‹ Les pourquoi de la guerre mondiale (volume 3)Chapitre 41 sur 98 · CHAPITRE XÎI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XÎI

L'apostasie de l'Etat,

Crie à plein gosier, ne te 'letiens pas ; Fais éclater ta voix comme la tempête, Et dénonce à mon peuple son péché, A la maison de Jacob son iniquité.

Is., LVIII, 1.

L'attentat commis par la Convention contre Louis XVI voulut atteindre Jésus-Christ, le Roi des rois. — Les gouvernements qui suivent continuent et ag-gravent cette apostasie. — C'est une politique de suicide national.

M. Clemenceau a dit un jour :

« Depuis la Révolution nous sommes en révolte contre l'Autorité, divine •et humaine, avec qui nous avons, d'un seul coup, réglé un terrible compte le 21 ianvier 1793 i. »

I, Ces paroles furent dites à la tribune en forme de leçon donnée à M. Spuller, alors ministre, qui voulait agir autoritairement, comme le fait maintenant (1918) M. Clemenceau pour notre défense. Celui-ci ajouta ;

(( Napoléon, Louis XVIII, d'autres qui ont suivi, vainement essayèrent de recoller ce qui fut tranché ce jour-là. Ce n'est pas offenser M. Spuller que de lui faire observer qu'il a moins de prestige, et partant moins de chances de succès encore que ses prédécesseurs. Austerlitz lui manque et la petite fiole de Reims aussi....

» Sachez, Spuller, que vous n'êtes rien que par moi, simple citoyen français, cordonnier, maçon, ramoneur ; qu'il n'y a rien en vous que je n'y aie mis ; et que votre principe d'autoi;ité est un vieux lambeau de pourpre usé dont vous vous parez sans droit. Vous êtes chargé, non de restaurer l'autorité — pour cette besogne j'en aurais pris un autre — mais d'instaurer la liberté. >»

Pour restaurer V Autorité, fait dire Clemenceau au peuple de France, j'en aurais pris un autre. Lorsque le pouvoir aux mains de Clemenceau durant la guerre aura pris fin, le peuple de France verra-t-il qu'il est enfin temps de rentrer dans la soumission à cet autre, à celui qui peut être investi de V Autorité, qui peut être le chef, la tête ayant la vertu de faire circuler la vie dans tout le corps social ?

M. Clemenceau a rendu à la France de tels services que son nom ne doit plus être prononcé qu'avec gratitude. Cependant ses paroles et ses actes d'autrefois sont inscrits dans l'histoire de notre temps.

2i)i) CULPABILITÉ DE LA NATION.

Dans la personne de Louis XVI, les hommes de la Convention voulurent frapper non un homme, ni même un ]-oi quelconque, mais l'autorité du Christ, dont le roi de France était le ministre, de Clovis à Charlemagne, de Charlemagne à saint Louis, de saint Louis à l'auguste captif du Temple. C'est ce qui fit dire à Robespierre dans son discours du 13 novembre 1792 :

« Il n'y a point de procès à faire. liOuis n'est point un accusé. Vous n'êtes point des juges ; tous êtes des hommes d'Etat et des représentants de la nation. Vous n'avez point une sentence à rendre pour ou contre un homme, mais une mesure de salut public à prendre, un acte de providence nationale à exercer. Louis doit périr, parce qu'il faut que la patrie -vive 2. »

Qu'elle vive dans l'indépendance qu'elle vient de conquérir, en se mettant en révolte contre V Autorité, toute autorité divine et humaine, c'est en cela que consiste le péché national de la France qui depuis lors s'est aggravé de jour en jour. L'attentat commis contre Louis XVI, atteignit Dieu, souverain Maître des nations et plus directement Notre Seigneur Jésus- Christ dont nos rois se déclaraient n'être que les lieutenants et les sergents.

« Ce n'était point à l'homme, a écrit Lamennais, qu'on obéissait en France, mais à. Jésus-Christ. Simple exécuteur de ses commandements, le souverain régnait en son nom ; sacré comme lui, aussi longtemps qu'il usait de sa puissance pour maintenir l'ordre établi par le Sauveur-Roi, sans autorité dès au'il la violait s. »

Cette révolte contre Dieu et contre son Christ, non seulement n'a point été rétractée, mais, depuis cinq quarts de siècle, elle est le principal moteur de notre vie nationale. Elle est arrivée sous la troisième république au plus haut point d'insolence, et par conséquent de provocation à la divine Majesté. Faire reconnaître cela, exposer les développements de ce crime et le châtiment qu'il semble avoir appelé est le douloureux devoir qui s'impose à ce point de notre étude.

Donc, aux péchés personnels des Français, péchés si nombreux et si graves est venu se joindre le péché national — péché de l'Etat français, si ce n'est de la nation française.

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