‹ Les ports de la Basse-LoireChapitre 16 sur 36 · SA!NT-NAZA!RE PORT DE GRANDE NAVIGATION NANTES PORT INDUSTRIEL · texte numérisé non relu

SA!NT-NAZA!RE PORT DE GRANDE NAVIGATION NANTES PORT INDUSTRIEL

Nantes. — Quel que soit l'élargissement du domaine du port de Nantes, grâce aux travaux accomplis, Nantes ne saurait prétendre au rôle de ces grands ports d'estuaire qui accaparent la navigation des puissants paquebots. Mais Nantes a, de plus en plus, accusé, fortifié son caractère de port industriel, et, en ce sens, doit toujours rechercher marchés et débouchés nouveaux. Nantes a maintenu ou transformé ses anciennes industries, en a créé de nouvelles. Le réveil de son activité apparaît bien si Ton sait que les opérations effectuées à la Banque de France ont passé de 157 millions de francs en 1893 à plus de 4oo millions de nos jours .

Ces industries diverses exigent un apport de ma-

tières premières, de houille, toujours plus considérables, donnent lieu à un trafic important dont la navigation prend sa large part. Situé en pays agricole, loin des bassins houillers, il semble que Nantes n'avait pas toute facilité pour subvenir aux exigences de la grande industrie contemporaine. Pourtant, voyez toutes ces cheminées d'usines, forêt nouvelle qui entoure celle des mâts et cheminées des navires, voyez tous ces établissements industriels qui apparaissent, avec les années, plus nombreux dans les îles et sur la rive gauche tandis qu'ils se succèdent, pressés, sur la rive droite. Au parfum chaud et sucré des biscuiteries se mêle l'odeur huileuse des fabriques de conserves de poissons, la senteur acre des engrais ; ici on respire la fumée lourde des constructions métallurgiques, là, la poussière sèche des bois d'œuvre. Partout le bruit d'une ruche en travail. C'est que, par la Loire maritime, arrivent à bon compte charbons et matériaux ; c'est aussi que, depuis longtemps, capitaux et main-d'œuvre appropriés ont su tirer parti des ressources locales, agricoles ou maritimes, transformer sur place les produits étrangers. On sait comment les raffineries, les fabriques de conserves, les chantiers de constructions sont nés, se sont développés. Si, vers midi, par exemple, on se trouve au quai de la Fosse, on voit surgir de tous côtés la foule des travailleurs qui submerge rues et ponts et l'on se rend compte de la valeur industrielle d'une ville qui de 1901 à 191 1 s'est accrue de 38. 000 habitants, passant de i32 à 170.000, ce dernier chiffre lui valant le sixième rang dans la liste des villes les plus peuplées de France.

Et l'industrie et les usines se multiplient autour

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du port, dépassant, à droite, Chantenay et la Roche- Maurice, atteignant, à gauche, Norkiouse et Trentemoult. En aval, les petits bourgs massés autour du clocher ajouré, abrités par des platanes ou des ormes, s'entourent de bâtiments industriels dont la masse les domine ; souvent les petits centres de jadis sont tout près de se joindre. Là dominent les industries métallurgiques de la Basse-Indre, par Indret, jusqu'à Couëron et au Pellerin. Dans le val large que bordent au loin le sillon de Bretagne et les coteaux de Vendée, les fabriques peu à peu prennent la place des prés et partout on aperçoit de nouveaux édifices en cours de construction. Ce n'est plus qu'entre La Martinière et Donges, que la campagne reprend le dessus.

Saint-Nazaire. — L'industrie réapparaît un peu aux Approches de Saint-Nazaire. Chantiers de constructions de Saint-Nazaire, forges et hauts-fourneaux de Trig :iac appellent le regard. Cependant Saint-Nazaire ne présente guère l'aspect d'une cité industrielle. Dépourvue de ressources du sous-sol, elle est trop isolée et elle n'a ni la longue tradition, ni les capitaux de Nantes. Sans doute, houille et matériaux ici aussi arrivent à bon compte. La condition est nécessaire, elle n'est pas suffisante. Saint-Nazaire doit son origine au développement de la grande navigation à vapeur. C'est, avant tout, un grand port transatlantique et c'est la navigation qui joue ici le rôle supérieur dans la vie des habitants. La ville s'est peu accrue : 35.ooo habitants en 1901, 38. 000 en 191 1. Ses progrès tiennent surtout à ceux de la grande navigation. Au reste, il suffit d'avoir fréquenté la ville pour se convaincre de la place supérieure qu'occupe, dans les

esprits, la « Compagnie », c'est-à-dire la « Compagnie Transatlantique ». C'est bien là, en effet, le port parfait pour les paquebots rapides et immenses, un abri de premier ordre ; lévriers de mer et courriers postaux, gros cargos mrxtes et navires de charge y soM bien « chez eux ». Et Saint-Nazaire joue aussi un rôle important dans la vie de la Basse-Loire, dans la vie française.

Il n'est pas fatal, d'ailleurs, que l'industrie se cantonne plus en amont. Sans doute l'agglomération nantaise tendra de plus en plus à se développer vers l'aval, les usines allant, en quelque sorte, au devant des navires. Mais il semble bien que le mouvement s'accomplisse ainsi au départ de Nantes, non de la porte d'aval.

Chacun a son rôle particulier, tracé par les conditions géographiques et historiques ; ici le port réservé à la grande navigation, aux grands ateliers de construction, là le port industriel, centre d'une riche région économique. Saint-Nazaire avant-port, Nantes arrière-port, parties également nécessaires d'un tout dont la prospérité, à l'époque contemporaine, s'appuie, précisément, sur une harmonieuse division du travail.

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