‹ Les portraits de l'enfantChapitre 63 sur 161 · DESSIN DE: RUBENS · texte numérisé non relu

DESSIN DE: RUBENS

Musée du Louvre.

être quelqu'un qu'à la condition de n'être pas quelque autre, » et nous nous félicitons que Franz Hais ait été ce qu'il fut.

On lui doit des œuvres d'une franchise admirable, d'une touche dont l'entrain fera toujours la joie des peintres et des amateurs. Burger, transporté d'enthousiasme, écrivait ces lignes qui figurent très exactement la manière du maître :

« Tous ses coups de brosse marquent, lancés justement et spirituellement où il faut. On dirait que Franz Hais peignait comme on fait de l'escrime et qu'il faisait fouetter son pinceau comme un fleuret. Oh! l'adroit bretteur, bien amusant à voir dans ses belles passes! Parfois un peu téméraire sans doute, mais aussi savant qu'il est hardi.... »

Il a repris, dans une toile de moindre importance, l'une des fillettes de Beresteyn, âgée de douze à quatorze ans. Cette œuvre charmante est au béguinage de Beresteyn à Harlem. C'est peut-être la peinture la plus complète de l'œuvre de Franz Hais; elle joint à son habituelle franchise une délicatesse et une grâce qu'il n'a pas toujours à ce degré. L'Enfant riant, de la collection Porgès, n'est pas moins remarquable. On pourrait appeler Franz Hais le peintre du rire. Nul ne l'a exprimé avec plus de souplesse et de vérité. Sa merveilleuse sûreté d'exécution, sa manière alerte de voir vite et d'exprimer sans tâtonnement sont les raisons de cette qualité rare.

Van Ostade nous a montré la paix de l'intérieur et Franz Hais, la liberté d'une partie de famille; Jordaens, accentuant davantage la gaieté flamande, nous introduira chez de braves gens qui s'épanouissent dans le bienêtre bruyant d'un bon repas, au milieu d'un éboulement de victuailles. Gros, gras, joufflus et rieurs, de superbes enfants se tassent autour des plats, les plus petits sur les genoux des

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