août
ries de maïs qui enlèveraient à nos distilleries et aux cultivateurs qui les alimentent le peu de débouchés qu’on leur a laissés.
Il n’est vas non plus téméraire d’affirmer que d’importantes minoteries surgiraient dans les zônes franches. Pense-t-on de bonne foi que ce ne serait pas au détriment des farines françaises ? Les vaisseaux partant des ports francs n'emporteraient certainement plus que des farines faites avec des blés étrangers, étant donné surtout le discrédit, d’ailleurs parfaitement injustifié, que l'on cherche à jeter sur les farines françaises. « Qui pourrait nous dire combien les farines étrangères exportées des zônes franches représenteraient de kilogrammes et d'hectares de blés français sacrifiés aux blés d’origine étrangère » ?
Notre élevage, lui aussi, a tout à craindre de cette institution. La déposition de M. Fortier nous le prouve : il s'établira, dit-il, dans la zône franche, des abattoirs qui permettront au bétail des nations étrangères de venir concurrencer le nôtre sur certains marchés. Des faits actuels et incontestables montrent ce danger. « De source officielle, on sait que la Russie, trouvant avantage à introduire ses bestiaux en Angleterre sous forme de viande abattue, a demandé l’autorisation au gouverne. ment français d'effectuer l'abattage dans un de nos ports de la Manche. Cette opération implique lexistence du port franc et par là même, on voit les effets funestes qu’exercerait le port franc sur notre élevage ».
Notre agriculture a donc tout à redouter de l’institution des ports francs. Ce sont ces craintes qui faisaient
émettre à la Société des Agriculteurs de France, Île 14 mars 1903, sur la proposition de M. Le Breton, un vœu tendant à ce que les propositions visant la création « de ports francs, de dépôts francs ou de zônes franches sur un point quelconque de la France continentale, de l’Algérie ou de la Tunisie, soient repoussées par le Parlement ». Dans sa séance du 4 mars 1994, la Société des Agriculteurs de France renouvelait ce vœu.
« La Société d'Agriculture, d’Horticulture et d’Acclimatation du Var » émettait aussi dans sa séance du 29 décembre 1899 un vœu demandant que, « au cas où le gouvernement croirait devoir accorder un ou plusieurs ports francs en France... tous les produits agricoles étrangers soient exclus du bénéfice du port franc ».
Le 17 novembre 1902 « l'Association Syndicale des viticulteurs propriétaires de la Gironde », plaidant pour son saint, demandait que si un port franc était créé à Bordeaux, « les vins en soient exclus, ainsi que de tous les ports francs qui pourraient être établis dans d’autres villes ».
A la date du 3 décembre 1909, l’ « Association de l’Industrie et de l’Agriculture françaises » protestait contre le projet portant création de zônes franches en France.
Enfin, le 25 novembre 1909, l « Union du Sud-Est des Syndicats Agricoles » émettait le vœu «que les représentants de l'Agriculture française au Parlement repoussent de tous leurs pouvoirs le projet de loi déposé par M. le Ministre du Commerce ».