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Politique et Parlementaire : « on a manifesté la crainte que certains industriels, dont c’est actuellement la spécialité de travailler pour l'exportation, ne soient lésés par les concurrents qui s’installeront en zône franche. Ces derniers recevant leurs matières premières en exemption des droits de douane, se trouveront de ce chef dans des conditions particulièrement avantageuses... Si nous étions en Allemagne, où l'administration se préoccupe d'aider le commerce au lieu de l’entraver, nous oserions peut-être demander, pour remédier à cet inconvénient, l'inscription dans la loi d’une disposition transitoire analogue à celle qui figure dans la convention de 1881 relative à la franchise du port de Hambourg... (1). Nous voulons admettre qu'une pareille faveur ne sera Jamais accordée à des Français et que les usines travaillant pour l’exportation devront ou fermer leurs portes, ou se déplacer. Le malheur après tout ne sera pas si grand, puisqu'il se traduira finalement par un bénéfice pour les exportateurs en général ».
Enfin, dans un article paru dans la Dépêche Coloniale en juin 1903, M. Bouhoure reconuaît sans hésitation qu'il sera impossible aux établissements indus-
1. Son article 2 est ainsi conçu : « Les industries travaillant pour l'exportation qui veulent transformer libres de douane des marchandises étrangères, devront à l’avenir s’exercer dans la zône franche. Il y a lieu cependant pour les établissements de cette nature, qui sont situés dans la région devenue douanière, étant donné que par l'importance de leurs locaux ils ne peuvent être transportés dans la zôrie franche, de leur faciliter pendant un certain délai la continuation de leur exercice et de les mettre en mesure de poursuivre leur lutte contre l’étranger ».
triels de l’intérieur de lutter pour le prix de revient avec ceux qui s’installeront dans les ports. Aussi, cherche-t-il à les consoler en leur donnant le moyen de se sauver : « les industries n'auront qu’à se transporter dans les ports francs. [ls seront ouverts à tout le monde ».
Comme le remarque M. Méline, « le système des ports francs... consiste en dernier résultat à mettre toutes les usines de France sur des roulettes et à les transporter dans les ports francs ». Nons venons de le constater, c’est l'opinion mêmie des défenseurs de cette institutiou.
Qu'en pensent les industries ?
Considérant que ce serait la ruine d'un grand nombre d'industries établies à l’intérieur de la France, la « Chambre syndicale des mécaniciens, chaudronniers et fondeurs de Paris, émet un vœu contre le projet actuel.
La Métallurgie n’est pas opposée à la création des ports francs, mais elle demande que toute construction et fabricalion v soient interdites.
Les Mines craignent que le port france ne réduise à néant leurs usines de transformation : « Les fabriques d’agglomérés s’établiraient dans la zône franche et consommeralent des charbons étrangers ».
La Verrerie, nous l'avons vu, ne pourra soutenir la concurrence.
La Minoterie française ne pourra subsister. € Indemnes des droits de douane, ces minoteries auront sur celles de l’intérieur un véritable privilège et leur feront une redoutable concurrence. Un simple rapprochement entre l'admission libre du blé dans la zône et les forma-
lités et restrictions pour ladmission temporaire à l’intérieur de la ligne des douanes, telle que la loi de 1902 l’a réglementée, suffit pour le comprendre. »
€ Il n’est pas jusqu'aux industries qui à première vue paraissent désintéressées de la question... qui n'auront à souffrir de la concurrence des industries de la zône. La teinture, par exemple, recevrait les soies et tissus étrangers en franchise, sans être tenue aux formalités de l'admission temporaire. Elle recevrait également en franchise les matières colorantes et autres articles de droguerie. Les teinturiers de la zône seraient particulièrement avantagés par rapport à ceux de l’intérieur (1) ».
Déjà en France on peut remarquer que beaucoup de grandes industries ont une tendance marquée à se rapprocher de la mer. L'exemple récent de la Société du Creusot qui a installé une partie importante de sa fabrication à Cette est le plus frappant qu’on puisse invoquer en France dans ces dernières années. IT paraît inutile de favoriser celte orientation nouvelle par des mesures légales. [1 est évidemment d’une mauvaise politique d'attirer toute la vie industrielle d’un pays aux extrémités en délaissant le centre où se trouvent toujours les grandes réserves d'énergie (2).
Un autre danger des ports francs venant de la désertion probable des nsines de l’intérieur résulterait de la «concentration industrielle dans certaines zônes marili-
mes isolées du territoire national et de l’entassement dans