Journal l'Agriculture Moderne, 8 février
émue de ce projet. Elle craint « que nos vieilles maisons de vins » ne soient « bientôt débordées par la concurrence des falsificateurs de tous les pays qui viendront s'établir dans le port franc. Ces craintes sont-elles fondées ? Nous le verrons en étudiant tout à l'heure les dangers que celte institution ferait courir au bon renom de nos produits.
Hambourg et Copenhague, avec leurs énormes magasins-silos, nous permettent de supposer qu'après les vins étrangers, les blés étrangers occuperont dans les zônes franches la place la plus considérable. « S'il ne s'agissait que de prévoir de vastes dépôts de grains établis dans les zônes, on ne pourrait qu'en être satisfait, tant au point de vue des subsistances que du fonctionnement régulier de notre régime économique, mais 1l faut songer aux conditions particulières dans lesquelles se trouvent ces dépôts, à leur voisinage immédiat de la barrière douanière qui permettra en un clin d'œil de les amener sur le marché, au secret qu'il sera si facile de garder, dans la partie reculée des ports où sera élablie la zôue, relativement aux quantités emmagasinées. On ne saurait douter qu'il y a là un instrument dangereux (1) ».
Quant au maïs, lisons-nous dans lAgriculture moderne (2), celui de Russie, de Roumanie, de Turquie, d'Amérique, viendrait remplir les magasins des zônes franches. Ne parle-t-on pas déjà à Marseille, de distille-
4. Déposition de M. Forestier, membre de l'Association de l’Industrie et de l’Agriculture françaises devant la Commission parlementaire du Commerce et de l’Industrie, 1903.