‹ Les portraits de l'enfantChapitre 74 sur 161 · UNE FAMILLE, PAR REMBRANDT · texte numérisé non relu

UNE FAMILLE, PAR REMBRANDT

Musée de Brunswick.

le père assis dans un fauteuil, on aperçoit dans un corridor ouvert sa femme et ses trois enfants.

Albert Cuyp, qui pratiqua tous les genres, préféra les scènes de plein air, lui permettant de grouperau premierplan descavaliers.il a recouru à cette manière de composer dans les portraits que nous reproduisons.

Nous ne voulons pas clore cette série de portraitistes sans parler d'un artiste qui vécut beaucoup en France et que l'on considère souvent comme un Français. Il l'était sans doute par ses affections d'artiste et pour la fraîcheur de sa palette, mais sa naissance le classe plus exactement dans les Flandres. Nous voulons parler de Philippe de Champagne : il a exécuté quelques bons portraits d'enfants, corrects et consciencieux, moins beaux pourtant que ses portraits de femmes.

Dans la série des peintres de genre, metteurs en scène de l'entant, nous ne pouvons négliger Pierre de Hoghe, plus soucieux de la lumière et de l'effet que de la précision individuelle. On lui doit particulièrement savoir gré de nous renseigner sur le cadre habituel des petits Flamands. Il aime à nous les montrer

allant, venant et voyageant dans le clair-obscur de ces intérieurs qui avaient le charme exquis des coins vraiment intimes.

Terburg laisse aux visages l'importance principale; il s'intéresse à en exprimer la physionomie. D'ailleurs il fut un très estimable portraitiste. On raconte à ce sujet une anecdote qui fera sourire tous ceux qui ont eu l'occasion de voir souvent des peintres au travail.

A la suite de circonstances qui n'ont pas ici grand intérêt, Terburg fit la connaissance de l'ambassadeur d'Espagne, comte de Penaranda, qui lui commanda son portrait. Ils prirent séance et le travail commença.

Les peintres ont fréquemment l'habitude de chanter ou de siffler en travaillant; cette manie se remarque chez tous les manieurs de pinceaux, depuis ceux qui occupent les derniers échelons jusqu'à ceux qui s'élèvent au rang suprême : le peintre en bâtiment lui-même est connu pour les chants dont il se berce tout en caressant machinalement avec sa brosse les boiseries et les murailles. Certains prétendent que cette gaieté d'humeur est due aux émanations de l'essence de térébenthine. Quelles qu'en soient les raisons, les peintres avaient déjà le fredon facile du temps de Terburg. La preuve, c'est que notre peintre, après un petit moment de travail silencieux, se mit à chanter au nez de l'ambassadeur d'Espagne, du comte de Penaranda....

Celui-ci n'était pas Espagnol pour rien; fier et ombrageux, il jugea cette tenue d'artiste par trop familière, il trouva que le peintre lui manquait absolument de respect et, se levant brusquement, il gagna la porte.

Par bonheur Terburg s'aperçut à temps de sa distraction. Il s'en excusa aussi bien qu'il put et finit par dire qu'il chanton-

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