‹ Les pourquoi de la guerre mondiale (volume 3)Chapitre 34 sur 98 · II. — ECLAIRCISSEMENTS · texte numérisé non relu

II. — ECLAIRCISSEMENTS

A chacun de ces avertissements providentiels, on entendit les jeunes générations formées à l'école sans Dieu, invoquer les lois immuables de la nature pour écarter l'intervention de Dieu. Les gens sensés ne peuvent s'empêcher dans une telle série de malheurs publics, — et nous ne les avons point relevés

Rouge, par la comtesse d'Haussonville, -par les religieuses qui ont prodigué leur argent, leur temps, leur peine, leurs soins les plus dévoués aux victimes infortunées de l'inondation.

8. Dans tous ces sinistres, l'âme française ne manqua pas de se montrer. I.ors de la collision entre Le Brenmis et La Framée. ce dernier vaisseau se coucha instantanément sur le côté, chavira, la quille en l'air, et sombra, entraînant dans le gouffre les hommes qui le montaient. Le commandant Mauduit-Duplessis aurait pu sauver sa vie. Un quartier-maître du Brenmis parvint avec son embarcation à s'approcher de lui, et lui offrit sa ceinture. Le sauvetage de l'officier était assuré. Il préféra rester à son poste et périr comme le devoir le lui commandait. On l'entendit invoquer Dieu, se tourner vers ses hommes et leur dire : (c Courage ! Tâchez de vous sauver. Adieu ! » Et les flots l'engloutirent.

QUELLE EXPLICATION DOXNER ? 193

tous, — de réfléchir et de demander s'il n'y a point quelque

rapport entre eux et la situation morale et religieuse du pays

où ils se produisent, entre les péchés de l'homme et la justice

de Dieu. Ils approuvent ces paroles de Mgr Gerbet répondant

à ceux qui demandent pourquoi Dieu a-t-il fait le monde ainsi ?

Est-ce qu'il n'aurait pu, avec sa puissance et son intelligence

infinies, organiser la nature de telle sorte qu'elle n'eût offert

que les traces de son infinie bonté ?

ce Sans doute il eût été libre de le faire, comme il a été libre de choisir l'ordre actuel. D'où vient donc qvi'il a préféré un plan où sa bonté semble, à en juger par les apparences, être en défaut, où elle recule en quelque sorte, pour faire place à quelque chose qui n'est pas elle ?

» La philosophie humaine cherchera tant qu'elle voudra le mot de cette énigme : elle n'en trouvera pas de meilleur que celui qui est suggéré par la foi.

» La foi nous dit que le monde des corps n'a pas sa raison d'être en luimême et qu'il n'existe qu'en vertu de son rapport au monde des esprits ; que Tordre matériel est adapté à l'ordre spirituel ; que les combinaisons de l'un sont coordonnées aux convenances de l'autre ; que Dieu a voulu qu'il y eût des tempêtes dans la nature parce qu'il y a de coupables orages dans le cœur de l'homme ; que les fléaux pestilentiels ont été prédestinés à punir les épidémies qui ravagent les âmes; qu'en un mot, le mal moral, dans sa marche à travers le monde, est condamné à traîner sur ses pas dés maux physiques, comme un corps en mouvement traîne son ombre après lui. Dieu a jugé qu'un univers matériel, qui ne serait que le serviteur de sa bonté, serait moins digne de sa sagesse que celui qui est aussi le ministre de sa justice. Nous concevons ainsi que l'absence apparente de sa bonté dans les calamités du monde physique est, au fond, la présence de sa justice dans le monde moral, et que ce qui semble être un désordre particulier n'est en réalité qu'une sublime condition de Tordre vmiversel. » Cette doctrine est résumée, sous ime forme touchante, dans une prière que l'Eglise a prescrit à ses ministres d'offrir à Dieu dans les temps de mortalité. Elle est conçue en ces termes : ce Faites, Seigneur, nous vous en supplions, que Toblation de ce sacrifice vienne à notre secours, afin que, par sa puissance, elle nous affranchisse de tous nos égarements, et qu'elle nous fasse échapper aux incursions de tout ce qui vient pour nous perdre. » Dans cette prière, l'Eglise a particulièrement pour but de prévenir ou d'arrêter les effets du fléau ; mais elle ne le nomme pas en première ligne, elle nous fait d'abord remonter jusqu'à son principe ; elle demande, avant tout, que nous soyons délivrés de nos péchés, parce qu'elle sait que les meilleures prières contre les maux physiques doivent commencer par reconnaître, avec une humble foi, qu'ils ont leur source première dans les désordres du monde moral, et qu'il faut détourner le cours de la justice pour retrouver celui de la bonté. y>

I.es lois immuables de la nature ne sont invocj^uées que par « les primaires ». Les savants, les vrais savants, et parmi eux ceux qui ont le plus illustré le génie humain, parlent plus clair, parlent comme la Bible, et comme les porte-voix de l'Eglise, f>arce qu'ils savent.

lf)4 CULPABILITÉ DU PUBLIC.

Ils savent que Dieu est le Créateur et le Souverain Maître de toutes clioses- Ils savent que Dieu, dans le monde, gouverne les êtres inférieurs par les êtres supérieurs, le monde matériel par les esprits.

Oui, ce sont les anges qui régissent l'univers et ce que l'on appelle lois de la nature n'est que la manifestation de leur activité réglée par la volonté divine.

Dans sa réponse à Baldad, Job, parlant de Dieu, l'appelle : « Celui sous qui se courbent ceux qui portent le monde )>®.

Lorsque Jehovah résolut d'envoyer la peste en Israël en expiation du péché de son roi, la Sainte Ecriture nous montre un ange chargé d'exécuter la sentence, (c L'ange, dit-elle, étendait la main pour détruire Jérusalem ; mais Jehovah dit à l'ange qui faisait périr le peuple : «. Assez! Retire maintenant la main ». A la vue de l'ange qui frappait son peuple, David avait dit à Jehovah : ce C'est moi qui ai péché ; c'est moi qui suis coupable, que ta main soit donc sur moi ^^^^ » .

Au livre III du traité de la Trinité, chapitre iv, saint Augustin nous dit que « toute la nature corporelle est administrée par Dieu avec le concours des anges. » C'est la pensée d'Origène, de saint Grégoire, de saint Thomas d'Aquin, etc.

(c Quand Dieu créa les purs esprits, dit Bossuet, autant qu'il leur donna de part à son intelligence, autant leur en donna-t-il à son pouvoir : et en les soumettant à sa volonté, il voulut, pour l'ordre du monde, que les natures corporelles et inférieures fussent soumises à la leur, selon les bornes qu'il avait prescrites. Ainsi le monde sensible fut assujetti à sa manière au monde spirituel et intellectuel ; et Dieu fit ce pacte avec la nature corporelle, qu'elle soit unie à la volonté des anges, autant que la volonté des anges, en cela conforme à celle de Dieu, la déterminerait à certains effets. »

Ce ne sont pas seulement les théologiens qui nous disent que les corps sont gouvernés par les esprits. On connaît les paroles de Newton et celles de Clarke, au sujet de la gravitation.

c( Newton s'est immortalisé, ohseroe J. de MaiHre, en rappor-

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