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PLAISIRS DES GRANDS

Si VOUS dites aux hommes, et surtout aux grands, qu'un tel a de la vertu, ils vous disent : » Qu'il la garde; qu'il a bien de l'esprit, do celui surtout qui plaît et qui amuse, ils vous répondent : «Tant mieux pourlui » ; qu'il a l'esprit fort cultivé, qu'il sait beaucoup, ils vous domaiidcnt quelle heure il est ou quel temps il fait. Mais si vous leur apprenez qu'il y a un Tigillin (1) qui souffle ou qui jette en sable {2) un A^erre d'eau-de-vie, et chose mer veilleuse ! qui y revient à plusieurs fois en un repas, alors ils disent : «Où est-il? amenez-le-moi, demain, ce soir; me l'amènerez- vous ?» On le leur amène; et cel homme, propre à parer les avenues d'une foire et à Hn montré en chambi^e pour de l'argent, ils l'admettent dans leur familiarité (3).

(34) Versailles et Paris, à cette époque, s'encrouèrent quelque tempi pour ces insectes.

(35j Quelle chenille ! L'exclamation a un double sens : la chonill» est répuirnaiito pour les ])rofanes, — merveilleuse pour l'amateur.

(1) Tigillin ou Tigellin fut, sous Néron, i)rcfet des cohortes pré toriennes, favori de rcm])ereur, débauché : Galba le rit périr.

(2) Souffler ou jeter en sable, c'était boire « à la régalade », c'est à-dire d'un trait, sans jirendre lialeine.

(3) La Bruyère, admirablement placé pour bien voir, ne conservt aucune illusion sur les divertissements distingués des gentilshommc contemporains.

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