D4 EXPORTATION DU PHOSPHATE
mu: ARBARA.
Quantité de | l'ont de Nombre des vaisseaux exportant Droits. le phosphate. Droits. de
ANNÉES. Droits
phosphate phosphate
Droits
' concession Nombre M: concess
florins. | | florins. foins. | florins.
15460 |17600.37| 4 | 4899.17 7708.32! 4067.07! 61670.56 7440 8704.80! 6 | 7686.90 k 27307.43| 14359.8 218859. I 2899 3468.33) 52757.10| 62934.—| 63 | 39050.07! 20512 58,3 2400.56 3233 3880.16 65982.78| : 21494.11 11279.061171952.88 2266 2707.22 |54846.91! : 20250.62 10619. 68/162004.96 4623 5526.16 22441.42 3: 19448.33 10211.29155586.64 La question ne peut être passée sous silence, si, à côté de l'industrie du sel et du phosphate, il n'y a pas d’autres branches
d'industrie ou d'agriculture qui puissent faire prospérer la colonie.
Hélas! la réponse n'est nullement encourageante. Les efforts du Gouverneur von Raders ont prouvé le peu de chance d’une culture avantageuse. Peut-être devrait-on prendre en considération de renouveler la culture des cocotiers, sur laquelle M. Bisschop Grevelink nous a fourni les plus amples renseignements. L'ile de Saba ne serait-elle pas propre à la culture du quinquina?
Dans Bonaire seulement il y a une briqueterie, dont les Rapports coloniaux nous informent toujours qu'elle donne de bons résultats ; cependant dans celui de 1886, il est dit qu'elle ne fonctionnait pas au commencement de cette année, mais qu'elle a repris ses travaux dans la seconde moitié de l’année.
Les travaux dans les mines de soufre à Saba restèrent interrompus, probablement faute du capital nécessaire.
L'espérance que les travaux dans les mines d'or d'Aruba seraient repris, ne s'est pas encore réalisée. L exportation de l’oren 1879 monta à 38.59 kilogrammes. En 1881 on s’occupa peu de l'exploitation de cet article, ,quoiqu'on croie généralement” — ainsi parle le Rapport colonial — ;,qu'elle doit fournir de bons résultats.” Dans le Rapport colonial de l’année précédente il est dit : »quoique les recherches des veines métalliques, depuis longtemps mises en oeuvre dans Curaçao, n'aient pas produit de résultats satisfaisants, les travaux coûteux exécutés dans la partie occidentale de l'ile, ont paru légitimer l'attente d’un meilleur résultat.” Un rapport suivant mentionne que ces recherches ont cessé depuis quelque temps.
Par suite d’un ordre du Gouverneur de Curaçao, dans les mois de mars et avril 1884, il fut fait des recherches sur les minéraux de l’île
d’Aruba, importants pour l'industrie. Le rapport à ce sujet fut inséré
dans le Rapport colonial de 1883 (III, Curaçao, Annexe B n°. 3). Il y est dit que l'intérieur et les hauteurs le long de la côte orientale de la partie septentrionale se sont formés successivement par la formation de la chaux, augite (probablement diorite), la formation d'ardoise et la syénite, tandis que la moitié méridionale est formée de syénite, d'augite, de la formation d’ardoise et de chaux. Le terrain inférieur est couvert, pour la plupart, d’alluvion. Dans la syénite et l’augite surtout, mais aussi dans la formation de l’ardoise, il se trouve des veines de quartz qui renferment de l'or, métal qu'on fouille depuis longtemps. M. le dr. Epp visita les plus grandes des mines existantes, mais aussi beaucoup de petites. Partout les fouilles avaient cessé, et dans les mines les plus profondes il y avait de grandes quantités d’eau qui y avaient pénétré. D'’ailleurs il lui parut que les veines d’or avaient été fouillées en partie, et que beaucoup d'ouvrage avait été laissé à faire pour l'avenir. Les veines fouillées renferment aussi de petites quantités de fer sulfureux et d'oxyde de fer.
Près de Balasti il y a une mine qui a été fouillée pour du minérai de cuivre. La quantité trouvée de minérai de cuivre, de malachite etc. n'était suffisante pour encourager les entrepreneurs à fouiller la mine plus longtemps. Le dr. Epp examina les dites formations dans diffé rentes directions, mais il n’y trouva pas de minéraux qui n'avaient pas été fouillés jusqu'ici et pourraient être utiles à l’industrie. D'un autre côté, il indique la fréquence de la syénite en blocs, qui surpassent parfois la dimension de 20 pieds et qui se trouvent surtout à l'intérieur de la moitié nord de l'île, et aussi sur les hauteurs de Sabanita. Cette pierre, travaillée en Europe pour plaques de trottoirs, monuments funéraires, piédestaux de statues, réservoirs, etc., pourrait devenir un article d'exportation. Le sable blanc et fin de quartz des dunes de la côte orientale, pourrait être aussi d’une grande importance pour l’industrie de la verrerie et de la vaisselle de terre. La plus grande quantité se trouve au N. E. d'Adicuradi dans un endroit, qui, d'après cé que le dr. Epp a entendu dire, portait le nom de Sandoe Grandi.
Mais ce savant ne fit pas de nouvelles trouvailles de phosphorite. L'existence de ce minéral à Seroe Colorado date déjà d'assez longtemps et la quantité en provision est immense en proportion de celle qui a été exportée déjà.
On voit par ce rapport du docteur Epp qu'Aruba est à même de fournir encore de grands avantages au monde industriel. Mais
où est l'initiative ?
Quant à l'agriculture, le Rapport colonial de 1883 écrit : » Si l’on pouvait, en perçant des puits artésiens ou de Norton, pourvoir à l'arrosement du sol dans les vallées de Curaçao, l’agriculture et l'élevage du bétail pourraient y former une branche importante de subsistance. Le gouvernement est donc d'avis de faire une enquête
sur la possibilite du percement des puits, aussitôt qu'il pourra disposer d’un expert.”
Le même Rapport communique aussi, »que la culture d’orangers et de dividivi, si l’on veut y mettre des soins et de la peine, rapporte de grands avantages, mais que la plupart des propriétaires se contentent de ce qui existe et ne se sont pas avisés de mettre la main à l'oeuvre.”
Dans son Histoire naturelle et morale des Iles Antilles de l'Amerique Rochefort écrit, par rapport à la culture de l’île de St. Eustache: »On aurait peine à croire la grande quantité de tabac qu'on en a tiré autrefois, et qu'on en tire encore journellement”.
Il y a 40 ans que toutes les parties unies et peu inclinées de l'île étaient plantées de sucre. ,,Le sol”, dit le plus récent visiteur de cette île, M. le Dr. Molengraaff, » consiste en un sable très-fin et est très-fertile, mais par sa grande porosité, il laisse l'eau pénétrer trop vite, ce qui, en temps de grande sécheresse, peut occasionner une récolte manquée. Dans les trente dernières années, la culture a beaucoup diminué et après l’'émancipation des esclaves la culture des productions agricoles en grand a bientôt cessé entièrement.” ,,Le sceau d'une ruine irréparable’”’, ajoute le savant auteur, , l'émancipation l'a imprimée inexorablement sur cette contrée.”
Ces communications parlent par elles mêmes et nous nous abstenons d'y ajouter quelque commentaire; nous aimons mieux, en définitive, démontrer que, si la volonté existait seulement, il y aurait à tirer un grand parti de l’état climatologique favorable dont Curaçao peut se réjouir.
Comme dans le désert aride”, écrit notre compatriote J. Kuyper, le géographe et cartographe digne de tant d’éloges, ..les seuls endroits qui se distinguent par leur humidité et leur fertilité, prennent le nom d'oasis et procurent au voyageur tant de repos et de rafraichissement, le même nom peut être appliqué à bon droit à Curaçao qui, relativement aride, se trouve au milieu des côtes fertiles, mais marécageuses et par conséquent extrêmement malsaines, le long de la mer Caraïbe; île dont le sol sec et la température douce offrent également repos et rafraîchissement à ceux qui,
après un séjour énervant dans ces Parages de la côte, si nuisibles à l'homme, se voient obligés de chercher leur rétablissement ou bien de nouvelles forces.
»C'est justement cette sécheresse de l'atmosphère, causée par un vent alizé très fort, règnant Ja plus grande partie de l’année, qui rend notre colonie à présent improductive si importante qu'elle a peut-être la perspective d’un bel avenir; or, nous savons que le canal de Panama est en voie d'exécution et que, au nombre des difficultés que ce travail colossal présente, la question de l’insalubrité de l'isthme dans la longue saison pluvieuse est une des plus importantes.
»A l’occasion du congrès de Paris nous avons indiqué déjà que la Société du canal interocéanique ne Pourrait faire œuvre d’une plus grande sagesse que de tâcher d'employer Curaçao comme séjour réparateur pour les forees épuisées et comme magasin pour la grande quantité de machines et de matériaux. qui, pour autant qu'ils ne servent Pas encore aux travaux, sont exposés, dans le climat humide de Colon et des contrées adjacentes, à une corruption rapide. Curaçao, Par Son climat, est propre, Par excellence, à ces dépôts; la situation en est assez favorable, comme étant juste dans la direction des vaisseaux venant de l'Europe; le port en est magnifique, et dépasse tous les autres, il est sûr, profond, pourvu de quais et les Ouragans, qui sont le fléau de tant d'autres Antilles, y font bien rare leur apparition.
»Il n’y eut personne qui éleva sa voix pour nous contredire, mais notre parole ne fut Pas assez efficace pour anéantir la Concurrence de la Martinique, de la Guadeloupe et de quelques autres ports voisins. Tout en resta là provisoirement, mais l'attention était fixée sur Curaçao et le temps devait faire le reste.
»C'est ce qui arriva en effet et par de tristes circonstances: un grand nombre d'ouvriers, qui ne purent s'accoutumer à la tempérance, ont déjà succombé. La fièvre jaune fit aussi son apparation cà et là, et deux hommes, indispensables dans le sens le plus étendu du mot. tombèrent victimes du climat funeste, par suite de leurs efforts infatigables, savoir l’ancien officier de marine,
Bionne, la main droite de M. de Lesseps, et le chef technique infatigable, M. Blanchet. C’est probablement Par suite de ces décès qu'on nous à fait l'invitation de fournir des renseignements sur le climat de Curaçao qui à présent excite l'attention de la direction du grand travail.”
Depuis l'apparition de ce qu'on vient de lire, dans le VIe volume de la Revue de la Société géographique, il est écoulé plus de cinq
années.A-t-on donné suite à l’idée énoncée? La plus grande ennemie des Européens travaillant au percement de l’isthme de Panama c’est la fièvre jaune. Le Gouvernement de Curaçao consentira donc difficilement à recevoir les malades qui sont évacués. Mais en refusant cette catégorie de patients, on pourrait recueillir d’autres malades. A-t-on fait des démarches pour faire de l’île un lieu
réparateur pour des malades, excepté ceux de la fièvre jaune? A-t-on fait des efforts pour atteindre ce but? A-ton fixé l'attention des étrangers, soit par l'intermédiaire de notre gouvernement par
ses agents consulaires, soit par l'initiative particulière, sur l’état salubre du climat de Curaçao? L'initiative particulière, tendant à satisfaire aux besoins de ces attraits sans lesquels un lieu réparateur ne peut exister ou jouir de renommée, se fait-elle toujours attendre ?
Jusqu'ici nous espérons encore toujours. Les espérances que le Gouvernement colonial fit concevoir lors du vote du budget pour 1886, nous les faisons nôtres. Nous aussi, nous espérons que l’avenir de la colonie réserve quelque chose de mieux qu'une diminution annuelle de recettes et de dépenses, qu'une décadence continuelle et enfin une mort lente. Mainte époque sombre dans l’histoire de la Patrie fut suivie de jours de lumière et de prospérité. Nous croyons avec le Gouvernement que Curaçao est en droit d’espérer de meilleurs temps; nous partageons sa confiance que tout moyen raisonnable et bien réfléchi pour assurer le bien-être futur de la colonie trouvera l'appui de la population et de ses représentants. Cet avenir est à nous, si nous sommes animés du même esprit courageux qui distinguait nos ancêtres énergiques, qui nous laissèrent les Antilles en héritage pour en tirer le plus grand profit, comme ils le faisaient eux-mêmes.