LE DISTRAIT
Ménalque (1) descend son escalier, ouvre sa porto pour sortir, il la referme : il s'aperçoit qu'il est en bonnet de nuit; et venant à mieux s'examiner, il se trouve rasé à moitié, il voit que son épée est mise du côté droit, que ses bas sont rabattus sur ses talons, et que sa chemise est par-dessus ses chausses (2). S'il marche dans les places, il se sent tout d'un coup rudement frapper à l'estomac ou au visage ; il ne soupçonne point ce que ce peut être, jusqu'à ce qu'ouvrant les yeux et se réveillant, 1 se trouve ou devant un limon de charrette, ou derrière an long ais (3) de menuiserie que porte un ouvrier sur
2) Ce caractère a été bien souvent décrit : par Boileaa, qui l'étend i Diumanité entière {Satire VIII):
Voilà l'homme en effet : il va du blanc an noir; n condamne au matin ses sentiments du soir : Importun à tout autre, à soi-même incommode. Il change à tous moments d'esprit comme de mode;... lU théâtre, par Destouches {VIrrésolu) et Colin d'Harleville (i'/nonstant).
(1) Ménalque : a Ceci est moins un caractère particulier qu'un ecueil de faits de distractions. Ils ne sauraient être en trop grand lombre, s'ils sont agréables ; car, les goûts étant différents, on a à hoisir. j)(.Yo/e de La Bvuyêre.jSi agréables que soient en elles-mêmes' ;es anecdotes (encore quelques-unes ne sont-elles pas d'un goût parait), elles perdent de leur charme quand elles sont trop nombreuses. - Sur l'original visé par La Bruyère, on hésite entre plusieurs peronnages: le comte de Brancas, l'abbé de Mauroy. le prince de Conti, u même, suivant l'intéressante hypothèse de M. G. Servois (Hachettej loll. des Grands écrivains;, le fils du grand Condé, le prince Henrinles de Bourbon.
12; Chausses: le haut-dc-chausses était un caleçon entre la ceinure et le genou ; la partie inférieure du costume s'appelait bas de hausses.
i3i Ais : planche.
ses épaules. On l'a vu une fois heurter du front contre celui d'un aveugle, s'embarrasser dans ses jambes, et tomber avec lui chacun de son côté à la renverse. Il lui est arrivé plusieurs fois de se trouver tête pour tête à la rencontre d'un prince et sur son passage, se reconnoître à peine, et n'avoir que le loisir de se coller à un mur pour lui faire place. Il cherche, il brouille, il crie, il s'échauffe, il appelle ses valets l'un après l'autre : on lui perd tout, on lui égare tout; il demande ses gants, qu'il a dans ses mains, semblable à cette femme qui prenoit le temps de demander son masque lorsqu'elle l'avoit sur son visage. Il entre à l'appartement (4), et passe sous un lustre où sa perruque s'accroche et demeure suspendue : tous les courtisans regardent et rient; Ménalque regarde aussi et rit plus haut que les autres, il cherche des yeux dans toute l'assemblée où est celui qui montre ses oreilles, et à qui il manque une perruque. S'il va par la ville, après avoir fait quelque chemin, il se croit égaré, il s'émeut, et il demande où il "est à des passants, qui lui disent précisément la nom de sa rue ; il entre ensuite dans sa maison, d'où il sort précipitamment, croyant qu'il s'est trompé. Il descend du Palais, et trouvant au bas du grand degré (5) un carrosse qu'il prend pour le sien, il se met dedans : le cocher touche (6) et croit ramener son maître dans sa maison; Ménalque se jette hors de la portière, traverse la cour, monte l'escalier, parcourt l'antichambre, la chambre, le cabinet; tout lui est familier, rien ne lui est nouveau; il s'assit (7), il se repose, il est chez soi. Le maître arrive : celui-ci se lève pour le recevoir; il le traite fort civilement, le prie de
(4) Appartement : ce mot, que nous avons déjà rencontré, désignait la partie du château de Versailles où se réunissaient les courtisans, le soir, (|uand il n'y avait pas comédie.
i5i Grand degn^é : grand escalier du Palais de Justice.
(6) Touche iscs chevaux du fouet).
(7) S'assit; pour : s'assiedé
s'asseoir, et croit faire les honneurs de sa cliamhro ; il parle, il rêve, il reprentl la parolo : le niaîtro île la maison s'ennuie, et demeure étonne ; Ménalque ne l'est pas moins, et ne dit pas ce qu'il en pense : il a affaire à un fâcheux, à un homme oisif, qui se retirera à la fin, il l'espère, et il prend patience : la nuit arrive qu'il est à peine détrompé. Une autre fois il rend visite à une femme, et se persuadant bientôt que c'est lui qui la reçoit, il s'établit dans son fauteuil, et ne songe nullement à l'abandonner : il trouve ensuite que cette dame fait ses visites longues, il attend à tous moments qu'elle se lève et le laisse en liberté; mais comme cela tire en longueur, qu'il a faim, et que la nuit est déjà avancée, il la prie à souper : elle rit, et si haut, qu'elle le réveille. Lui-même se marie le matin, l'oublie le soir, et découche la nuit de ses noces (8); et quelques années après il perd sa femme, elle meurt entre ses bras, il assiste à ses obsèques, et le lendemain, quand on lui vient dire qu'on a servi, il demande si sa femme est prête et si elle est avertie. C'est lui encore qui entre dans une église, et prenant l'aveugle qui est collé à la porte pour un pilier, et sa tasse pour le bénitier, y plonge la main, la porte à son front, lorsqu'il entend tout d'un coup le pilier qui parle, et qui lui offre des oraisons (9). 11 s'avance dans la nef, il croit voir un prié- Dieu, il se jette lourdement dessus : la machine plie, s'enfonce, et fait des efforts pour crier; Ménalque est surpris de se voir à genoux sur les jambes d'un fort petit homme, appuyé sur son dos, les deux bras passés sur ses épaules, et ses deux mains jointes et étendues qui lui prennent le nez et lui ferment la bouche (10); il
(8) Aventure attribuée ■ — à tort ou à raison : on no prête qu'aux riches — au comte de Brancas par Tallemant des Réaux I Historiettes) et par Madame, mère du Régent iCorfesjjondance).
(9) Oraisons : « I-.es aveugles disent l'antienne et l'oraison d'un saint à l'intention de ceux qui leur donnent l'aumône. » (Dictionn.de Trévoux.)
(10) « Brancas était chevalier d'honneur de la reine-mère... Un jour, lorsqu'elle était à l'église, Brancas oublie que c'est la reine (jui est
iSO LA BRUYERE PORTRAITS
se retire confus, et va s'agenouiller ailleurs. Il tire un livre pour faire sa prière, et c'est sa pantoufle qu'il a prise pour ses Heures, et qu'il a mise dans sa poche avant que de sortir. Il n'est pas hors de l'église qu'un homme de livrée court après lui, le joint, lui demande en riant s'il n'a point la pantoufle de Monseigneur; Menai que lui montre la sienne, et lui dit : « Voilà toutes les pantoufles que j'ai sur moi; » il se fouille néanmoins, et tire celle de l'évêque de **, qu'il vient de quitter, qu'il a trouvé malade auprès de son feu, et dont, avant de prendre congé de lui, il a ramassé la pantoufle, comme l'un de ses gants qui étoit à terre : ainsi Menai que s'en retourne chez soi avec une pantoufle de moins. Il a une fois perdu au jeu tout l'argent qui est dans sa bourse, et voulant continuer de jouer, il entre dans son cabinet, ouvre une armoire, y prend sa cassette, en tire ce qu'il lui plaît, croit la remettre où il l'a prise : il entend aboyer dans son armoire qu'il vient de fermer; étonné de ce prodige, il l'ouvre une seconde fois, et il éclate de rire d'y voir son chien, qu'il a serré pour sa cassetts. (H). Il joue au trictrac, il demande à boire, on lui en apporte; c'est à lui à jouer, il tient le cornet d'une main et un verre de l'autre, et comme il a une grande soif, il avale les dés et presque le cornet, jette le verre d'eau dans le trictrac, et inonde celui contre qui il joue. Et dans une chambre où il est familier, il crache sur le lit et jette son chapeau à terre, en croyant faire tout le contraire (12). Il
agenouillée ; comme elle avait le dos voûté lorsqu'elle baissait la tête, on ne pouvait guère la reconnaître. 11 la prend pour un prie-Dieu, il s'agenouille sur ses talons et appuie ses deux coudes sur les épaules de la reine. EUe fut très-étonnée de voir son chevalier d'honneur se mettre à genoux sur elle, et chacun se mit à rire. » (Correspondance de Madame). — La Bruyère écrit prié-Dieu; on disait alors indifféremment prié-Dieu et prie-Dieu.
(11) D'après Saint-Simon, cette distraction aurait été le fait du prince de la Roche-sur-Yon, plus tard prince de Conti.
(12) La civilité au xvii« siècle, nous l'avons déjà vu, était moins faffinée (^u'on ne le prétend d'ordinaire,
SI' promène sur l'eau, et il demande quelle heure il est: nii lui présente une montre; à peine l'a-t-il reçue, que ne songeant plus ni à l'heure ni à la montre, il la jette dans la rivière, comme une chose qui l'embarrasse. Lui-même écrit une longue lettre, met de la poudre dessus à plusieurs reprises, et jette toujours la poudre dans l'encrier. Ce n'est pas tout: il écrit une seconde lettre, et après les avoir cachetées toutes deux, il se trompe à l'adresse; un duc et pair reçoit l'une de ces deux lettres, et en l'ouvrant y lit ces mots : Maître Olivier, ne manquez, ^itôt la présente reçue, de m' envoyer ma provision de foin... Son fermier reçoit l'autre, il l'ouvre, et se la fait lire; on y trouve : Monseigneur, f ai reçu avec une soumission aveugle les ordres qu'il a plu à Votre Grandeur... (13). Lui-même encore écrit une lettre pendant la nuit, et après l'avoir cachetée, il éteint sa bougie : il ne laisse pas d'être surpris de ne \oIt goutte (14), et il sait à peine comment cela est arrivé. ;Ménalque descend l'escalier du Louvre; un autre le monte, à qui il dit : Cest vous que je cherche; il le prend par la main, le fait descendre avec lui, traverse plusieurs cours, entre dans les salles, en sort; il va, il revient sur ses pas; il regarde enfin celui qu'il traîne après soi depuis un quart d'heure : il est étonné que ce soit lui, il n'a rien à lui dire, il lui quitte la main, et tourne d'un autre côté. Souvent il vous interroge, et il est déjà bien loin de vous quand vous songez à lui répondre; ou bien il vous demande en courant comment se porte votre père, et comme vous lui dites qu'il est fort mal, il vous crie qu'il en est bien aise. Il vous trouve quelque autre fois sur son chemin : Il est ravi de vous rencontrer; il sort de chez vous pour vous entretenir d'une certaine chose; il contemple votre main : « Vous avez là.
(13) D'après M^^ de Sévigné, le comte de Brancas aurait commis cette étourderie.
(14) Goutte : La Bruj-ère souligne le mot, probablement parce que eue manière de renforcer la négation ne commençait à vieillir.
dit-il, un beau rubis ; ost-il balais (15)? « il vous quitte et continue sa route : voilà l'aflaire importante dont il avoit à vous parler. Se Irouve-t-il en campagne, il dit à «quelqu'un qu'il le trouve heureux d'avoir pu se dérober à la cour pendant l'automne, et d'avoir passé dans ses terres tout le temps de Fontainebleau (16); il tient à d'autres d'autres discours; puis revenantà celui-ci : « Vous avez eu, lui dit-il, de beaux jours à Fontainebleau; vous y avez sans doute beaucoup chassé. » Il commence ensuite un conte qu'il oublie d'achever; il rit en lui-même, il éclate d'une chose qui lui passe par l'esprit, il répond à sa pensée, il chante entre ses dents, il siffle, il se renverse dans une chaise, il pousse un cri plaintif, il bâille, il se croit seul. S'il se trouve à un repas, on voit le pain se multiplier insensiblement sur son assiette : il est vrai que ses voisins en manquent, aussi bien que de couteaux et de fourchettes, dont il ne les laisse pas jouir longtemps. On a inventé aux tables une grande cueillère pour la commodité du service : il la prend, la plonge dans le plat, la porte à sa bouche, et il ne sort pas d'étonnement de voir répandu sur son linge et sur ses habits le potage qu'il vient d'avaler. Il oublie de boii'e pendant tout le dîner; ou s'il s'en souvient, et qu'il trouve que l'on lui donne trop de vin, il en flaque (17) plus de la moitié au visage de celui qui est à sa droite ; il boit le reste tranquillement, et ne comprend pas pourquoi tout le monde éclate de rire de ce qu'il a jeté à terre ce qu'on lui a versé de trop (18). Il est un jour retenu au lit pour quelque incommodité : on lui rend visite ; il y a un cercle
(15) Balais : beau rubis d"un rouge pâle, ainsi nommé de Balalischan ou Balcischan (près de Samarcande).
(16) Au mois d'octobre la cour se tenait à Fontainebleau, où avaient alors lieu des chasses quotidiennes.
(17) Flaque: terme familier et, aujourd'hui encore, peu usité: jette avec force. Le terme populaire flanquer paraît en être une altération.
(18) Encore un trait de mœurs en désaccord avec nos usages.
d'hommes et de femmes dans sa ruelle qui l'entretiennent, et en leur présence il soulève sa couverture et crache dans ses draps. On le mène aux Chartreux; on lui fait voir un cloître orné d'ouvrages, tous de la main d'un excellent peintre (19); le religieux qui les lui explique parle de saint Bruno, du chanoine et de son aventure, en fait une longue histoire, et la montre dans l'un de ses tableaux (20) : Ménalque, qui pendant la narration est hors du cloîtr/}, et bien loin au delà, y revient enfin, et demande au père si c'est le chanoine ou saint Bruno qui est damné. Il se trouve par hasard avec une jeune veuve; il lui parle de son défunt mari, lui demande comment il est mort; cette femme, à qui ce discours renouvelle ses douleurs, pleure, sanglote, et ne laisse pas de reprendre tous les détails de la maladie de son époux, qu'elle conduit depuis la veille de sa fièvre, qu' (21) il se portoit bien, jusqu'à l'agonie: Madame, lui demande Ménalque, qui l'avoir apparemment écoutée avec attention, n'aviez-vous que celui-là (22)? Il s'avise un matin de faire tout hâter dans sa cuisine, il se lève avant le fruit (23), et prend congé de la compagnie: on le voit ce jour-là en tous les endroits de la ville, hormis en celui où il a donné un rendez-vous précis pour cette affaire qui l'a empêché de dîner, et l'a fait sortir à pied, de peur que son car-
(19 Un excellent peintre : Eustache Le Sueur, qui avait peint pour le couvent des Chartreux (près du Luxembourg;, en vingt-deux tableaux, l'histoire de saint Bruno ; cette œuvre se trouve, en grande partie, au Louvre.
(20j Le troisième tableau de Le Sueur représente le miracle suivant : comme on allait enterrer devant Bruno le célèbre Raymond, chanoine de Paris, le cadavre se dressa tout à coup, s'écriant qu'il était damné, puis retomba dans sa bière. Bruno, frappé par ce prodige, renonça à l'archevêché de Reims, dont il allait prendre possession, et fonda un ordre religieux dans les environs de Grenolde près du village de Chartreuse : d'où le nom des Chartreux.
(il) Qu' (que.: mis pour où.
{22} Ménalque s'imagine que cette veuve vient de perdre un enfant.
(83) Avant le fruit : avant le dessert.
rosse HP le fît alti'uJre. L'cntendez-vous ciior, grondor, s'emporter contre l'un de ses domestiques? il est étonné de ne le point voir : « Ou peut-il être ? dit-il; que fait-il ? qu'est-il devenu ? qu'il ne se présente plus devant moi, je le chasse dès^à cette heure. »Le valet arrive, à qui il demande fièrement d'où il vient; il lui répond qu'il vient de l'endroit où il Fa envoyé, et il lui rend un fidèle compte de sa commission. Vous le prendriez souvent pour tout ce qu'il n'est pas : pour un stupide, car il n'écoute point, et il parle encore moins; pour un fou, cai outre qu'il parle tout seul, il est sujet à de certaines grimaces et à des mouvements de tête involontaires; pour un homme fier et incivil, car vous le saluez, et il passe sans vous regarder, ou il vous regarde sans vous rendre le salut; pour un inconsidéré, car il parle de banqueroute au milieu d'une famille où il y a cette tache, d'exécution et d'échafaud devant un homme dont le père y a monté, de roture devant des roturiers qui sont riches et qui se donnent pour nobles (24). 11 a pris aussi la résolution de marier son fils à la fille d'un homme d'affaires, et il ne laisse pas de dire de temps en temps, en parlant de sa maison et de ses ancêtres, que les Ménalques ne se sont jamais mésalliés. Enfin il n'est ni présent ni attentif dans une compagnie à ce qui fait le sujet de la conversation. Il pense et il parle tout à la fois, mais la chose dont il parle est rarement celle à laquelle il pense ; aussi ne parle-t-il guère conséquemment (23) et avec suite : où il dit non, souvent il faut dire oui, et où il dit oui, croyez qu'il veut dire non; il a, en vous répondant si juste, les yeux fort ouverts, mais il ne s'en sert point : il ne regarde ni vous ni personne, ni rien qui soit au monde. Tout ce
(24) Comme le remarque judicieusement .\I. Hémardinquer, il y a dans ces trois maladresses une gradation satirique de La Bruyère : car quoi de plus insultant, pour des roturiers qui voudraient être nobles, que de s'entendre rappeler leur roture?
(25) Conséquemment : avec logique;
que vous pouvez tirer de lui, et encore dans le temps qu'il est le plus appliqué et d'un meilleur commerce (26), ce sont ces mots: Oui vraiment; C'est vrai; Bon! Tout de bon? Oui-dà! Je pense qu'oui ; Assurément ; Ah ! cie/.' et quelques autres monosyllabes qui ne sont pas même placés à propos. Jamais aussi il n'est avec ceux avec qui il paroît être : il appelle sérieusement son laquais Monsieur; et son ami, il l'appelle la Verdure; il dit Votre Révérence à un prince du sang, et Votre Altesse à un jésuite (27). II entend la messe : le prêtre vient à éternuer; il lui dit : Dieu vous assiste! II se trouve avec un magistrat : cet homme, grave par son caractère, vénérable par son âge et par sa dignité, l'interroge sur un événement, -et lui demande si cela est ainsi ; Ménalque lui répond : Oui, mademoiselle. Il revient une fois de la campagne : ses laquais en livrées entreprennent de le voler et y réussissent; ils descendent de son carrosse, lui portent un bout de flambeau sous la gorge, lui demandent la bourse, et il la rend (28). Arrivé chez soi, il raconte son aventure à ses amis, qui ne manquent pas de l'interroger sur les circonstances, et il leur dit : Demandez à mes gens, ils y étaient (29).