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LE SERVICE DES ALLIES BASE ANGLAISE - BASE AMERICAINE

Dès la fin de 191/i, les Anglais devaient chercher, à l'Ouest de la France, une base sûre que les événements ne leur permettaient plus de trouver sur la Manche, un port capable d'établir leurs relations nécessaires avec le Canada. Saint-Nazaire fut choisi. Les grands navires pouvaient y parvenir aisément et, de ce côté, les mesures de protection contre les sous-marins pouvaient jouer avec efficacité. La barre des Charpentiers, qui brise un peu la houle du large, s'oppose assez aux incursions de l'ennemi ; les terrains favorables ne manquent pas pour les camps d'aviation et les hangars de dirigeables ou de « saucisses », tel celui de Paimbœuf, à l'entrée de l'ancien canal maritime, qui attirait encore les regards en juillet 191 9. En outre, on est assuré de trouver ateliers de réparation et réapprovisionnement. L'autorité militaire anglaise n'hésita point.

Lorsque, plus tard, vers 19 17, les Anglais eurent reporté leur base plus au Nord-Est, la place devenait libre, au moment où les Etats-Unis entraient en lice.

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Saint-Nazaire devint une base américaine de premier ordre et c'est ici, ainsi qu'à Brest, que débarquèrent les premiers contingents fournis par les Etats-Unis. Et c'est seulement en juillet 191 9 que le « Rookland » emporta, avec des milliers de soldats, le général commandant la base américaine de Saint-Nazaire.

Nantes subit nécessairement le contre-coup de ces événements. Dès 1914 s'y établissait une base secondaire pour le personnel et le matériel de l'armée anglaise. Plus tard, ce furent les Américains. L'appui de l'industrie nantaise, les facilités offertes par la jonction de plusieurs grandes voies ferrées (Nantes- Orléans-Paris, doublée par Le-Mans-Paris, Nantes- Bordeaux, Nantes-Saint-Nazaire ou Brest, Nantes- Rennes), la nécessité de dégager le port de Saint- Nazaire, autant d'arguments de valeur. D'ailleurs, en offrant à l'Etat ses services en ce sens, Saint- Nazaire spécifiait que, pour répondre complètement aux besoins, il lui fallait adjoindre Nantes et toute la Loire maritime.

C'est toute la Basse-Loire, en effet, qui servait à nos alliés tout en continuant à servir la France. Et par là, une fois de plus, les faits démontrèrent combien les deux ports se complétaient heureusement l'un l'autre. Grâce aux résultats qu'ils avaient su réaliser déjà, les alliés trouvaient un point d'appui solide pour préparer la Victoire.

Cette longue occupation par les Anglo-Saxons n'a pas manqué de donner aux deux villes, aux deux ports, surtout à Saint-Nazaire, une couleur particulière. A tout instant encore, on rencontre, aux devantures des cafés, des magasins, des enseignes, des réclames, des taxes en langue anglaise. Adaptation

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d'autant plus facile que, comme on sait, les milieux maritimes de l'Ouest sont depuis longtemps familiarisés avec la langue, avec les usages anglais. A voir, à Saint-Nazaire, — comme on le voyait encore il y a quelques mois, — les policemen surveillant les carrefours, les baraques, les écriteaux multipliés jusque sur les quais, les side-cars et camions qui passent, rapides, en faisant gicler la boue des rues, le port où tant de navires battent le pavillon étoile, une ville jadis si paisible aujourd'hui si animée, on pouvait se croire, un instant, dans une cité américaine. Et, tout autour, dans la campagne, jusqu'à Nantes, les camps, les installations diverses confirmaient l'illusion. Il en restera plus que le souvenir de la Victoire commune et de l'hospitalité française ; le développement fructueux des relations économiques avec les Etats-Unis y trouvera son compte.

Les Américains ont pu juger, d'ailleurs, de la vanité de la légende, — encore trop souvent colportée, — d'après laquelle les Français manqueraient d'esprit de suite et d'énergie constructive.

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