GROUPE D ENFANTS, PAR GUILLAUME DUBUFE
portrait à l'âge de cinq ans, ébauche incomplète, intime et émouvante, qui présente un visage peint à moitié , une chevelure, un front, des yeux vifs qui regardent, puis la toile blanche, le vide, le néant où se devine à peine un contour de nez, de bouche, un ovale fin : il semble que l'on voie le pinceau trembler et s'échapper des mains de l'artiste. Il mourut en effet tandis qu'il peignait à Rome ce portrait de son fils. Et la peinture inachevée, avec ses yeux vivants, est bien la dernière pensée du maître à son fils : « Je pars sans avoir pu t'élever, t'instruire, faire de toi un homme; mais je t'ai donné des yeux qui te procureront l'ivresse de voir la nature, de la comprendre et de la peindre.... » Le fils a réalisé dignement cette pensée suprême.
Une des singularités et on pourrait dire aussi un des charmes de l'art moderne réside dans sa diversité. Il n'existe aucune école vraiment triomphante; nous avons vu Delacroix régner en face d'Ingres, la couleur en face du dessin, nous voyons ensuite un mélange encore plus grand, plus libre de toutes les tendances.
Les ignorants ne savent où appuyer leur jugement, les dilettanti, les amateurs indépendants et vraiment connaisseurs peuvent au contraire rencontrer des plaisirs très variés.
Dans ces recherches, des artistes vont simplement en arrière et regardent dans le passé les chefs-d'œuvre des vieux maîtres.
Un des plus admirables parmi ces évocateurs des manières anciennes fut Ricard. Chercheur et raisonneur passionné dé l'art pictural, il copia beaucoup les peintres de Venise et se fit un magnifique et somptueux métier où flamboie la chato}fante palette duTitien. Dans une notice consacrée à ce bon peintre, Paul de Musset a dit :
portraits de madame c. f. et de ses enfants, « Après avoir obtenu de grands