plus que l'approbation de ses amis.... Ricard n'est point le seul artiste qui se soit éloigné du public. J'en pourrais citer d'autres, d'un grand talent, qui travaillent pour un petit nombre de connaisseurs et de dilettanti. »

« Le bruit qui se fait à propos des grandes expositions annuelles les importune. Ils sont trop fiers pour aller au-devant de la réputation, trop sensibles pour vouloir s'exposer à entendre de près ou de loin le ricanement de la frivolité ou le mot décourageant de l'ignorance. Ricard était une de ces organisations délicates et passionnées pour leur art et qui veulent être respectées. »

Avant de se retirer sous la tente, Ricard avait, en i85o, fait sensation dans le monde des artistes avec une étude de jeune Bohémienne qui reste parmi ses plus originales productions. En i8b2, il avait exposé une charmante tête de jeune fille; en 1 853, un portrait de Mlle Clauss; puis, à partir de 1860, tout en produisant abondamment, il n'avait plus présenté ses œuvres au public du Salon. Le succès allait tout de même le chercher dans son atelier où il peignait les délicieux visages de Mlle Goldschmidt, de Mlle Baignères, de Mlle Laffitte (marquise de Gallifet), de Mlle Lepel-Cointet, etc.

Très habile virtuose, il ébauchait vivement, semblait, dès la première séance, avoir fait un grand pas et n'être pas loin de terminer; mais cela ne l'empêchait pas de laisser mûrir encore son œuvre durant des mois. Souvent même, il réclamait le portrait après l'avoir terminé. De soudains scrupules l'obsédaient; il voulait retoucher le fond, changer des accessoires1.... Et, la toile rentrée chez lui, on le voyait transformer son travail et commencer un nouveau portrait.

« Il travaillait beaucoup en l'absence du modèle, dit Paul de Musset, et sur

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