‹ Les portraits de l'enfantChapitre 14 sur 161 · ENFANT ROMAIN · texte numérisé non relu

ENFANT ROMAIN

Musée Britannique.

ANTIQUITÉ ET MOYEN AGE

de l'âme vers les imitations de son corps. Néanmoins ils furent tout aussi impressionnés par l'apparence vitale des œuvres plastiques ; ils leur attribuèrent l'existence vague dont les âmes simples aiment à doter les statues de la Divinité, et leur vénération alla jusqu'à les enduire de parfums.

Les statues se tiennent immobiles dans une mystérieuse attente. Qu'attendent-elles ainsi?

Ne serait-ce pas cette flamme que Prométhée avait promise à la première statue et qu'il ne lui apportera jamais? Et tout le charme des statues ne viendrait-il pas de ce que palpite autour d'elles ce regret, cet espoir?

Elles ont l'adorable mélancolie des choses incomplètes....

L'esprit tourné vers les idées générales, longtemps indifférents au portrait individuel, les Grecs créèrent d'admirables types de divinités dont la beauté physique est telle qu'ils survivent à leur religion et traversent les siècles dans une impassible et robuste sérénité.

Cette exaltation de la beauté humaine à l'immortalité ne pouvait] négliger l'enfant. Un délicieux type puéril fut créé. C'est le petit génie ou petit amour.

Etre menu, gracieux et vivace, il est doué de la facilité d'humeur des enfants sages en même temps que de l'expérience et du savoir des vieillards, de sorte qu'il accepte et remplit tous les rôles, tristes ou gais, humbles ou glorieux, ardus ou faciles, avec l'insouciance de la jeunesse et le talent de l'âge mûr. Par une ingénieuse fantaisie, on l'a pourvu d'ailes qui s'attachent dans son dos et donnent encore plus de vraisemblance à son agilité de petit oiseau.

La Grèce avait trouvé là non seulement une création digne d'elle et de sa souriante et réconfortante philosophie, mais elle avait donné l'expression vivante de l'activité humaine. Et, par ces ailes qui devaient permettre au petit génie d'atteindre plus vivement les choses, elle montrait joliment l'éternelle ardeur de

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