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LE CITATEUR

Hérille, soit qu'il parle, qu'il harangue ou qu'il écrive, veut citer : il fait dire au Prince des philosophes (1) que le vin enivre, et à l'Orateur romain que l'eau

(1) Succède : réussit.

(2) Action (dramatique) : intrigue ; — ouvrage : mise on œuvre des éléments imaginés.

(3) OÙ : contre lequel.

(1) Génie : aptitudes particulières.

(1) Le prince des philosophes, c'est Aristoto, comme un peu plus bas, l'orateur romain, l'orateur par excellence, c'est Cicéron. La Bruyère, très indépendant d'esprit, n'admet pas que l'imitation des anciens devienne une servitude. Il se moque de ceux qui voient toute la philosophie chez Aristote^ toute l'éloquence chez Cicéron, et fondent sur l'autorité de leurs maîtres les assertions les plus banales.

le tempère. S'il se jette dans la morale, ce n'est pas lui, c'est le divin Platon qui assure que la vertu est aimable, le vice odieux, ou que l'un et l'autre se tournent en habitude. Les choses les plus communes, les plus triviales, et qu'il est même capable de penser (2), il veut les devoir aux anciens, aux Latins, aux Grecs; ce n'est ni pour donner plus d'autorité à ce qu'il dit, ni peut-être pour se faire honneur de ce qu'il sait : il veut citer.

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