TESTATECBS IRRÉSOLUS
Il est vrai qu'il y a des hommes dont on peut dire que la mort lixe moins la dernière volonté qu'elle ne leur ôte avec la vie l'irrésolution et l'inquiétude. Un dépit, pendant qu'ils vivent, les fait tester; ils s'apaisent et déchirent leur minute (1), la voilà en cendre. Ils n'ont pas moins de testaments dans leur cassette que d'almanachs sur leur table ; ils les comptent par les années. Un second se trouve détruit par un troisième, qui est anéanti lui-même par un autre mieux digéré (2), et
(1; Règlement de juges: pour la question de savoir devant quels juges son procès sera évoqué.
(2) A'oilà des siècles que l'on proteste contre les lenteurs de la justice : si le mal s'est atténué, il n'a pas disparu. Il convient d'ajouter que ces lenteurs ne sont pas tout à fait inutiles, car elles garantissent jusqu'à un certain point aux plaideurs l'examen approfondi de leurs procès.
(1) Cf. la célèbre définition de Quintilien : Vir bonus dicendi péritus. Quintilien et La Bruyère mettent la probité au-dessus de l'éloquence.
(1) Minute ; original d'un acte notarié.
(2) MievLX digéré ; mieux réfléchi, combiné.
celui-ci encore par un cinquième olographe (3). Mais si le moment, ou la malice, ou l'autorité manque à celui qui a intérêt de (4) le supprimer, il faut qu'il en essuie les clauses et les conditions; car appcrt-\l (3) mieux des dispositions des hommes les plus inconstants que par un dernier acte, signé de leur main, et après lequel ils n'ont pas du moins eu le loisir de vouloir tout le contraire ?