CHAPITRE XXIV
La loi de deux ans,
Ils couvent des œufs de basilic.
Celui qui mange de ces œufs mourra.
Is., lix, 5.
Le général André la propose. — Le gouvernement refuse de consulter la Commission supérieure de l'armée. — Représentations du général Billot, de M. Mézières. — Ce que dit la presse. — En 1907, nouvelle diminution de force infligée à l'armée. — Observation de la Gertnania. — Avertissement du Ministre de la Marine anglaise. — Guillaume II exhorte ses soldats à se donner les vertus guerrières. — Nos gouvernants, eux, vont partout préparer les esprits à... la séparation de l'Église et de l'État. — « Nous allons à une défaite. » — L'Allemagne fait ses préparatifs et ne cache pas son ambition.
Alors que tout Français, Français d'esprit et de cœur, voyait avec une inquiétude croissante de jour en jour , l'Allemagne préparer la guerre qu'elle voulait faire à la France : chez elle, dans ses états-majors, dans ses casernes et ses arsenaux ; chez nous par l'établissement de fermes, d'usines, de maisons de commerce, jalonnées sur les territoires à envahir ; c'est alors, dis-je, que nos gouvernants disaient aux Allemands par leurs actes : Le terrain est préparé pour vous, vous pouvez venir.
Ils continuèrent donc à réduire le temps du service et par conséquent à diminuer l'effectif de notre armée.
Dès 1901, le général André avait saisi le Parlement d'un projet qui réduisait à deux ans la durée du service militaire, affirmant que la suppression de toutes les dispenses laisserait à
l'armée le même nombre de soldats. Il fut cependant obligé d'avouer que l'effectif de nos troupes serait, avec la nouvelle loi, de cinquante mille hommes inférieur à celui que la loi de 1889 lui fournissait. Au Sénat, ce fut un médecin qui fut chargé du rapport. Il y fît entrer ces billevesées : ce L'éducation militaire peut s'acquérir ailleurs qu'à la caserne. En réalité, le courage, le sentiment du devoir, le respect des chefs, le dévouement à la patrie sont des vertus civiques. C'est dans la famille, à l'école, dans la société qu'on s'y forme le mieux » ; dans la société que la République s'efforçait de démoraliser, dans la famille qu'elle avait désorganisée, et dans l'école où se donnaient les enseignements patriotiques que nous avons signalés.
Le Gouvernement se refusa obstinément à demander l'avis de la Commission supérieure de l'armée. Il n'écouta ni les conseils, ni les avertissements des hommes compétents qui siégeaient à la Chambre et au Sénat. Quand le général Billot conjura ses collègues de ne pas porter une atteinte si grave à notre organisation militaire, l'organisateur des défaites de 1871 et le donateur de l'Egypte à l'Angleterre, M. de Freycinet, répondit que l'armée ne serait nullement affaiblie, et il se porta garant devant l'Assemblée et le pays de l'efficacité du service de deux ans.
M. Mézières montra que la nouvelle loi faisait peser la plus lourde partie des charges militaires sur les indigents, sur les soutiens de famille, sur les demi-infirmes ; qu'en supprimant une classe entière on affaiblissait l'armée dans les proportions les plus inquiétantes. Bien d'autres observations furent faites, elles n'empêchèrent pas le Sénat de décider, le 21 janvier 1905, que la nouvelle loi serait mise en vigueur dans le délai d'un an, c'est-à-dire avant les élections législatives. Pendant la période électorale, les journaux dévoués au gouvernement pourraient ainsi faire sonner le grand bienfait que la République venait d'accorder au peuple, la diminution d'un tiers de présence au régiment. Une fois encore l'intérêt personnel des parlementaires l'emportait sur le souci de la défense nationale; et puis, l'anticléricalisme faisait ce grand profit: les séminaristes et les prêtres, au heu d'être versés dans le service de santé, allaient enfin porter le fusil et avoir le sac au dos.
M. Henri Fouquier avait qualifié cette loi « bête et scélérate ».
Le Journal des Débats avait dit : « loi qui mène tout droit à la folie ». M. Hector Penard, dans la Petite République, mettait en doute la sincérité « des farceurs qui votent cette loi, tout en la blâmant... tout bas ».
Une remarque déjà faite s'impose de nouveau ici. Des protestations semblables se sont fait entendre dans les mêmes journaux contre les lois de laïcité de l'enseignement, de la suppression de l'aumônerie militaire, de l'abolition du repos du dimanche, du divorce, etc., et plus tard, celle de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Toutes ces lois n'en ont pas moins été votées même par les rédacteurs ou les actionnaires des journaux qui les avaient appelées ou laissé appeler « bêtes ou scélérates ». L 'explication de cette conduite double, et en apparence si contradictoire, est tout entière dans ce mot : Il faut préparer V opinion. Non pas que nous voulions dire que tous ceux qui ont signé les articles auxquels nous faisons allusion aient voulu personnellement tromper le public ; non. Mais qu'ils l'aient voulu ou non, ces articles entraient dans le plan de la Franc- Maçonnerie et de la juiverie, qui ont la haute main dans les bureaux de rédaction.
La Franc-Maçonnerie voile ses desseins sous ces mots : paix dans les familles, laïcisation dans les écoles, égalité de service pour la patrie, séparation de l'Eglise et de l'Etat. Pendant un an ou deux, tous ses journaux forgent sur ces mots des sophismes qui aveuglent les esprits. Viennent alors les projets de loi qui ne peuvent être si habilement faits qu'ils ne laissent entrevoir, même aux esprits les plus bornés, la réalité du but qui est poursuivi. C'est alors que les journaux qui, durant quelques années, ont travaillé à cacher ce but sous des mots trompeurs et des raisonnements pervers, se mettent à l'unisson avec l'opinion publique et protestent avec elle. A la faveur de ces protestations la loi peut être discutée. Laissons ces fous déraisonner, dit-on de toutes parts ; jamais une telle loi ne pourra être promulguée ; si la Chambre des députés la vote, le Sénat la repoussera. Elle est, en effet, votée par la Chambre des Députés et, de là, portée au Sénat, qui la discute à son tour. Il la modifie, ou la rejette. Un an, six mois après, elle revient à la Chambre des Députés. L'opinion publique s'est faite un peu à ce qui l'avait tant effarouchée d'abord. La Chambre vote une seconde
fois, et, grâce à un incident politique que l'on fait naître, ou aux menaces que Ton fait entendre, le Sénat suit, la loi est faite. Le bon public dit : Il fallait bien s'y attendre, et les journaux qui l'avaient blâmée, se mettent à la besogne pour dire qu'elle n'est pas sans offrir des avantages. Les choses se sont ainsi passées pour la loi de deux ans, comme pour les lois du divorce, de la laïcisation, etc. Malgré les instances les plus justifiées, le gouvernement s'était obstinément refusé de faire connaître au Parlement l'avis des chefs de l'armée, siégeant au Conseil supérieur de la guerre. Il aurait dû dire aux Chambres qu'au sentiment de ces juges compétents, le service de trois ans n'avait pu qu'à grand 'peine former de vieux soldats, leur donner l'instruction technique et l'éducation morale qui font la valeur des armées, et qu'on ne pouvait diminuer ce temps de formation d'un tiers. Parlement et Gouvernement auraient été vendus à l'Allemagne qu'ils n'eussent point agi autrement qu'ils ne l'ont fait.
Cette nouvelle loi ne s'est point contentée de réduire à deux ans le temps du service, elle a abaissé de vingt-huit à quinze jours la période annuelle d'instruction pour les réservistes, et de treize jours à six jours la période d'instruction pour les territoriaux ; de plus, elle a assujetti les élèves de nos grandes écoles militaires à deux années de caserne comme simples soldats entre leur admission et leur entrée dans ces mêmes écoles. Par toutes ces mesures un coup fatal était porté à l'instruction militaire des officiers et des soldats, et aussi au commandement par l'encouragement donné à l'indiscipline, car elle a aussi diminué de moitié le ce rabiot », auquel sont astreints les soldats condamnés à la prison ou à la cellule. Ce n'était donc pas contre l'Eglise seulement que la nouvelle loi était faite, mais bien aussi contre l'armée elle-même.
Ceux qui n'avaient point au cœur la haine de l'Eglise se laissèrent persuader, pour donner à cette loi néfaste l'approbation de leur vote, qu'il suffirait à la sécurité de la nation d'avoir une armée faite pour la défense. Ils avaient pu cependant entendre ce qui avait été dit au Reichstag :
« L'histoire nous enseigne l'obligation de prendre l'offensive, car c'est à l'offensive que la Prusse a dû ses succès. La politique exijre des victoires dès le début de la guerre, afin d'éviter l'invasion... Malgré le perfection-
nement des armes à feu, l'offensive n'en restera pas moins, dans l'avenir comme dans le passé, la meilleure méthode de guerre. Le gouvernement réclame seulement autant de soldats qu'il en faut pour transporter le théâtre de la guerre sur le territoire ennemi. »
Le général de Sesmaisons avait donné à nos représentants la même leçon, dans son livre Hier et aujourd'hui. Les troupes de la Commune et la loi de deux ans.
Au cours de la discussion de cette loi, un ex-ministre, M. de Lanessan, tout républicain radical qu'il était, reconnut qu'avec le service de trois ans nous avions les deux tiers des hommes de chaque compagnie pourvus d'une instruction suffisante à un moment quelconque de l'année ; mais qu'avec le service de deux ans, nous n'en aurions plus que la moitié. « Si la France, ajoutât-il, était attaquée à l'époque de l'incorporation des recrues, dans une compagnie de cent trente hommes, soixante-cinq soldats auraient un an d'instruction, et soixante-cinq ne sauraient rien, car ils ne feraient que d'arriver ».
Pour toucher aux lois militaires il eût fallu, comme le dit un. jour le général Cherfils, « à la place de l'équipe de valets des Loges qui, ici, représentent l'Etat, avoir un gouvernement fait de gens de France, ayant pour appui la confiance et le cœur de la France et pour unique ambition la grandeur du pays ».
La grandeur du pays et même son honneur, que d'événements vinrent montrer que rien n'était plus éloigné de l'esprit et du cœur de ces valets des Loges.
Cette loi de deux ans qui rendait la défense elle-même si précaire, ils la voulurent plus insuffisante encore qu'elle n'était. En 1907, un député socialiste, M. Colliard, interprétant inexactement la loi de J 905, proposa de renvoyer dans ses foyers la classe de 1903. Le général Picquart, lui-même, déclara que ce renvoi, enlevant cent mille hommes à l'armée, provoquerait, dans la cavalerie notamment, un véritable état de crise, et ferait courir de grands dangers à la défense nationale. Mais la Chambre se souciait bien de la défense nationale ; seules, la défense laïque et la défense électorale l'intéressaient. A la presque unanimité elle décida que la classe de 1903 serait renvoyée le 12 juillet ; et le Sénat dit : Amen.
La loi de deux ans de service, même après toutes les adjonc-
tions qu'elle reçut, ne remplissait pas encore les vœux de la Maçonnerie. Le 23 octobre 1898, la Loge de Dijon où s'étaient rendus les F.*. Paillard, Dequoise et Desmons ainsi que de nombreuses délégations ; puis, le 29 novembre, trente Loges parisiennes réunies ; enfin le Convent de cette année émirent le vœu de la suppression des armées permanentes après la réduction du service militaire à un an !.
La Germania, journal catholique de Berlin, apprécia en ces termes les actes que le Gouvernement et le Parlement venaient de commettre :
« Il y a certainement une situation aussi délicate qu'étrange dans ce fait qu'au moment où les événements qui s'accomplissent en Europe, dans l'Afrique méridionale et dans l'Extrême-Orient s'imposent de la façon la plus impérieuse à l'attention de toutes les nations qui veulent sauvegarder leurs intérêts matériels et leur influence politique, on s'applique en France à combattre le soi-disant esprit militaire et à opérer dans l'armée des réformes qui doivent avoir pour effet d'affaiblir sa valeur. Et tout cela arrive à un moment où, comme les adversaires du Gouvernement le font observer fort justement, l'attitude de l'Angleterre apparaît de plus en plus menaçante et provocante, et où l'on devra compter dans tous les cas avec la convention anglo-allemande dont on ne connaît pas la portée 2. »
Ce n'est pas faute d'avertissements que le Parlement et le Gouvernement se lançaient ainsi en aveugles dans les réformes, ou plutôt les déformations, que nous venons de dire. Lors de la première loi de désorganisation de l'armée, en janvier 1889, Lord Wolseley avait donné celui reproduit ci-dessus. Un de ses collègues, M. Winston Churchill, ministre de la Marine anglaise, déclarait dans le même temps la guerre de plus en plus inévitable, et voici le pronostic qu'il en tirait :
« Personne ne peut considérer les conséquences d'une guerre générale; la cause originelle de cette guerre serait perdue dans les questions plus grandes et plus terribles qui surgiraient.
» Nul ne peut dire qu'il soit une seule grande puissance susceptible d'échapper au cataclysme.
» Nul ne peut dire dans toute l'Europe qu'i7 est une institution qui, à la fin de la crise, sera restée debout.
» Tout pourra être jeté dans Vabîme. L'œuvre de destruction opérée dans l'espace de quelques semaines ou de quelques mois, pourrait à ce point atteindre notre vie économique et sociale que nous serions plongés dans la désolation et la barbarie 3. »
i. L'Allemagne cherchait alors à s'attacher l'Angleterre comme elle 9'étail attaché l'Autriche et l'Italie.
2. Voir la pétition contre la Franc-Maçonnerie, rapport do M. Frache, p. 75.
3- Qu'eût pronostiqué M. Churchill, si un ange était venu lui dire : L'œii-
Aucun de ces avertissements ne put émouvoir nos législateurs. La loi de deux ans fut votée, avons-nous dit, le 28 mars 1905. Dans la quinzaine qui suivit, deux graves manifestations se produisirent au-delà de nos frontières, qui montrèrent la satisfaction et les encouragements que cette loi avait apportés à ceux qui devaient se déclarer nos ennemis. Guillaume II, parlant à Strasbourg devant les officiers convoqués et réunis, évoqua devant eux la leçon qui se dégageait de la guerre de Mantchourie, et il leur montra la cause des cruelles défaites essuyées par les Russes. Puis il recommanda à ses soldats de cultiver en eux les vertus guerrières qui les rendront aptes à remplir les devoirs qui leur incomberont un jour ou l'autre. La même semaine, M. Balfour prononça à Londres, aux Communes, un des plus suggestifs discours que jamais Parlement ait entendus. Il traita des devoirs que l'armée anglaise aurait à remplir dans le cas où une grande Puissance étrangère tenterait de débarquer sur la côte anglaise une armée d'invasion.
Chez nous, nos ministres avaient bien d'autres préoccupations: M. Berteaux, ministre de la Guerre, rendait visite à ses électeurs de Poissy, et M. Clémentel, ministre des Colonies, l'accompagnait. Tous les deux parlèrent de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. M. Dubief, ministre du Commerce, pérorait à Lille, il parlait de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. M. Bienvenu- Martin, ministre de l'Instruction publique, conférait à Auxerre, il parla de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. M. Ruau, ministre de l'Agriculture, parlait à Nîmes, il disserta de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. M. Bérard, ministre des Postes et des Télégraphes, discourait aussi dans l'Ain, à Villebois, il parla de la séparation de l'Eglise et de l'Etat.
Rien, dans la bouche de ces messieurs, pas un mot de la défense nationale, de la conservation de la patrie et du rayonnement de son influence ; rien de ce qui était l'objet des plus vives sollicitudes des hommes d'Etat anglais, allemands, etc.
Il est à remarquer que ceux des anciens ministres qui n'étaient pas en ce moment au pouvoir et qui espéraient bien y revenir,
vre de destruction ne sera pas une œuvre rapide de quelques semaines ou de quelques mois, elle aura tant d'années pour plonger l'Europe et le monde dans la désolation et la barbarie, pour tout jeter dans l'abîme. Que restera-t-il sur terre, hors de l'abîme, à la cessation des hostilités?
parlèrent sérieusement. M. de Lanessan, ancien ministre de la Marine, publia une série d'articles où il déclarait que nos troupes de couverture n'existaient pour ainsi dire que sur le papier; qu'en tout cas leurs effectifs réels étaient absolument insuffisants. Sa conclusion était que la préparation militaire de l'Allemagne, la rapidité de sa mobilisation et de son attaque nous condamnaient à l'écrasement fatal. Enfin, parlant des menaces que l'Allemagne venait de nous faire, il rappelait le mot par lequel M. Rouvier avait justifié le renvoi de M. Delcassé : « Nous allions certainement à une défaite ».
Cependant, l'Allemagne continuait toujours ses préparatifs : chez nous, par tous les postes dont elle prenait possession et dont l'Action française ne cessait de nous informer; et chez elle par les budgets de la Guerre et de la Marine qu'elle grossissait d'année en année. « C'est, disait le Kaiser au Reichstag de 1912, afin de soutenir la dignité de l'Empire ». Un journal du royaume de Saxe, cité par la Gazette de Lausanne, était plus franc :
« Nous travaillons à l'établissement d'une Allemagne germanique puissante, à laquelle devront se rattacher les territoires aujourd'hui séparés de l'Empire, mais qui jadis lui ont appartenu, sous la constitution en un Etat unique de l'Europe centrale. Il faut que l'Allemagne et l'Europe centrale soient des termes synonymes... Nous voulons la Flandre, l'Artois, la Picardie, la Champagne, la Lorraine, la Bourgogne, la Franche-Comté. Ces pays de souche germanique doivent faire retour à l'Empire. »
Nos gouvernants s'appliquaient, eux aussi, à nous tenir les yeux ouverts, mais c'était pour y jeter de la poudre.
Quand, au Sénat, le général Billot avait adjuré ses collègues de ne pas porter, par la loi de deux ans, une atteinte si grave à notre organisation militaire, M. de Freycinet, d'un ton doucereux et insinuant, avait demandé à l'Assemblée de ne pas écouter les généraux. Il répondait de l'armée nouvellement organisée, disant qu'elle ne serait ni diminuée, ni affaiblie. Il se portait garant, devant l'Assemblée et le pays, de l'efficacité du service de deux ans.
L'expérience ayant démontré combien néfaste était la loi préconisée et garantie par les politiciens de l'espèce de de Freycinet, il fallut bien supprimer l'œuvre néfaste de 1905.
En 1913, le danger était devenu si évident que, d'urgence, les ministres durent présenter et les Chambres voter une loi
nouvelle, assez mal conçue et assez mal équilibrée, qui, sous aucun rapport, ne valait la loi si sage et si pratique que les politiciens parlementaires avaient abrogée en 1905.
Si le pays eût continué de vivre sous le régime du service de trois ans, on n'aurait pas été obligé de dépenser les énormes sommes nécessaires pour remettre l'armée en état de défense et cette défense eût été mieux assurée.
L'aventure des expéditions coloniales et les lois militaires faites pour désorganiser et affaiblir l'armée ne furent point les seuls moyens suggérés par la secte et mis en œuvre par ses valets, pour faire de la France une proie facile à saisir et à digérer. Il y en eut d'autres. Nous avons à les exposer l'un après l'autre, demandant pardon à nos lecteurs de raviver leurs douleurs patriotiques.