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4, Voir la note compl^'mentairc h la fin de ce chapitre.
D'autres motifs peuvent l'incliner a la clémence. Dieu sait que la France a été saisie et qu'elle est maîtrisée depuis deux siècles par la secte qui voulait en faire un bélier contre l'œuvre de la Rédemption ; et cela parce qu'elle avait eu l'insigne honneur et avait le grand mérite d'avoir contribué plus qu'aucun autre peuple à l'établissement et au maintien de l'autorité pontificale, boulevard de la liberté et de la dignité de l'Eglise. Quel dessein plus digne de Satan et des plus grands efforts des siens que celui de retourner la France et de l'amener à employer les dons qu'elle a reçus de Dieu, à défaire ce qu'elle avait fait. Durant les deux derniers siècles la secte antichrétienne n'a rien négligé pour obtenir le succès de cette infernale tentative.
Déjà, en 1815, Joseph de Maistre pouvait dire :
ce Aucune nation de l'univers n"a subi une épreuve égale ni comparabte à celle que la France a essujée. Partez de la Régence, reposez-vous sur l'enseignement philosophique d'un demi-siècle, arrivez à la Révolution de vingt-cinq à trente ans, et demandez-vous ce que serait une autre nation dans la même circonstance. Je m'étonne qu'il y ait une fibre saine dans ces cœurs français. »
Son étonnement de trouver encore une fibre saine dans im cœur français eût été bien plus grand si un ange lui avait montré ce qui nous restait à subir. Quarante années d'école primaire, agissant journellement sur quatre millions d'enfants, renouvelés de lustre en lustre, pour leur persuader qu'il n'y a ni Dieu ni âme, ni morale à observer, ni sanction à redouter autre que celle d'ici-bas; en un mot que la grande, l'unique affaire est de « vivre sa vie ». Ajoutons que ces quarante années ont été précédées d'une centaine, où l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur n'ont cessé de poursuivre dans toutes les directions, l'ordre surnaturel, pour lui substituer la science de la matière et l'orgueil de la raison. Ajoutez encore que depuis la restauration du culte après les ruines de la Révolution, tous les gouvernements qui se sont succédé en France, les uns par faiblesse, les autres par connivence avec la Franc-Maçonnerie, ont laissé employer toutes les forces de l'Etat à favoriser l'erreur et à étouffer la vérité. T/t^glise, durant toute cette période, n'a jamais joui de la liberté de l'enseignement. Toutes les générations ont été pétries par l'Université : chez elle par ses professeurs, chez nous par ses programmes et ses diplômes. La mauvaise presse a reçu tous les encouragements et toutes
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les faveurs. Le prêtre, par une stratégie savante, a été peu à peii renfermé dans son église.
C'est sans doute pour l'instruction du genre humain que Dieu a permis c[ue ces ténèbres, percées d'enchantements, enveloppassent la nation la plus éclairée, celle dont le cœur battait le plus fort, celle qui pouvait seule, avec le secours divin, traverser saris périr ces régions mortelles.
L'âme de la Frahce a résisté. Elle se manifeste dans les tranchées telle que l'ont faite ses rois et ses prêtres. Les fils de Satan en grincent des dents et ne peuvent retenir l'expression de leur rage à la Chambre des députés. Pour corrompre la France, à l'enseignement et à la presse s'étaient joints la laïcisation des dimanches et des fêtes, les divertissements publics, le théâtre et le cabaret ; l'action incessante du pouvoir, atteignant la magistrature, l'armée et jusqu'au clergé lui-même, et enfin dissolvant la famille. L'âme de la France ne pouvait manquer d'être couverte de blessures, traquée par tant d'ennemis conjurés contre elle, et la poursuivant depuis tant d'années. Des blessures lui ont été faites, mais dans son fond, elle est restée elle-même, en dépit de tous ces agents de corruption, de dissolution et de mort.
Dieu ne voudra pas ne point tenir compte de ces assauts si multipliés et si pressants en une aussi longue suite d'années, subis avec une si grande force de résistance. C'est Lui sans doute qui a maintenu le courage et soutenu la vertu de sa fille aînée ; mais, c'est elle aussi qui s'est défendue par le bon emploi de la grâce qu'il lui faisait et par le bon usage de sa liberté.
Nous l'avons dit : il y a contre le peuple de France ceci, il a hissé au pouvoir les ennemis de Dieu, il les y a appelés et il les y a rappelés, après avoir entendu leurs déclarations impies et après avoir subi le joug et la honte de leurs lois intangibles : le divorce, l'école neutre, la séparation, etc.
Mais en cela aussi, nous oserons encore dire qu'il n'est point aussi coupable qu'il paraît l'être; Le peuple de France a été victime plutôt que criminel.
D'abord on peut prétendre avec vérité qu'il n'a point été de cœur avec les ennemis de Dieu ; ce n'est point en cette qualité qu'il les a élus. Ils promettaient à sa simplicité de mettre fin à
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sa misère et de lui faire un paradis sur la terre ; et c'est pour lui donner le moyen de réaliser leurs promesses qu'il leur accordait ses suffrages. Son erreur est d'autant plus compréhensible et excusable que des journaux catholiques, obsédés par la marotte démocratique, contribuèrent à lui donner cette illusion et à entretenir sa vaine espérance, en lui tenant un langage fort approchant de celui des socialistes. Ils lui disaient que, les écoutant et les suivant ils arriveraient à une terre où ils verraient couler comme l'eau le lait et le miel.
Seconde remarque, le suffrage dit ce universel » est loin d'être universel. M. George Michel dit un jour, dans V Economiste français, que quand on étudie d'un peu près les statistiques électorales, on voit que, depuis que le suffrage universel fonctionne dans notre pays, plus de Ja moitié, non des Français, mais même des électeurs, n'a jamais eu de représentants au Parlement. Voici les chiffres officiels qu'il donnait relatifs aux élections législatives :
Voix obtenues Voix non
par les élus. représentées.
En 1881 4.500.000 5.600.000
En 1885 4.000.000 6.000.000
En 1889 5.500.000 5.800.000
En 1893 4.500.000 5.900.000
^ La loi de séparation a été votée par 341 députés qui représentaient exactement 2.647.315 électeurs. Et sur ces députés, combien y avait-il de radicaux par exemple, qui n'avaient été élus que grâce à l'appoint des voix conservatrices et libérales. Tant et si bien que cette loi, d'une importance capitale, a été votée par des députés représentant peut-être tout au plus deux millions d'électeurs sur environ onze millions.
Il en est ainsi depuis que a été inventé cet instrument d'entraînement dans les voies voulues par la secte.
Une telle représentation du suffrage universel est une véritable illusion ! ^
Combien plus l'illusion apparaît grande si on considère qu en France, la masse du corps électoral ne forme qu'une ininonté très restreinte au sein de la population française tout entière,
soit 10 millions environ, sur près de 40 millions. Donc 30 millions qui n'ont droit que de ne rien dire.
On peut ensuite se demander si le collège électoral a toujours élu réellement tous ceux qui y ont été proclamés. Jamais l'enfer n'a imaginé et n'imaginera une machine mieux montée pour porter ses hommes au pinacle en dépit de tous. Cent fois les journaux en ont démonté les rouages et montré à quel point ils étaient pipés : circonscriptions arbitrairement tracées, listes électorales surchargées, votes répétés, urnes truquées, recensements falsifiés. La Liberté, sous la signature de M. Latapie, a raconté ceci en 1908.
ce Un préfet nous a montré, un jour, la lettre d'un de ses administrés qui s'étonnait de ne pas être nommé au poste qu'il avait sollicité, il menaçait d'en appeler au ministre et il ajoutait : « Vous savez bien' cependant. Monsieur le préfet, que c'est moi qui, dans telle commune, ai volé cent voix au candidat réactionnaire. y>
Après quoi il a eu la place exigée par cette menace. Une enquête faite un jour à Toulouse a révélé cinq façons de fausser les listes et trois moyens de faire dire au vote le contraire de ce qu'il avait dit. Un ancien préfet de Ta Haute-Garonne dit à cette occasion dans le Lyon républicain :
ce Ce n'est pas seulement à Toulouse que cela se fait, c'est dans tout le Midi. Je pourrais citer tels députés qui siègent depuis des années et qui ont été toujours mis en minorité par le corps électoral. Les bureaux et les scrutateurs ont arrangé l'affaire d'après les procédés que révèle l'instruction actuellement menée.
A Toulouse, par exemple, personne n'ignorait que M. Duportal, le vieux républicain, l'ancien directeur de Y Emancipation, n'a jamais été élu ; il n'en a pas moins passé au Palais-Bourbon les neuf ou dix dernières années de sa vie. Je nomme celui-là parce qu'il est mort, mais que de vivants qui sont autant de Duportal sous ce rapport ! Si l'on veut en finir, ce ne sont pas les seules listes électorales de Toulouse qu'il faut rectifier. Ce sont celles de plusieurs milliers de communes où la fraude s'est tournée en habitude et n'effarouche aucune conscience. »
A la Chambre, toutes les fois que la majorité obtenue par tous ces moyens frauduleux ne fut pas jugée assez considérable pour pouvoir fabriquer les lois que voulait la secte, cette majorité eut recours aux invalidations en masse.
ce Nulle part ailleurs, dit le ce Journal de Genève », après les élections de 1902, une majorité ne s'arroge le droit usurpateur de corriger les décisions du suffrage universel dans le but de s'augmenter elle-même artificiellement. S'il y a des fraudes constatées, elles doivent être déférées aux tribunaux ; et ce ne serait que sur un jugement motivé que l'élection serait cassée, non de pai* la volonté d'une majorité d'adversaires — ce qui
est monstrueux — mais de par les décisions d'un tribunal jugeant d'après la loi. »
Quand le Journal de Genève faisait cette observation, Ïsè. Chambre venait de valider un député proclamé à dix-huit voix et qu'un examen plus sérieux démontrait battu à deux voix. Le lendemain, on soumettait à l'enquête un député élu à dixhuit-cents voix de majorité. Le premier faisait partie de la coterie, le second, de l'opposition, c'était M. Syveton ^
Du moins ces lois ont-elles été vraiment faites correctement ? M. le député Guillemet écrivit un jour dans le Matin :
ce A la Chambre, vous savez conmient à tout instant on vote les uns^ I)our les autres, et souvent sans instruction des absents, sans savoir dans quel sens ils voteraient, s'ils étaient présents.
» J'ai près de moi, à la séance, un collègue qui détient les boîtes de bulletins de vote d'une cinquantaine de députés inassidus. Or, fréquemment, au moment du vote sur une question qui a surgi d'une façon imprévue et qui est parfois grave, je le vois naturellement hésiter pour le choix du bulletin de chaque absent et finalement choisir à l'aveuglette, au hasard. C'est absolument scandaleux. C'est l'explication de ces rectifica'' tions plus ou moins nombreuses qui se font le lendemain, lors de la lecture du procès-verbal de la veille, rectifications qui peuvent changer le sens du^ scrutin, mais le vote proclamé est acquis! »
Aux séances du matin, il n'y a guère plus de 30 à 40 membres,parfois moins ^. L'orateur parle donc devant des banquettes
5. Voici en quels termes un homme dont personne ne peut nier les sympathies pour le régime républicain, M. Rochefort, a parlé du suffrage universel.
(( Ce dont la France a besoin, c'est d'une transformation complète, nonseulement de ce ministère taré qui tombe (le ministère Combes) en pourriture avec la majorité qui l'a soutenu, mais du régime odieux d'arbitraire,, de chantage et de faux en matière électorale qui a' transformé peu à peu la République française en une sorte d'agence véreuse où un Mascuraud, petit négociant en faux bijoux, est ofificier de la Légion d'honneur et distribuedes rubans rouges comme les bureaux de bienfaisance distribuent des bons de soupe.
» Tant que ce système de corruption n'aura pas été extirpé comme un> phlegmon par un chirurgien vigoureux, le corps social en demeurera empoisonné.
6. Chainhre des Députés. Séance du 12 juin iço8. — M. Viviani, ministre du travail, monte à la tribune pour demander que la Chambre tienne une' séance exceptionnelle jeudi matin pour discuter son projet de loi sur la réglementation du travail.
M. Lasies. — Une séance du matin est insuffisante pour un projet aussi important.
Le Président. — Vos collègues en seront juges comme vous.
M. Lasies. — Quels collègues? Nous ne sommes pas vingt en séance, y compris le ministre et vous. (Rires.)
Le Président. — • Je mets aux voix la séance de jeudi matin.
M. Grousseau. — Je n'ai pas d'observations à faire au fond, mais je"
vides ou peu s'en faut. Si encore ceux qui sont là écoutaient ! Mais beaucoup font leur correspondance.
La séance de l'après-midi est toujours plus suivie. Mais on lit à rOfficiel : c< bruit de conversations, » ou « les conversations couvrent la voix de l'orateur y), et le président est obligé de prier les députés 'de parler moins haut. D'ailleurs les discours sont inutiles, le parti est pris d'avance, le vote est imposé par les chefs de groupes. « J'ai entendu, dans ma carrière, disait un vieux parlement aii^e, des centaines de discours, il en est peu qui aient changé mes opinions, mais aucun n'a changé mon vote ! y)
Le vote ne sort généralement point de la conscience du député ou du sénateur : il est dicté, imposé par le comité électoral ou par la Loge.
ce Transmettez-nous, ccrivait le F.'. Desquaire aux comités, après les élections de 1893, les noms de ceux qui ont accepté d'être dévoués à la Maçonnerie. Nous ferons ici avec une grande prudence et une grande exactitude, l'inventaire de ces forces que vous mettez à notre disposition".))
Cet inventaire des forces maçonniques et leur organisation n'était pas une nouveauté : en 1888, le F.*. Blatin disait au couvent de cette année : « Nous avons organisé au sein du Parlement un véritable syndicat de Franc-Maçonnerie ^ . Les membres de ce syndicat qui faisaient la majorité des deux Chambres n'étaient point abandonnés à eux-mêmes. On lit dans le Bulletin du G.-. Or. 1891, p. 668:
<( Le Convent maçonnique invite le Conseil de l'Ordre à convoquer à l'hôtel du G. •. O. •., chaque fois que cela semble nécessaire, tous les membres du Parlement qui appartiennent à l'Ordre, afin de leur communiquer les vœux exprimés par la généralité des Maçons, ainsi que l'orientation
dois dire hautement, qu'il est scandaleux que, sur les injonctions d'un ministre, vingt députés votent pour six cents. (Vifs applaudissements.)
La séance du matin de jeudi. est adoptée par 467 voix contre 59. (Huées à droite.)
M. DE RosAMRO. — Vos majorités sont toutes de ce genre-là. (Bruit prolongé.)
De même après la guerre. En août 1919, quelques députés voulaient remettre le vote à la séance du lendemain matin.
M. Rognon- — Non, pas demain matin, il n'y a personne aux séances du matin.
M. Emile Faure. — Nous étions six pour voter la loi de huit heures. Une loi d'une telle importance !