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ARTIFICES DE NOUS

Certaines gens portent trois noms, de peur d'en manquer : ils en ont pour la campagne et pour la ville, pour les lieux de leur service ou de leur emploi. D'autres ont un seul nom dissyllabe, qu'ils anoblissent par des particules dès que leur fortune devient meilleure. Celuici par la suppression d'une syllabe (1) fait de son nom obscur un nom illustre; celui-là par le changement d'une lettre en une autre se travestit, et de Syrus devient Cyrus{2). Plusieurs suppriment leurs noms, qu'ils pourroient conserver sans honte, pour en adopter de plus beaux, où ils n'ont qu'à perdre par la comparaison que l'on fait toujours d'eux qui les portent, avec les grands hommes qui les ont portés. Il s'en trouve enlîn qui nés à l'ombre des ilochers de Paris, veulent être Flamands ou Italiens (3),

(1) Affecte: ambitionne.

(H) Nom do plusieurs illustres généalogistes.

|3) On a rapproché de cette satire une fable de La Fontaine, la Cr ri'noti.iUc et le Bœuf :

Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs, Tout petit prince a des ambassadeurs, Tout marquis veut avoir des pages.

(1) A toute époque ces anoblissonients sjjoi.tanés ont été fréquents. Les clefs citent, comme exemple ai)pro.ximatif, le cas de Debricux, homme d'alTaircs, qui, en prenant la charge de maître d'hôtel du roi, se fit appeler do Rieux.

(2) Changeant ainsi son nom d'esclave en celui d'un conquérant.

(3) Ainsi M. Sonning, receveur de Paris, se faisait appeler do Son-

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coinmo si la roturr n'éloil ])as do toul pays, allongent leurs noms frunçois d'une terminaison étrangère, et croient que A'ouir de l)()n lieu (4) c'est venir de loin.

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