‹ Les Ports FrancsChapitre 67 sur 109 · FIUME · texte numérisé non relu

FIUME

Fiume est le port de la Hongrie comme Trieste est celui de l'Autriche. Le 1% juillet 1891, elle perdit le privilège de ville franche dont elle avait joui pendant 191 ans. Le Gouvernement lui donnait en compensation un port franc que les Hongrois appellent Justement, en raison du peu d'espace qu'il occupe, « point franc ».

Située sur l’Adriatique, au fond du Golfe de Quarnero, Fiume possède en réalité trois ports : l’un, au sud, formé par l’embouchure de la rivière la Fiumera, reçoit uniquement des navires de faible tonnage ; l’autre, au centre, est fréquenté à la fois par de grands vapeurs qui viennent y chercher des bois el par de nombreux bateaux faisant le service des voyageurs entre Fiume et les villes de la côte, notamment Abbazia, la plus célèbre station balnéaire du pays.

A côté de ces deux ports douaniers, nous trouvons en allant vers le Nord, le port franc. Formé de deux bassins,

il peut recevoir les plas gros navires. Par contre, son outillage de débarquement est plutôt primitif:

« On y voit une grue, une seule, et comme il n'y en à pas dans les ports douaniers, l’on peut dire que loutillage de tout le port de Fiume consiste en cette seule et unique grue.

On nous dit que les dockers n’admettent pas l'emploi des machines ; mais, quelle que soit la cause de cet état de choses, il est clair qu'il dénote peu d'intensité dans le travail, car si l’on conçoit l’embarquement des bois par les moyens du bord, les opérations relatives aux autres marchandises, auraient besoin, si elles étaient fort actives, d’un outillage plus puissant (1) ».

Il y a bien, comme à Trieste, des hangars le long des quais ; mais nous en remarquons aussi sur la limite même du port franc. Ces derniers rendent aux commerçants les plus grands services, car, ouverts du côté du port franc, ils offrent tous les avantages de la franchise, ouverts au contraire du côté de la Hongrie, ils sont nalionalisés. Grâce à cette heureuse disposition le commerçant, indécis sur le chemin qu'il fera prendre à ses marchandises, évite des frais de manutention et des formalités toujours coûteuses. Les produits seront seulement nalionalisés où dénationalisés au fur et à mesure des demandes.

Comme à Trieste, la douane a, au milieu du port franc, son principal établissement. Son directeur y loge et y a

4. Rapport de la Commission envoyée à Fiume en 1904 par la Chambre de Commerce de Marseille.

du —

ses bureaux ; mais son action semble ici plus lourde au commerçant.

A Trieste l'Etat possède les magasins ; ici, ils appartiennent pour moilié au Chemin de fer et pour moitié à des Sociétés particulières.

A Trieste donc, les garde-magasins ne sont que des agents de l’Etatets’ils ne dépendent pas directement de la douane, ils lui rendent cependant de nombreux services La douane ayant confiance dans ces fonctionnaires s’en rapporte souvent à eux, ne pénétrant que rarement dans les magasins, comme elle en aurait le droit. A Fiume, il en est tout autrement : les garde-magasins sont les simples salariés de la Société ; nesongeant naturellement qu'à favoriser les locataires actuels pour en attirer de nouveaux, ils verraient des fraudes, qu'ils chercheraient plutôt à les dissimuler qu’à dénoncer leurs auteurs. L’Administration l’a compris, et pour faire observer les règlements, ne comptant que sur elle, la douane pénètre sans cesse dans les magasins : elle rraportune et gène les commerçants par ses continuelles visites.

Sauf ces tracasseries que nous ne trouvons pas à Trieste, Fiume joint pour manipuler d’une liberté presque aussi grande. Cest ainsi que les farines hongroises qui y arrivent en sacs, sont réemballées pour l’exportation. On les met en barils pour Buenos-Ayres, en caisses pour l’Afrique centrale. Il en est de même pour les poudres de riz fabriquées en Hongrie.

Les marchandises destinées à l'importation subissent des manipulations analogues. On les déballe pour Îles réemballer ensuite plus légèrement. Pour le thé, par

exemple, le commerçant en payant des droits de douane moins élevés peut ainsi arriver à se faire une bonification de 20 0/0.

Seule la manipulation des vins n’est pas libre. La douane doit être présente pour tout mélange de vins, italiens ou autres. Pour le mélange des vins italiens entre eux, son intervention se justifie puisque pour conserver le privilège de la taxe réduite à l'importation, ces vius doivent conserver sur les futailles leurs cachets d’origine. Le mélange de vins italiens et de vins d’autres provenances est interdit

Quant au mélange de vins, tous soumis au droit fort, ils doivent avoir lieu sous le contrôle de la douane. On se demande alors pourquoi ? «Toute opération dont ils seraient l'objet sauf le cas de vinage, ne peut, eu effet, prèter à des abus autres que des abus commerciaux. Oril semble que ce soient précisément ces abus là que le règlement ail ici en vue. L'entrée on la fabrication des vins artificiels dans le port francesl absolumentinterdite. Eofin, une loi de 1893, sévèrement appliquée, défend le plâtrage et les vins étrangers plâtrés ne peuvent entrer dans le port france, pour en sortir à destination de l'étranger, la mise à la consommation étant défendue, — que sous la condition d'être déclarés comme plâtrés et d’indiquer dès leur débarquement leur destination définitive. Toute contravention à cette loi est sévèrement réprimée (1)».

De plus, le commerçant est responsable du coulage

Page 1