‹ Les portraits du duc de La RochefoucauldChapitre 4 sur 16 · SUR LES · texte numérisé non relu

SUR LES

L semble que tout soit dit au sujet du portrait de l'auteur des Maximes, dès que Ton a cité l'émail de Petitot et les reproductions exécutées par Chotlard, Gaucher et les autres graveurs qui ont travaillé d'après eux. En un mot, le type vulgarisé par ces gravures est resté, auprès des amateurs, comme Teffîgie authentique et officielle du duc de la Rochefoucauld.

Vouloir prétendre que la question n'est pas aussi simple est peut-être une présomption de notre part. Que l'on veuille cependant considérer que deux siècles nous séparent de l'époque à laquelle vivait le célèbre moraliste et

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que, parmi les nombreux portraits qui existent de lui, deux types très distincts, sinon différents, se font aisément remarquer, l'un représenté par les gravures des xMoncornet, des Odieuvre et des Duponchel, et l'autre consacré, comme nous venons de le dire, par Choffard, Gaucher, Roger, Bertonnier et Hopwood, pour ne citer que les principaux artistes qui se sont inspirés du même modèle. Que l'on se souvienne aussi, puisqu'une tradition séculaire, à défaut de documents certains, veut que Petitot ait peint l'auteur des Maximes, que ce célèbre artiste ne signait jamais ses émaux, qu'il ne les datait pas davantage et qu'aucune de ses précieuses peintures ne porte l'indication positive du personnage qu'elle représente, et l'on reconnaîtra peut-être qu'il y a ici, nous ne voulons pas dire une grosse question artistique et historique, mais au moins un de ces points de critique de la nature de ceux que notre époque curieuse et fureteuse aime à étudier et à élucider.

Nous ne sachons pas, d'ailleurs, que semblable question ait été posée jusqu'à ce jour et que l'on se soit jamais préoccupé sérieusement de rechercher quelle est la véritable image, le portrait sincère, authentique de François VI, duc de la Rochefoucauld.

Ce fut, en vérité, une bonne fortune pour la Rochefoucauld que d'avoir été le contemporain de l'inestimable émailleur Petitot ! Quel autre eût pu, en effet, d'une main plus sûre et plus délicate, avec un talent plus personnel et à l'aide d'un procédé plus gracieux, peindre l'auteur des Maximes, avec son air semi-chagrin et semi-vainqueur, avec l'expression hautaine et railleuse de sa physionomie, et, pour tout dire, avec cette préciosité qui le caractérise?

D'ailleurs, il nous plaît à Textréme de voir le frondeur, le cainarade la Franchise, comme on disait au camp de Condé, portraituré par un peintre frondeur lui-même, ou novateur, si l'on aime mieux, car c'est tout un. Que l'on ne croie pas cependant que nous voulions parler du protestant, huguenot renforcé dont l'obstination ne put être vaincue ni par les menaces de Louis XIV, ni par l'éloquence de Bossuet. En art, — car c'est de l'artiste seul qu'il est ici question, — Petitot fut un véritable frondeur. Rompant en visière avec le passé, faisant fi de l'usage qui commandait de grandes toiles, des portraits en

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