ENFANT GREC
Musée du Louvre.
ANTIQUITÉ ET MOYEN AGE
de la jeunesse et en faire un corps différent du corps d'un adulte.
La tête plus grosse ne pouvait nous renseigner davantage, certains arts primitifs présentant des personnages tous armés de grosses têtes. Pour vaincre cette difficulté nouvelle, il fallait découvrir et adopter une convention nouvelle.
Celui qui eut l'idée de placer la main du petit personnage au bord de ses lèvres, de donner à l'enfant le mouvement d'un bébé qui se tette le doigt, celui-là eut une trouvaille d'artiste, une de ces idées dont la simplicité a le souffle durable des chefs-d'œuvre.
Telle fut la première inspiration artistique que le petit être suggéra. La nature réservait en Lui une source merveilleuse de grâce, d'ingénuité et même de puissance. Déjà, par ce geste innocent, par ce petit doigt que toutes les mères devaient comprendre, il annonçait le symbolisme clair et facile auquel nous le verrons bientôt s'élever.
Maintenant nous pouvons imaginer ce que furent les premières figurations de la jeunesse. Tout porte à croire qu'elles ne se multiplièrent point. A ces âges rudes, l'enfant prenait très vite un rôle actif, un rôle d'homme, et perdait sa grâce puérile.
Nous pouvons offrir à nos fils et à nos filles, pour notre joie et pour la leur, le luxe d'une longue enfance. Nos ancêtres n'en avaient pas le temps. De là sûrement la rareté des images d'enfants parmi les restes que nous ont légués les temps primitifs....