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TONNES

kv.

NANTES 4S-NAZAJRE

Fig. 9. — Graphique du tonnage « exportation » des ports de Nantes et St-Nazaire

sont respectivement : 128.700.000 francs, i48. 000. 000, 139.500. 000. Le bond est plus remarquable, certes, pour Nantes ; la courbe ascendante qui représente le mouvement de Saint-Nazaire est plus régulière. Mais, des deux parts, le progrès est net, remarquable et, plus on approche de la période actuelle, plus les deux courbes se ressemblent. Nantes avait à rattraper un retard considérable ; il a su le faire en peu d'années. Mais ni d'un côté ni de l'autre, on n'aperçoit le

moindre indice qui permette d'inférer que le progrès ici se solde là par un déficit. Tout au contraire c'est la solidarité des efforts communs qui s'exprime clairement.

Certes, pour les deux ports, ces chiffres de mouvement total (entrées et sorties, navires chargés et sur lest) ne les classent point au nombre de ces grands ports qui comptent parfois plus de 10 millions de tonnes. Cependant, pour le trafic des marchandises dans les ports français, Nantes et Saint-Nazaire ne sont plus dépassés que par Marseille, Rouen, Bordeaux, Le Havre et Dunkerque. Rang fort honorable déjà si l'on veut bien se rappeler que, sous leur forme actuelle, ce sont des ports en somme tout récents et qui figuraient naguère encore aux dernières lignes de la statistique.

Importations et exportations. — Si l'on décompose le chiffre total du mouvement en deux parties selon qu'il s'agit d'arrivages ou d'expéditions, on remarque que les importations constituent de beaucoup la plus grosse somme. Ici comme pour la plupart de nos ports, au moins pour l'instant, nous manquons de fret de sortie ». Ainsi à Saint-Nazaire, en ce qui concerne le commerce avec l'étranger et les colonies, on compte à l'entrée, 587.000 tonnes contre 160.700 à la sortie, en 1893 ; en i()i3, c'est 7^4-ooo contre 227.000 ; à Hantes, on trouve, en 1893, 190.000 tonnes contre 62.000 en 1913, 1.600.000 contre 352. 000. Beaucoup de navires, arrivés en pleine charge, repartent sur lest. Ainsi à Nantes, en 1893, si 195 navires (50.900 tonnes) partent chargés, 127 (54-900 tonnes partent sur lest ; en 191 3, on a 779 navires

(703.900 tonnes) chargés et 464 (475. 200 tonnes) sur lest. Tandis qu'à l'arrivée, 2 à 3. 000 tonnes seulement reviennent à la navigation sur lest. De même à Saint- Nazaire où, en 1893, on enregistre, au départ, 253 navires chargés (160.000 tonnes) contre 569 (48o.ooo tonnes) sur lest ; en 1913, 168 (227.000 tonnes) contre 444 (52 2. 000 tonnes). Cela tient en grande partie aux caractères mêmes du commerce français qui offre plus de valeur que de volume, caractères qui ne semblent pas encore en voie de modification profonde. Il nous manque de pouvoir vendre, en masse, des matières pondéreuses telles que houille, minerais, pierres, etc.. Toutefois, dans la région de la Basse-Loire, il se peut que plus tard, grâce aux minerais de fer, aux pierres du Maine, l'écart entre les chargements, à l'entrée et la sortie, diminuent.

Si l'on envisage la valeur des produits transportés, c'est, au contraire, notre exportation qui l'emporte sur l'importation. Le prix moyen de la tonne débarquée, en 191 3, ressort, pour Saint-Nazaire à 54 francs, pour Nantes à 107 ; celui de la tonne embarquée égale respectivement 268 et 124 francs. Ces chiffres expriment assez bien, déjà, que Saint- Nazaire opère un trafic quelque peu différent du trafic de Nantes, celui qui convient à un port de relations transocéaniques rapides, avec exportation en grande vitesse de marchandises chères et demande, principalement, de houille. Et ces chiffres s'expliquent suffisamment lorsqu'on songe qu'un vêtement sorti de chez nos grands couturiers coûte plus cher que plusieurs tonnes de houille. La différence s'accuse moins à Nantes qui expédie moins d'objets de grand luxe,

et qui reçoit plus de marchandises relativement chères, bois ou produits alimentaires.

Il est à remarquer, enfin — correctif heureux pour notre marine marchande, — que ce sont les navires étrangers, surtout, qui arrivés chargés, repartent sur lest. Les Français sont un peu plus favorisés.

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