‹ Les portraitsChapitre 72 sur 253 · LA SOIF DE l'or · texte numérisé non relu

LA SOIF DE l'or

Laissez faire Ergaste (1), et il exigera un droit de tous ceux qui boivent de l'eau de larivière, ou qui marchent sur la terre ferme : il sait convertir en or jusques aux roseaux, aux joncs et à l'ortie (2). Il écoute tous les avis, et propose tous ceux qu'il a écoutés. Le prince ne donne aux autres qu'aux dépens d'Ergaste,etne leur fait de grâces que celles qui lui étoient dues (3). C'est une faim insatiable d'avoir et de posséder. 11 trafiqueroit des arts et des sciences, et mettroil en parti (4) jusques à l'harmonie; il faudroit, s'il en étoit cru, que le peuple, pour

(3) En fonds : en capital.

(4) En avancement d'hoirie : en avance sur l'héritage futur.

(1) Ergaste : le baron de Beauvais, capitaine des chasses des environs de Paris. Il obtint en 1684 un privilège pour établir certaines voitures de louage, et conclut sans doute d'autres affaires plus aventureuses.

(2) Le roi, d'après une clef, lui avait donné les ronces et les épines qui croissent sur le chemin de Versailles.

(3) Telle est du moins l'opinion d'Ergaste.

(4) Les pariisaits étant les fermiers généraux chargés du recouvrement des impôts, mettre en parti signifie prendre à ferme

avoir le plaisir de le voir riche, de lui voir une meute et une écurie, put perdre le souvenir de la musique d'Orphée (5), et se contenter de la sienne.

Page 1