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LA NAISSANCE DE SAINT-NAZAIRE

On crut alors que la meilleure solution consistait à rapprocher le port de la mer libre. Et cette solution un peu simpliste, qui ne tenait compte que des facilités d'accès, donna naissance à Saint-Nazaire.

Paimbœuf était déjà trop enfoncé dans le fleuve et d'accès assez compliqué puisque la route favorable obligeait à cingler d'abord sur Donges pour venir passer ensuite entre la Tour des Moutons et la Tour des Brillantes.

Or, en face de la pointe de Mindin, au sud de la Grande Brière, sur un petit plateau rocheux qui protège un peu contre le vent du large, le petit village de Saint-Nazaire était d'accès facile. Une fois franchie la barre des Charpentiers, le chenal de Bonne Anse offrait

6 mètres d'eau à basse mer ; celui qui s'étale entre le banc de Bonne Anse et le banc des Marées donnait 4 mètres. En amont, des terrains bas, faciles à creuser. C'est sur ce point que le gouvernement résolut de créer un port maritime. Saint-Nazaire n'était encore qu'un village, avec ses maisons basses, tapies autour d'une petite église, sur ces terrains que l'écluse nouvelle a tranchés. En 1811, on n'y comptait encore que 3.ooo habitants, alors que Nantes en renfermait 70.000.

En i835 se construisait un môle-abri pour les bateaux-pilotes. En i84o commencèrent de grands travaux : il s'agissait d'établir un bassin à flot de 12 hectares de superficie. Ce bassin, dit bassin de Saint-Nazaire, fut achevé en 1857. Le port de Saint- Nazaire était né.

De là devaient partir les grands navires de la « Compagnie Générale Transatlantique » (fondée en 1862). Dès i84o, le gouvernement avait concédé la ligne du Brésil avec port d'attache à Saint-Nazaire. Désormais, les relations par longs-courriers, avec l'Amérique Centrale surtout, devaient se nouer à Saint-Nazaire.

Nantes avait bien senti le coup. Mais, capitaux, industries se résoudraient-ils à se transporter vers l'aval ? Le pourraient-ils ? Tout d'abord, les Nantais considérèrent le port nouveau comme un rival dangereux, tandis que les Saint-Nazairiens jalousaient l'industrie, le commerce nantais. On ne comprenait pas bien encore que deux ports voisins, l'un sur la côte, l'autre en rivière, ne peuvent que gagner à leur voisinage même, chacun ayant sa fonction propre. Il était certain, en tout état de cause, que Nantes ne pouvait plus prétendre à rester tête de ligne pour la naviga-

tion transatlantique à grande vitesse. Au fond, l'évolution économique imposait un partage d'attributions que l'on ne voulut pas reconnaître au début, qui ne tarda pas à s'imposer pour le profit de tous. Encore faudra-t-il que, tandis que Saint-Nazaire se développe, Nantes ne se laisse point « bloquer ».

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