‹ Les portraitsChapitre 48 sur 253 · LE VANTARD · texte numérisé non relu

LE VANTARD

Il faut laisser parler cet inconnu que le hasard a placé auprès de vous dans une voiture publique, à une fête ou à un spectacle; et il ne vous coûtera bientôt pour le connoître que de l'avoir écouté : vous saurez son nom, sa demeure, son pays, l'état de son bien (1), son emploi, celui de son père, la famille dont est sa mère, sa parenté (2), ses alliances, les armes de sa maison; vous comprendrez qu'il est noble, qu'il a un château, de beaux meubles, des valets, et un carrosse.

(11) Au-dessus de vouloir : la locution prépositive au-dessus de ne pourrait plus aujourd'hui s'employer avec un verbe pour complément ; il faudrait un substantif ou un pronom. C'est une des nombreuses règles inex|jlicables de notre grammaire actuelle.

(12) Défère à: ait de la délérence pour

(1) L'état de son bien : sa situation de fortune.

(2) Sa parente : ses parents, sa famille. • — Ce vantard est l'abbé do Vassé, qui, dit une de ses parentes, a a laissé dans la famille la ridicule réputation d'un bavard à outrance ei d'un vaniteux excessif », mais, à part cette faiblesse, a était la bonté et la vertu mêmes. » — « Un grand homme de bien », dit encore Saint-Simon.

Page 1