UN ENFANT DE LA FAMILLE DES MARQUIS SANTINI, PAR SUSTERMANS
Musée de Lucques.
DANS LES FLANDRES ET EN ALLEMAGNE
nait malgré lui chaque fois que son travail marchait à souhait.
Le comte daigna se calmer et il reprit sa place en déclarant :
« Puisqu'il en est ainsi, chantez, je vous prie, chantez tant qu'il vous plaira.... »
Le comte ne regretta pas, paraît-il, d'avoir subi ces séances de chant, car son portrait le satisfit au point qu'il voulut emmener Terburg en Espagne.
Après un séjour à la cour de Philippe IV où il fit plusieurs portraits, Terburg se rendit en Angleterre. Nous avons une lettre que son père lui écrivit durant un de ces voyages. Terburg avait alors vingt-sept ans.
Il est intéressant de voir comment lui parle son père qui avait fait lui-même de la peinture. On remarquera la touchante simplicité de cette lettre, son curieux mélange de conseils picturaux et moraux, de recommandations pratiques et familières, et l'on ne rira pas trop de cette malle où les arts voisinent avec du linge : tout cela est d'une bonhomie bien flamande, jusqu'à la fournée de parents et d'amis qui se bousculent à la fin dans une embrassade générale :
« Cher enfant,
«Je t'envoie le mannequin, mais sans le bloc qui lui servait de piédestal. Celui-ci serait trop grand et trop lourd pour être mis dans la malle. Tu pourras en faire confectionner un à peu de frais. Sers-toi bien du mannequin et ne le laisse pas trop reposer, comme tu as fait ici. Dessine beaucoup, de grandes compositions mouvementées, comme celles que tu as emportées avec toi et qui t'avaient mérité l'affection de P. Malger, et si tu veux peindre, choisis aussi, autant que possible, des sujets modernes, car ces sortes de sujets se traitent d'une manière plus expéditive. Conserve aussi la beauté et la fraîcheur du coloris, de façon que tes couleurs s'harmonisent en séchant.... Avant tout, sers Dieu, sois