‹ Les portraits de l'enfantChapitre 9 sur 161 · DEUX FILLES DU PHARAON KHOUNIATONOU · texte numérisé non relu

DEUX FILLES DU PHARAON KHOUNIATONOU

Peinture de Tell el Amarna. (Egypte.)

faiblesse devant le raccourci de la forme fuyante, est d'un très vif intérêt. On le retrouve dans tous les arts primitifs. Et il est si naturel que vous le verrez aujourd'hui jaillir ingénument sous les doigts de votre fils dans les bonshommes qu'il griffonne sur ses cahiers d'écolier1.

Ce n'est pas tout. Les mêmes difficultés ayant arrêté le dessinateur quand il voulut imiter le reste du corps, il les surmonta en usant des mêmes artifices.

Les épaules se silhouettaient nettement de face, tandis que les jambes étaient plus faciles à traduire de profil. En voyageur égaré dans un pays nouveau et dépourvu de routes, l'artiste se soumit aux exigences de la nature et il établit des personnages dont la tête de profil fut plantée sur un torse de face qui, par une contorsion outrée, s'attachait à des jambes de profil. Et il parvenait ainsi à camper un contour d'être animé qui n'était dépourvu ni de caractère ni de vérité.

.Mais qui allait nous dire que nous avions affaire à un enfant?La taille réduite ne pouvait suffire à nous éclairer, car l'auteur ne savait y joindre les signes réels

RAHSÈS II, DIT SKSOSTRIS, ENFANT.

Bas-relief du Musée du Louvre.

i. Dernièrement, la Mode Pratique (Hachette et O) a donné un concours qui demandait à des cillants de dessiner d'après nature le portrait d'un enfant.

Nous avons examiné les dessins des enfants les plus jeunes, et surtout des enfants delà campagne, c'est-à-dire des petits auteurs qui avaient eu chance de se trouver devant un visage sans avoir déjà dans la mémoire des souvenirs de formules graphiques. Parmi ceux-ci, nous avons encore rejeté les hommes où se reconnaissaient les ronds crevés d'yeux et de bouche, sorte de poncif d'une naïveté seulement apparente. Kt nous avons découvert quelques tracés appliqués et sincères.

^ Nous avons eu le plaisir d'y rencontrer l'œil de face dans le visage de profil. Mais où la naïveté se trahissait vraiment, c'était dans l'importance donnée aux détails au détriment des grandes masses. La conscience du petit dessinateur l'avait poussé à reproduire scrupuleusement les doigts et les cheveux, cl il ne s'étail pas aperçu qu'il oubliait le corps. De sorte qu'on avait ce résultat extravagant d'un perinagc formé par une grosse tète à laquelle s'attachaient de longs bras et de longues jambes, armés de mains et de pieds effroyables; plus on avançait vers les détails', plus l'erreur se précisait et restait a elle-même. On voyait les ongles des doigts et les cils des yeux, tandis que le corps, la masse énorme du tronc, avait disparu.

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