‹ Les pourquoi de la guerre mondiale (volume 3)Chapitre 38 sur 98 · S. Paul aux Romains, viii · texte numérisé non relu

S. Paul aux Romains, viii

nous. Les écrits périodiques les plus sérieux, même ceux qui se présentent avec le caractère le plus religieux, n'ont point cru devoir tirer de ces événements les conclusions qu'ils comportent. Ils parlèrent de ces tremblements de terre et autres catastrophes comme de choses qui se produisent dans tous les temps et qui n'apportent aucun enseignement, aucun avertissement, aucune exhortation à faire notre examen de conscience. Qu'il en fut ainsi pour un fait particulier, soit ; mais cette succession d'événements désastreux s'étendant sur une longue période ne devait-elle point engager à porter le regard du public vers le sage et divin dispensateur des biens et des maux ?

Notre génération a fermé les yeux, s'est bouché les oreilles, que dis-je ? Ces calamités sont devenues elles-mêmes des occasions, saisies avec empressement, de se procurer de nouveaux plaisirs, de nouveaux mo} ens de s'étourdir pour se dérober aux lumières de la conscience et s'empêcher de voir le spectre des fins dernières se dresser devant soi. Les choses étant ainsi, il ne restait plus à Dieu d'autre ressource que de laisser se produire, comme le dit Alexandre Dumas, la catastrophe qui apporte une démonstration tellement claire de sa volonté qu'elle ne laisse plus aucun doute.

Cette volonté est que la vie présente soit employée non à jouir, mais à mériter, non à nous livrer au désordre et au péché, mais à nous sanctifier : Hœc est voluntas Dei, sanctificatio vestra ^'^. Et comme la France n'est pas seule à s'être dévoyée, mais l'Europe, mais le monde, il fallait que la démonstration de cette volonté fût donnée à tout l'univers par un fait immense qui le rendît attentif d'une extrémité à l'autre et qui en même temps vînt purger la terre de ses souillures. Ce fut la guerre. A partir de 1911, il n'}^ avait plus eu de nouvelles calamités, a II s'était fait dans le ciel un silence ». (c Dieu s'avance, avait dit J. de Maistre aux débuts des guerres de la Révolution et de l'Empire, Dieu s'avance pour venger l'iniquité que les habitants de l'Europe ont commise contre lui. Laissons s'accomplir la justice de Dieu. Appliquons-nous à comprendre les leçons qu'il s'apprête à nous donner. »

C'est sur la France que le fléau sévit le plus durement ^^.

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