‹ Les portraits de l'enfantChapitre 52 sur 161 · JEUNE PAYSAN ESPAGNOL, PAR MUR1LLO · texte numérisé non relu

JEUNE PAYSAN ESPAGNOL, PAR MUR1LLO

Londres. - National Gaiiery. Tandis que Velasquez vivait

en familier de la Cour, Murillo ne quitta guère Séville où il était né; il tut le peintre du peuple, il en exprima tout à la fois les haillons misérables et la dévote extase; son œuvre fut la digne fleur de la ville aux pasos, de la cité mystique où des cortèges sacrés vont par les rues représentant avec une réalité saisissante et luxueuse les scènes de la Passion.

Pieux, capable d'exaltation religieuse, il fut idéaliste ; simple et bon, il comprit aussi la nature, de sorte que son talent va tour à tour de la terre au ciel, que sa brosse est caressante et chargée de tons délicats, lorsqu'elle trace l'image de Jésus et des chérubins, et qu'elle sait néanmoins s'armer de tons rudes et les plaquer en touches hardies, lorsqu'elle veut montrer la vulgarité d'un jeune vagabond ou d'un mendiant. Il fut inférieur comme peintre à Velasquez, mais il est d'un tempérament plus curieux par la souplesse qu'il mit à rendre, jusqu'à la répugnance, les laideurs de la misère et jusqu'à la fadeur, les sublimités de la religion. Il est sûrement le seul peintre qui puisse présenter à la fois dans son œuvre un gueux comme le jeune mendiant appelé « le Pouilleux » et un

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