‹ Les pourquoi de la guerre mondiale (volume 3)Chapitre 42 sur 98 · Du progrès de la Révolution, p · texte numérisé non relu

Du progrès de la Révolution, p

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Ce péché, l'un des plus grands qui puissent être, outrage Dieu plus que tout autre : il n'est pas étonnant qu'il ait appelé un châtiment exemplaire, et que ce châtiment exemplaire soit si dur. Il est moins étonnant encore qu'il soit si prolongé, car en pleine guerre a\"ec l'étranger nos gouvernants nous ont maintenus en guerre avec Dieu. Toute société est une personne morale, un être collectif, voulu par Dieu aussi bien que l'être individuel, puisqu'il a fait l'homme de telle sorte qu'il ne puisse vivre ni même naître, si ce n'est en société. A ce titre les sociétés relèvent du domaine divin comme les personnes. Or, l'Etat français a voulu qu'en fait et même a prétendu qu'en droit, la nation doit se mettre en dehors de la sujétion divine, que l'acte d'adoration lui soit interdit et que l'irréligion soit son état chronique et normal.

L'Etat français va plus loin. Il s'attaque directement à Dieu ; il va jusqu'à vouloir que Dieu ne soit point, ou si l'homme ne peut l'empêcher d'être, que l'on arrive à écarter son nom et son autorité non seulement des lois, des institutions et de toute la vie publique, mais qu'on s'applique à l'arracher de l'âme de tous ceux qui sont sous la main du gouvernement. L'Etat français fait cela, et il fait cela à la face du monde. Il a dit vouloir donner la France en exemple aux autres nations comme pouvant vivre et prospérer sans Dieu et à l 'encontre de Dieu. Personne ne niera qu'un tel excès d'impiété et d'audace ne dut appeler sur le coupable un châtiment qui retentisse jusqu'aux confins de la terre et de l'histoire.

Avant l'assassinat de Louis XVI, et même quatorze ans avant sa naissance, en 1740, avait été publié à Cologne un livre intitulé Réflexions sur VApocalypse. L'auteur montrait le cours que prendraient les idées répandues par les soi-disant philosophes. A la page 176 du tome II, était annoncé ceci : ce Le temps où les renégats eux-mêmes obtiendront une existence civile et légale n'est pas éloigné. Il aura lieu dans le siècle prochain ». C'est bien en effet au XIX® siècle que l 'hérésie d'abord, puis l'infidélité, puis l'apostasie des renégats obtinrent droit de cité en France. Napoléon T^ mit les sectes protestantes sur le même pied que l'Eglise catholique; Louis-Philippe fit entrer les Juifs dans cette confusion ; Napoléon III y appela les musul-

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inaiis; et la troisième République ne voulut être gouvernée (|iie par les Francs-Maçons, ennemis de toute religion, ennemis plus ou moins hypocrites de la Divinité*. L'auteur des Réflexions sur V Apocalypse ajoutait : « (''est la France qui donnera la première cet exemple à l'Europe » et il s'écrie : « Quel royaume a jamais été aussi favorisé ? et quel peuple a porté aussi loin l'ingratitude et le mépris de Dieu ? » Il termine en disant : « Mais l'exemple des malheurs que la France attirera sur elle sera capable de faire impression sur les autres parties de l'Europe. » Cela était dit, remarquons-le, dans un livre imprimé en 1740. Cet interprète de l'Apocalypse prophétisait : ce qu'il annonçait se réalise sous nos jeux. Nous avons, socialement parlant, apostasie, nous sommes en spectacle à l'Europe et au monde ; notre châtiment leur est donné en leçon, comme notre apostasie leur a été donnée en exemple.

Le premier pas qui fut fait après Robespierre, hors de la voie tracée par nos ancêtres,et qui conduisit à la séparation de l'Eglise et de l'Etat et à l'école sans Dieu, remonte à 1801. Lorsque Bonaparte voulut rétablir l'ordre dans la société bouleversée par la Révolution, il comprit que pour relever la France, il fallait commencer par restaurer le culte, le culte catholique, car nul autre n'eût été accepté, n'eût pu être offert ou imposé avec chance de succès, n'eût été viable. Or le culte catholique ne pouvait être restauré que par le Pape. Napoléon entama donc avec le Souverain-Pontife des négociations qui aboutirent au Concordat du 15 juillet 1801. La religion catholique restaurée eût dû être comme autrefois la religion de l'Etat. Il semble bien que la chose se présentait ainsi à l'esprit de Bonaparte, lors des premières ouvertures C[u'il fit à Pie VI. Mais bientôt, fut-ce de lui-même ou par la suggestion de la secte dont il était tributaire, il se refusa obstinément à rétablir l'antique culte national en tant que culte de l'Etat, bien que laissant aux individualités la liberté d'en pratiquer un autre. Le Pape, pour ne point tout perdre, dut souscrire à cet article: « Le gouvernement de la Répul)lique reconnaît que la religion catholique, apostoliciue et romaine est la religion de la grande majorité du peuple français ».

4- Dans la pensée et môme dans les écrits des initiés, le Grand-Architecte n'est point le Créateur du monde, mais Lucifer, le dieu de la société nouvelle r\ l'édification de laquelle travaillent les Francs-Maçons.

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Il n'y avait dans ces mots que la reconnaissance d'un fait, qui aurait pu ne pas être à ce moment, qui pouvait changer avec le t»enips, non la reconnaissance du droit que donne à l'Eglise catholique sa divine origine et du privilège unique que cette origine lui confère. Par cette rédaction, le Concordat reconnaissait à l'hérésie et même à l'infidélité, des droits, dans l'Etat, semblables à ceux du catholicisme, à raison du i:)lus ou moins d'importance de la fraction des citoyens qui en faisaient partie. Ces droits semblables devinrent bientôt des droits égaux, malgré l'énorme disproportion du nombre des adhérents; les droits égaux firent bientôt place à une situation privilégiée sous tous rapports, faite aux protestants et aux juifs, qui restaient toujours en nombre infime, très infime dans la nation. Le gouvernement de Louis-Philippe ne se contenta plus, comme celui de Napoléon I*""", de méconnaître l'institution divine de l'Eglise catholique, il déclara ne point tenir compte de la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ en accordant, dès 1831, et liialgré l'article vu de la charte de 1830, des faveurs indues de tout point, aux Juifs qui font profession de la nier et de la blasphémer. Vint enfin la troisième République qui répudia Dieu.

Comme le dit l'auteur des Réfleocions sur V Apocalypse, ce crime était plus outrageant pour Dieu, de la part de la France qu'il n'aurait pu l'être de la part d'aucune autre nation, car aucune n'a été favorisée comme elle par le Père des peuples, par leur Rédempteur et par son Eglise.

ce A dater du baptême de Clovis, dit Monseigneur Pie, une grande nation, une autre tribu d-e Juda commença dans le monde. » Et un historien, qui n'est pas évêque, qui n'est nullement disposé à voir dans les événements humains l'intervention divine, M. Th. Lavallée reconnaît que « la conversion de Clovis fut un immense événement. « Elle commença, dit-il, la grandeur des Francs et de la Gaule. Dès ce moment, ce pays devint le centre du catholicisme, de la civilisation et du progrès. Dès ce moment, il prit la magistrature de l'Occident qu'il n'a pas cessé d'exercer. »

c< Malheur aux peuples qui renient leur passé, » s'est écrié un libre-penseur d'esprit très moderne, M. Viollet-Leduc. ce II n'y a plus d'avenir pour eux ». Et M. Leroy-Beaulieu : ce Le jour où la France, pour obéir aux sommations de l'anticléricalisme,

aura lâchement abdiqué ses fonctions de grainde nation catholique, ce sera i:)our nous le signal de la décadence définitive, de r irrémédiable déchéance préparée par des maine françaises. La politique de l'anticléricalisme est, pour la PVance, une politique de suicide national. » La troisième République n'a point reculé devant ce suicide. Elle l'a rendu aussi inévitable qu'elle le pouvait, car non seulement, elle a répudié le culte national, la religion qui avait fait la France, qui avait été son âme et sa vie, mais elle a voulu rompre tout lien avec la divinité. Notre Gambetta, notre J. Ferry, notre Paul Bert, notre Viviani ^ et tant d'autres, se sont posés devant le monde comme supérieurs en intelligence et en savoir-faire aux hommes les plus éclairés que le genre humain ait vus et aux plus sages pasteurs qui aient dirigé les peuples. Ils ont déclaré se mettre à l'œuvre pour éteindre les étoiles du ciel et montrer au monde comment une société peut vivre et progresser sans Dieu ^.

ce Qui ébranle la religion, a dit Platon dans le dixième livre

5. Lorsque M. Poincaré vit les Allemands passer sur le dos de la Belgique pour se jeter sur nous, il ne vit personne à qui il pût remettre avec plus de sûreté les rênes de l'Etat qu'à ce même Viviani. Les l'équisitoirtes de M. Léon Daudet dans V Action Française et les révélations faites devant les tribunaux militaires ont fait connaître les trahisons contre la France, dont se sont rendus coupables ces ennemis de Dieu, Viviani et ceux qui lui succédèrent au pouvoir pendant les premières années de la guerre. M. Poincaré eut alors le courage de remettre les rênes du gouvernement aux mains de Clemenceau qui s'en servit avec le succès que l'on sait pour notre délivrance.

6. (( Nous voulons faire une humanité sans Dieu. » — Telle est la déclaration qu'un ministre du Cabinet Clemenceau, d'avant la guerre, aurait, faite à M. Jaurès.

M. Delahaye l'a dénoncée en 1909 à la tribune et il n'a pas été contredit. On peut donc tenir le propos pour exact.

Tous les actes gouvernementaux et législatifs de ce ministère (lequel du reste n'a fait que suivre la voie où s'étaient signalés ses prédécesseurs et où devaient marcher ses successeurs) établissent, avec la dernière évidence, que la persécution contre toute religion, contre Dieu même, est tout le fond du programme de la république maçonnique.

En 1904 avait eu lieu à Toulouse un congrès radical-socialiste, M. Buisson, président de la Chambre, y prit la parole et il dit : (( La séparation de l'Eglise et de l'Etat n'est pas un épisode accidentel dans la lutte contre l'Eglise. Ce n'est pas un acte de colère ; c'est l'achèvement rationnel de l'œuvre de laïcité de l'Etat.'»

Il a ajouté : « Nous pensons aujourd'hui qu'un peuple peut vivre sans » religion ; nous ne sommes pas des sectaires ( !). Ce que nous voulons faire, » c'est un essai d'organisation définitive du régime qui était contenu dans » les prémisses de la Révolution... )>

Rapportant ces paroles, ]\L Henry Déranger écrivit dans son journal L'Action: « 11 faut que la Libre-Pensée écrase l'Eglise avant 1906, sinon, c'est l'Eglise qui 1 écrasera. )>

Nous sommes en 1919. Depuis 1914, Dieu est entré en scène.

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des Lois, ébranle les fondements mêmes de toute société. » Et Xénophon : « Les cités et les nations les plus pieuses furent toujours les plus sages et celles qui eurent une plus longue durée '^ . » Le grand capitaine Romain Fabricius, entendant Cynéas se moquer de la divinité en présence de Pyrrhus, s'écria : c( Plaise aux dieux que lorsque nos ennemis seront en guerre avec la République, ils suivent cette doctrine. » On aurait pu sans doute entendre des Prussiens faire le même vœu. Faut-il citer les philosophes du XVIIP siècle, même Voltaire, même Jean Jacques Rousseau ? Contentons-nous de reproduire un mot de l'un et un mot de l'autre : « Jamais Etat ne fut fondé que la religion ne lui sert de base ^ : ce Partout oii il y a une société, la religion est absolument nécessaire ^ » . Plus près de nousj M. Guizot, en 1834, donnait cet avertissement :

« Se figure-t-on ce que deviendrait l'horame, les hommes, l'âme humaine et les sociétés humaines, si la religion y était définitivement abolie, si la foi religieuse en disparaissait réellement ? Je ne veux pas me répandre en complaintes inutiles et en pressentiments sinistres ; mais je n'hésite pas à affirmer qu'il n'y a point d'imagination qui puisse se représenter, avec une vérité suffisante, ce qui arriverait en nous et autour de nous, si la place qu'y tiennent les croyances chrétiennes se trouvait tout à coup vide, et leur empire anéanti. Personne ne saurait dire à quel degré d'abaissement et de dérèglement tomberait l'humanité. »

Dans ce même livre Méditations Chrétiennes , Guizot dit encore :

« Quand l'idée religieuse est chassée de l'esprit d'un peuple, la place qu'elle occupait ne tarde pas à être envahie par une sorte de possession infernale ; à sa suite, le génie et le courage s'évanouissent et l'apostasie est punie par l'abrutissement. »

Dans le même temps, de Tocqueville écrivait : « L'incrédulité a toujours été le prélude des décadences. » Nos pygmées se sont crus assez intelligents et assez forts pour créer et faire vivre une société sans Dieu. Et on les a laissés faire; que dis-je, on leur a donné, par le mandat législatif, le pouvoir de le faire i

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