‹ Les portraitsChapitre 220 sur 253 · l'héritier · texte numérisé non relu

l'héritier

Titius (1) assiste à la lecture d'un testament avec des yeux rouges et humides, et le cœur serré de la perte de celui dont il espère recueillir la succession. Un article lui donne la charge, un autre les rentes de la ville (2), un troisième le rend maître d'une terre à la campagne; il y a une clause qui, bien entendue, lui accorde une maison située au milieu de Paris, comme elle se trouve, et avec les meubles : son affliction augmente, les larmes lui coulent des yeux. Le moyen de les contenir? il se voit officier (3), logé aux champs et à la ville, meublé de même ; il se voit une bonne table et un carrosse : Y avait-il au monle un plus honnête homme que le défunt, un meilleur homme? Il y a un codicille (4), il faut le lire : il fait Mœvius légataire uniA^ersel, et il renvoie Titius dans son faubourg, sans rentes.

(3) Olographe ; formé de deux mots grecs, l'un signifiant tout, l'autre écrit, ce mot veut dire : écrit tout entier de la main du testateur.

(4) Intérêt de: on dirait aujourd'hui : intérêt à.

(5) Appert-il : terme de palais; forme vieillie du verbe inusité 'ijyprvroir, et qui signifie : la preuve est faite (que...)

(1) Titius, Mœvius: noms empruntés aux exemples que citent les jurisconsultes romains.

(2) De la ville : sur la ville de Paris ; (rentes) de l'Hôtel de ville. (3j Officier : pourvu d'un office, d'une charge.

(4) Codicille : écrit postérieur à un testament et qui le modifie en tout ou partie.

sans tilirs, ot lo nuM à piod. Il ossiiie sis larnios : c'est à Mœvius à s'aflliger (5).

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