ANGE MUSICIEN
détail d'un tableau de giovanni BELLiNi. ceux de leurs amis et de leurs
Venise. — Église de Frari. . . . t
voisins; que le petit Jésus des tableaux religieux est un petit Italien de la Renaissance et qu'il l'est si exactement qu'aujourd'hui encore le portrait ressemble et que nous ne pouvons voir un gamin de ce pays, avec ses cheveux bouclés, ses grands yeux et ses joues pleines, sans nous écrier : « C'est un vrai Bambino ! »
C'est de la sorte que le Jésus italien devait s'élever, grâce à Raphaël, au type éternel de l'Enfant.
D'ailleurs, l'Italie a peint aussi des portraits qui sont de fidèles études individuelles.
Nous en trouverons principalement aux deux extrémités de l'école, chez les précurseurs de la Renaissance et chez les maîtres qui ont suivi le triomphe des Vinci, des Raphaël et des Michel-Ange. Au xvc siècle, dans des scènes tumultueuses, nous distinguerons des images enfantines revêtues du costume du temps; puis, à la fin de la Renaissance, sous l'influence d'une civilisation plus favorable aux individualités, nous verrons l'Enfant se présenter à part dans des toiles isolées, comme un petit personnage.
C'était un honneur mérité car jamais l'Enfant ne s'était affirmé si tôt, avec une si vigoureuse énergie, avec d'aussi merveilleuses aptitudes.