‹ Les portraitsChapitre 210 sur 253 · ABBES DE COUR · texte numérisé non relu

ABBES DE COUR

Il y a des ciioses qui ramenées à leurs principes et à leur première institution (1), sont étonnantes et incompréhensibles. Oui peut concevoir en effet que certains abbés, à qui il ne manque rien de l'ajustement, de la mollesse et de la vanité des sexes et des conditions (2), qui entrent auprès des femmes en concurrence avec le marquis et le financier, et qui l'emportent sur tous les deux,(pi'eux-mèmes soient originairement et dans l'étymologie de leur nom (3) les pères et les chefs de saints moines et d'humbles solitaires, et qu'ils en devroient être l'exemple? Quelle lorce, quel empire, quelle tyrannie de l'usage ! Et sans parler de plus grands désordres, ne doit-on pas craindre de A'oir un jour un jeune abbé en velours gris et à ramages (4) comme une éminence, ou avec des mouches et du rouge comme une femme?

O. U.^ BICAU « SALUT ».

Déclarerai-je donc ce i[ue je jjense de ce qu'on appelle dansle monde unbeau salut(l),la décoration sou-

niiiixcii; — M. Nicolas, Aicolaï. — Il ne serait pas diltic-ilc de truuvci' clic/ nos contemporains dus puérilités analo;,n:cs.

(4) "Venir de bon lieu : descendre daïcnx nobles.

(1) Ramenées... à leur première institution: comparées, dans leur état actuel, à ce /qu'elles l'urcnt on naissant.

(2j Los aljbés de cour iirennent les mauvais côtés des sc.xcs et des conditions : ces hommes se comportent comme des femmes; cc^ ecclésiastiques, comme dos mondains.

(3) Le mot abbé dérive du syro-clialdéou abba, qui siynitie pcic

(4}Unc étoffe à ramages est celle où des feuillages, des fleurs, etc. se trouvent représentés.

(1) Le salut, ce sont les prières de l'après-midi et du soir dans une écriise. L'expression ce beau salut » s'apidique à des offices brillants, fréquentés par le beau monde.

Vint prolaiif, les places retenues et payées, des livres (2) distribués eonime au liiéàtre, les entrevues et les rendezvous fréijuèuls, le murmure et les causeries étourdissantes, (juelfju'un monté sur une tribune qui y parle fanulièrement, sèchement (3j, et sans autre zèle que de rasscmbli-r le ])euple, l'amuser, jus([u'à ce qu'un orchestre, le diruije? et des voix qui concertent (4) depuis longtemps se fassent entendre? Est-ce à, moi à m'écrier que le zèle de la maison du Seigneur me consume, et à tirer le voile léger qui couvre les mystères, témoins d'une telle indécence ? Quoi ? parce qu'on ne danse pas encore aux Tï** (;j), me forcera-l-on d'appeler tout ce sjiectacle office d'Église ■?

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