‹ Les portraits de l'enfantChapitre 65 sur 161 · DESSIN DE RUBENS · texte numérisé non relu

DESSIN DE RUBENS

Musée du Louvre.

vieux et des jeunes, les plus grands à terre et la table au menton. Et ils chantent, et ils s'esclaffent, et ils mangent, et ils s'empiffrent. C'est le Concert de famille; c'est le Roi de la Fève; c'est Comme les pieux chantent les jeunes sifflent; c'est le Satyre et le Paysan. Dans tous ces tableaux, l'enfant est d'une pousse magnifique; il a les splendides carnations de la race, il est le digne rejeton du pays de la bonne chère. On voit qu'il apprécie toutes ces régalades; et Jordaens le connaît si bien, le gamin de son pays, que dans Y Adoration des bergers lorsqu'autour de la crèche il conduit les petits enfants, il leur charge les bras d'offrandes pratiques, de

« cadeaux utiles », de laitage, de fruits, de gibier.

Cette audace, cette exubérance, ce naturalisme n'ont pas empêché Jordaens de se plier parfois au joug du portrait et de s'y montrer retenu comme il convient, grave et consciencieux. Le portrait de sa propre famille qui est au musée du Prado, à Madrid, le montre auprès de sa femme et de sa fille. La petite, tranquille et sage, se tient contre sa maman, avec une pomme dans la main gauche et, dans la droite, un petit panier qui ne doit pas être vide : il ne faut jamais oublier les affaires sérieuses.

L'œuvre la plus intéressante, la plus intime comme tableau de famille, après la toile de Van Ostade, est le tableau où Corneille de Vos s'est représenté avec sa femme et ses deux filles.

L'ensemble est moins naïf que chez Van Ostade; la composition est plus habile. Ce n'est plus cette innocente rangée de visages s'offrant avec gaucherie à l'examen paternel. Le groupe est plus cherché, il se compose, il est ingénieux; mais combien les fillettes sont délicieuses et jolies, combien elles sont aisées, naturelles dans leur mouvement et leur expression! Combien elles sont largement dessinées, sans mièvrerie de

ETUDE D ENFANT. DESSIN DE RUBENS Muse'e du Louvre.

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