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LE PHILOSOPHE

Le philosophe (d) consume sa vie à observer les

(3) Froid écrivain : écrivain sans talent et sans éclat.

(1) Il ne s'agit pas ici des journalistes, comme plusieurs éditeurs l'ont cru à tort, mais des auteurs de yoiivelles à la main. C'étaient des gazettes écrites « à la main » (d'où leur nom) qui rapportaient proniptement tous les bruits parisiens et alimentaient la curiosité publique. La rapidité même de la rédaction nuisait à leur exactitude. Le gouvernement y voyait un danger et persécutait les nouvellistes, ancêtres de nos reporters. La Bruyère ne les aimait pas non plus, à titre de politiciens ignorants.

(2) La Bruyère veut parler, soit d'André Cramoisy, soit de sa tante, veuve de Sébastien Mabre Cramoisy, qui dirigeait l'imprimerie du roi.

(3) Les maisons ne portant pas alors de numéros, toutes les boutiques se distinguaient par des enseignes, souvent fort pittoresques.

(4) Faire la critique : porter un jugement qui n'a pas de valeur, puisque le nouvelliste ne saurait être qu'un écho.

(5) Se corrompt : s'altère, devient fausse.

(1) Le philosophe : dans le sens de moraliste. La Bruyère se dépeint dans ce portrait.

homnios, ot il Ujse ses esprits (2) à en (3) démêler les vices et le ridicule; s'il donne quelque tour (4) à ses pensées, c'est moins par une (S) vanité d'auteur, que pour mettre une vérité qu'il a trouvée dans tout le journécessaire pour faire l'impression qui doit servir à son dessein. Quelques lecteurs croient néanmoins le payer avec usure, s'ils disent magistralement qu'ils ont lu son livre, et qu'il y a de l'esprit (6); mais il leur renvoie tous leurs éloges, qu'il n'a pas cherchés par son travail et par ses veilles. Il porte plus haut ses projets et agit pour une fin (7) plus relevée : il demande des hommes un plus grand et un plus rare succès que les louanges, et même que les récompenses, qui est de les rendre meilleurs (8).

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