MEMBRES
Total pour l'Afrique. 28 750
Amérique
Etats-Unis 14.887 1.512.014
Mexique 34 1.450
Costa-Rica 7 206
Cuba 69 3.000
Guatemala 12 400
Haïti 64 4.000
Porto-Rico 30 14.000
Saint-Domingue 13 260
San-Salvador 5 185
République Argentine 108 450
Brésil 506 52.912
Chili 19 2.000
Paraguay . 9 812
Pérou 33 550
Uruguay . . . , '. 18 580
Venezuela 26 1.673
Total général pour l'Amérique. 15.840 1.585.942
Océan ie
Australie 649 37.177
Tasmanie . 30 1.445
Nouvelle-Zélande 183 11.558
Total pour l'Océanie. 862 50.188
Total général 23.104 2.020.091
En 1907 parut la première année d'un Annuaire publié parle Bureau international des relations maçonnique s. Il fut imprimé chez Bukler, l'éditeur des publications maçonniques en Suisse, sous la signature de F.*. Mortier, président du Bureau international. D'après cet Annuaire, il existe cent six puissances maçonniques régulières. Une puissance est une confédération de loges ayant à leur tête une Grande-Loge, ou un Grand-Orient, ou un Suprême Conseil.
L'Annuaire indique le nombre des Loges qui se rattachent à ces diverses puissances et le nombre des individus qui les fréquentent. Les chiffres qu'il donne s'accordent plus ou moins avec ceux indiqués ci-dessus, assez généralement. Parfois ils en diffèrent assez gravement. Il n'y a qu'assez peu de confiance à accorder aux renseignements émanés de la Franc-Maçonnerie elle-même.
Observons en outre que le chiffre des Francs-Maçons existants chez les différents peuples, fût-il exact, laisserait à désirer le chiffre des adeptes des autres sociétés secrètes qui, sous différents noms, pullulent en Asie et en Afrique.
Dans le volume qu'il a ajouté à l'ouvrage de M. Deschamps, M. Claudio- Jannet a publié l'état géographique et statistique de la Franc-Maçonnerie en France en 1882. Nous voyons qu'elle y est partagée entre quatre obédiences. Le Grand-Orient comptait alors deux cent soixante-treize Loges symboliques donnant les trois premiers grades et quarante-six ateliers donnant les hauts grades ; le Suprême Conseil, ayant soixanteseize Loges symboliques et vingt-cinq ateliers ; la Grande Loge symbolique comptant vingt-trois loges; et l'Ordre de Misraïm.
M. Georges Goyau a donné, lui aussi, une statistique de la Franc-Maçonnerie en France, en 1899.
« Vénérables et surveillants, experts et tuileurs, maîtres et compagnons, Frères de tout grade, s'échelonnent sur les trentetrois degrés symboliques ; ils sont en tout, dans l'armée du Grand-Orient, dix-sept mille environ (compte-rendu du Grand- Orient, 19-24 septembre 1898, p. 109).
» Joignez-y peut-être sept mille Maçons des autres rites. Cette armée comptait, en 1898, trois cent soixante-quatre cantonnements désignés sous le nom de loges ou d'ateliers. Ce sont
les points d'occupation du territoire, les points d'attente de l'action. »
Voyons ce que l'Angleterre a pu faire en ces derniers siècles pour agrandir sa puissance, grâce à la faveur et même au concours de ces Grandes-Loges, Grands-Orients, Suprêmes Conseils ainsi fixés avec leurs Loges et leurs Frères sur tous les points du monde.
L'Angleterre avait pu, en 1704, s'emparer de Gibraltar,, cet incomparable point stratégique qui lui donnait la clef de la Méditerranée. Sous Louis XVI, elle détruisit, par des moyens identiques à ceux employés de nos jours, notre flotte et s'empara de nos colonies.
M. Lacourt-Gayet a publié en un volume très documenté le résumé de son cours à l'Ecole supérieure de marine. Nous y voyons que, après l'époque de Colbert, le règne de Louis XVI fut la période la plus éclatante de notre puissance maritime. Durant les quinze ans qui précédèrent la Révolution, nous avions pu nous poser en rivaux des Anglais dans la possession de l'empire des mers. La Révolution survient et les phénomènes « d'anarchie spontanée » se manifestent immédiatement dans les ports de guerre. Dès avant la réunion des Etats généraux, les clubs, les municipalités prétendent se substituer à l'autorité militaire qui ne tarde pas à se trouver radicalement annihilée. Les équipages désertent. Souvent on constate que les navires de guerre appareillent avec un déficit de soixante à cent hommes. Que l'Angleterre ait tiré un immense profit de ce désordre, la preuve n'en est pas à faire. Y collabora-t-elle directement ? Dans une lettre à un de ses amis, lord Granville a confessé que c< le gouvernement britannique a l'habitude d'exciter et d'entretenir sur le territoire français des désordres intérieurs. » De son côté, lord Mansfield a déclaré en plein parlement que ce l'argent dépensé pour fomenter une insurrection en France serait bien employé ».
A l'automne de 1805, Pitt, qui avait soudoyé trois coalitions» contre la France sans pouvoir empêcher les victoires de Napoléon, donnait un dîner à la campagne à plusieurs de ses amis, lorsqu'il reçut une dépêche qui annonçait la reddition de Mack à Ulm, avec quarante mille hommes et la marche de Napoléon sur Vienne. Pitt fit part à ses amis de cette funeste nouvelle.
« Tout est perdu, plus de ressources contre Napoléon ! » s'écriaient ses amis. « Il en reste une, répliqua le ministre, si je parviens à soulever une guerre nationale en Europe ; et cette guerre doit commencer en Espagne. » Elle commença en Espagne. L'idée nationale soulevée en Espagne atteignait ce qui était resté au-dessus des efforts de tous les cabinets, le renversement de Napoléon.
Plus récemment, au mois d'octobre 1898, alors que l'Angleterre était engagée dans la guerre du Transvaal, le fils du ministre des colonies, M. Chamberlain fils, dans une correspondance intime, adressée, de la part de son père à un Anglais qui jetait des regards inquiets du côté de la France, a écrit une lettre qui a été publiée par Le Jura de Porrentruy :
Outre les assurances du gouvernement français, nous sommes garantis de toutes représailles de Fachoda par les événements intérieurs qui voat se dérouler en France. Si nous ne pouvons guère compter sur l'affaire de Dreyfus qui est usée; si le procès de la Haute-Cour ne semble pas créer une sensation suffisante pour absorber l'attention de la nation, nous savons que, dès la rentrée du Parlement de Paris, le gouvernement introduira, avec l'appui de la majorité, différents bills contre les catholiques, qui, par leur violence, pourront plonger la France dans un état de surexcitation extrême et détourner l'attention des Français du sud de l'Afrique. Mon père n'a marché qu'avec toutes les garanties du côté de la France.
Comment expliquer une telle assurance et une telle complicité si ce n'est par l'entente et l'action des sociétés secrètes internationales au service de l'Angleterre ?
Toutes les fois qu'une nation quelconque a paru vouloir s'opposer aux projets du gouvernement anglais et contrarier sa marche vers l'empire universel, une crise a éclaté chez elle ou politique, ou sociale, ou religieuse : ce qu'il ne pouvait faire de lui-même, la secte internationale le lui rendait facile. Pour nous en tenir à ces derniers temps et à notre pays, la révolution de 1830 a été faite pour empêcher, si possible, la conquête de l'Algérie et mettre fin aux projets d'une alliance avec la Russie qui devait nous donner la frontière du Rhin.
Disraeli (Endymion, T. I, chap. VII), parlant de la révolution de juillet, dit :
Ce n'est pas la bourgeoisie qui a élevé les barricades; je connais les gens qui les ont faites ; ils ne forment pas une nation mais une confraternité... Leurs sociétés secrètes couvrent l'Europe d'un réseau. Elles sont
répandues dans toute l'Espagne, l'Italie en est ruinée. La même organisation existe en Allemagne et en Russie 1.
Un aveu semblable avait été fait par un autre membre du gouvernement anglais en plein parlement anglais :
L'Angleterre pourrait entreprendre une guerre contre la France. Mais il y a un autre moyen : ce serait de rendre la possession de ce pays (l'Algérie) inutile dans les mains rivales, ce serait de la rendre plus qu'inutile, ce serait de la rendre préjudiciable au possesseur... Il existe entre les mains de la Grande-Bretagne un pouvoir plus terrible peut-être qu'on n'en vit jamais en action dans l'histoire humaine. (Ecoutez !) La conscience de posséder cette force fait notre mérite, l'Angleterre est comme le maître des Vents dont parle le poète :
« Celsa sedit JEolus arce ».
De nos jours, n'est-il pas remarquable que la crise Dreyfus, bientôt suivie du procès de la Haute-Cour, d'une offensive contre les congrégations et autres c< événements intérieurs », ait justement coïncidé avec les événements africains relatifs à Fachoda et au Transvaal? Vint ensuite le projet de loi Brisson qui visait la confiscation de tous les biens mobiliers et immobiliers des religieux, le projet de Waldeck-Rousseau prononçant la prison ou même le bannissement contre tout prêtre se permettant, même en dehors de son ministère, de critiquer les actes du gouvernement ou les lois intangibles, même celles qui sont immorales, comme la loi du divorce.
Comment le ministre anglais des affaires étrangères savaitil d'avance que le gouvernement de la République française introduirait contre les catholiques ces bills destinés à produire
i. Le même homme politique a dit aussi : « En vérité, le monde est gouverné par de tout autres personnages que ne se l'imaginent ceux qui ne voient pas ce qui se passe dans les coulisses. So y ou see, my dear Coningsby , that the World is governed by very différent personages to what is imagined by those who are not behind the scène » (Disraeli, Coningsby, chap. XV). Et Henri Misley qui, au témoignage de Louis Blanc, a joué un grand rôle dans les révolutions contemporaines, a dit aussi : u Je connais un peu le monde, et je sais que dans tout ce grand avenir qui se prépare il n'y en a que quatre ou cinq qui tiennent les cartes. » Pendant ce temps les complices et les dupes de ceux-ci répandent la crainte et l'horreur du « gouvernement des curés ». Metternich, qui a si longtemps gouverné l'Autriche, avait écrit avant eux (lettre à Estherhazi, 1830) : « Le mal présent est dans l'organisation d'un gouvernement révolutionnaire compact, dont nous découvrons partout les traces et les points de correspondance ». Précédemment encore, J. de Maistre: « On peut affirmer que pendant tout le XVIIIe siècle, les gouvernants de l'Europe n'ont presque rien fait qui n'ait été dirigé par V esprit secret vers un but dont le souverain ne se doutait pas. La vérité de cette proposition peut se vérifier dans les grandes et lés petites choses. » (Œuvres complètes, T. VIII, p. 339.)
Les Pourquoi de la Guerre mondiale. — III 18
chez nous un état de surexcitation et de surexcitation extrême et qu'ainsi il pouvait aller de l'avant? C'est que partout où il est de l'intérêt de l'Angleterre de créer du désordre, elle a à sa disposition les sociétés secrètes aussi antipatriotiques qu'antireligieuses, qui, par leurs suggestions aux gouvernants, ou par les incidents que leurs agents font naître, produisent les troubles et les révolutions auxquels elles poussent les masses aveugles et si facilement séduites. Ces sociétés sont toujours prêtes à la favoriser dans ses desseins, comme l'Angleterre est toujours disposée à servir le pouvoir occulte qui donne à toutes ces sociétés l'impulsion première 2.
Longtemps avant d'engager son duel avec l'Allemagne, l'Angleterre, nous l'avons vu, porta ses pensées vers nous ou plutôt contre nous, car, aussi bien que l'Allemagne, elle voyait alors dans une guerre qui réduirait la France à l'impuissance, une nécessité pour la sauvegarde de ses intérêts et le libre cours de son ambition. Elle voyait le marché de l'Amérique du Nord se fermer et même les Etats-Unis devenir pour un prochain avenir un rival redoutable. Elle voyait qu'il en serait bientôt de même de l'Amérique du Sud. Elle voyait qu'avant peu les inépuisables réservoirs d'hommes que contient l'Asie, viendraient se déverser sur nous, offrir la main d 'œuvre à vil prix et évincer le travailleur de race blanche au lieu d'être l'exutoire que l'on avait rêvé pour l'excédent de la production européenne. Restait l'Afrique, seul champ de développement économique qui restât ouvert à l'activité européenne et qui recèle des richesses encore inexplo-
2. La Vérité, de Québec, à l'occasion des fêtes centenaires qui eurent lieu au Canada en 1908, dit comment le Canada, colonie française, passa aux mains des Anglais.
« Il paraît que ce sont cinq cents Wallons, petits Belges, catholiques, qui furent les vrais et premiers colonisateurs des Etats-Unis, les fondateurs historiques de New- York, en 1623. Mais à peine la colonie catholique wallonne de l'île Manhattan, qui devait être le nid de New- York, était fondée, que l'attention de la Maçonnerie s'y portait pour y lancer un flot d'immigration protestante de Hollande et d'Angleterre.
De plus, les émissaires de la Grande Loge d'Angleterre fondèrent une première Loge anglaise à Boston, en 1733, treize ans après la fondation d'une première Loge anglaise à Québec (1721).
En 1608, de bons catholiques français avaient fondé la première colonie américaine à Québec. Mais en 1721, cent treize ans après Champlain, l'attention de la Grande Loge d'Angleterre, impérialiste par excellence, se porta sur Québec, où elle envoya ses émissaires fonder très secrètement une première loge antérieure de douze ans à la première loge anglaise de Boston. Cela se passait trente-neuf ans avant la prise de Québec par le F.-. Wolfe.
rées, révélées par de récentes et retentissantes explorations.
Sur le terrain africain, la Grande-Bretagne n'avait de compétition sérieuse à redouter que celle de la France. L'Allemagne commençait à peine à laisser poindre ses appétits coloniaux. La France possédait au Nord et sur les côtes occidentales du continent africain de fortes positions. Par ses traditions et surtout par ses missions catholiques qui avaient su pénétrer jusqu'au cœur des tribus les plus sauvages et leur tenaient la voie ouverte, elle semblait prédestinée à l'empire africain.
Dès 1840, les compétitions rivales de la France et de l'Angleterre, dans la vallée du Nil, avaient failli mettre en péril la paix du monde. La Franc-Maçonnerie, agissant par l'organe d'une de ses sociétés filiales, le carbonarisme, fit pencher la balance en faveur de l'Angleterre. Une insurrection fomentée par les carbonari éclata à Paris ; le ministère qui soutenait Méhémet-Ali, vice-roi d'Egypte, dont les armées victorieuses se rendaient maîtresses de l'Asie Mineure, fut renversé et Méhémet-Ali, abandonné par nous, perdit le fruit de ses victoires.
Sous le Second Empire, la France entreprit le percement du canal maritime de Suez. De suite l'Angleterre opposa son veto. Napoléon III passa outre. Dès ce moment commença contre lui l'agitation maçonnique qui s'accrut jusqu'à sa chute.
Le contrôle administratif et financier du canal maritime de Suez était entre des mains françaises. C'étaient des Français qui avaient fait les fonds de l'entreprise, c'étaient eux qui naturellement en étaient les légitimes propriétaires. La compagnie avait dû céder au Khédive Ismaël la majorité de son capital actions. L'Angleterre profita de la situation financière où nous avait mis la guerre de 1870 pour acheter à vil prix ces actions que le Khédive, criblé de dettes, voulait vendre. Dès lors, la question d'Egypte prit aux yeux de l'Angleterre une importance croissante. Ce n'était plus seulement une position stratégique de premier ordre pour la défense de son empire des Indes, ce devait être la tête du grand chemin de fer, qui, traversant le continent africain dans sa plus grande longueur, du Nord au Sud, relierait Alexandrie au Cap, et qui, se complétant par une ligne transversale, allant de l'Est à l'Ouest, lui assurerait le plus vaste champ de colonisation et d'exploitation que l'homme puisse rêver.
La France fut évincée de l'Egypte, grâce à un Anglais, dont la secte avait fait notre Ministre des Affaires étrangères.
Il nous restait un atout que le patriotisme de nos missionnaires nous mettait entre les mains, la clef de l'Egypte, c'est le Haut- NiL Les missionnaires établis dans l'Ouganda avaient persuadé au roi de ce pays, M'Tésa, de solliciter le protectorat de la France. L'Ouganda c'est la possession des sources du Nil. Un barrage, facile à établir en cet endroit, détournerait le cours du fleuve africain vers son ancien lit et ferait de la Basse-Egypte une terre inhabitable. La possession de l'Ouganda faisait de la France, sans difficulté de conquête, l'arbitre de la question africaine. Docile aux conseils de nos missionnaires, le roi M'Tésa fît la demande officielle du protectorat. L'un des instruments de l'Angleterre et de la Franc-Maçonnerie chez nous, Brisson, fit hésiter et lambiner le cabinet Freycinet. Pendant ce temps, l'Angleterre lançait sur l'Ouganda le major Luggard, qui massacra le roi M'Tésa, ses partisans et les catéchumènes des Pères du Saint-Esprit.
Le Président Carnot eut ou reçut alors une inspiration patriotique, ce fut d'envoyer une expédition occuper le cours moyen du Nil et de prendre possession de Fachoda. Delcassé, alors Ministre des Colonies, fut seul mis au courant de la décision ministérielle. « Si nous arrivons à Fachoda, dit fièrement le président Carnot, nous pourrons causer de l'Egypte. » La direction des corps expéditionnaires fut confiée au colonel Monteil. A peine était-il en route, Carnot fut assassiné. Caserio, son assassin, n'avait aucune cause d'animosité personnelle, et l'on put se rendre compte que l'inqualifiable apathie des autorités policières de Lyon avait rendu possible l'exécution de son forfait. Elles étaient alors aux mains d'un Franc-Maçon avéré. Delcassé s'empressa aussitôt de décommander l'expédition qui marchait sur Fachoda et l'envoya s'épuiser en efforts stériles contre Samory. Mais Marchand, qui avait fait partie de l'expédition Monteil, fit tant de ses pieds et de ses mains qu'il persuada à Hanotaux de reprendre à son compte l'idée de Carnot. Il n'obtint la permission de partir qu'après la chute du ministère de l'anglophile Ribot, puis celle du Franc-Maçon Bourgeois, ce qui nous fit perdre onze mois, gagnés pour l'Angleterre. L'affaire Dreyfus fit rentrer Delcassé au ministère et lui remettre la direction de
notre politique extérieure. Delcassé rappela Marchand comme il avait rappelé Monteil. Comme récompense, Delcassé resta triomphalement vissé sur son siège au Quai d'Orsay pendant sept ans, jusqu'au jour où Guillaume II l'en chassa. L'expédition de Marchand était encouragée par l'Allemagne qui redoutait l'absorption du continent africain par l'insatiable appétit britannique. Les intérêts de l'Allemagne pouvaient se solidariser avec ceux de la France en Afrique. La perspective que les armées françaises et allemandes pouvaient s'unir un jour pour marcher contre eux exaspérait nos voisins d'Outre-Manche.
Ce qui est sorti en fin de compte de ces rivalités et du parti que le pouvoir occulte a voulu en tirer, c'est, hélas! la guerre actuelle 3.
Toute l'histoire de l'Angleterre en ces derniers siècles devrait être étudiée au point de vue de cette réciprocité de services ; on verrait d'abord combien cette nation dans sa constitution intime s'est adaptée à ce fonctionnement ; puis ce que l'observation des faits nous dit du dévouement que chacun des ordres sociaux : monarchie, clergé, aristocratie, apporte à la secte.
Il y a chez les Anglais comme chez nous le régime parlementaire. Mais ce régime est né en ce pa)^s, et il s'y est admirablement adapté à la poursuite de l'idéal que ses ambitions voulaient lui faire atteindre. Pour ce qui est des ordres sociaux, on peut dire qu'ils ont une seule et même âme, une âme démesurément ambitieuse et voyant dans la Maçonnerie le plus puissant secours qu'elle puisse trouver, celui que lui a offert le pacte ouvertement ou tacitement conclu entre eux. Pour l'aristocratie, la chose est évidente. La continuité de vues, l'inflexibilité de la ligne que la Chambre des Pairs observe dans sa politique internationale fait l'admiration du monde. Elle est parvenue à faire de l'Angleterre le plus grand empire que le monde ait encore vu et cela par les moyens que nous avons indiqués.
La part de coopération que l'Eglise anglicane apporte à l'aristocratie dans la poursuite des ambitions britanniques et de son entente, à elle aussi, avec la secte internationale, est moins
3. Ces faits ont été exposés longuement et éloquemment le 20 mars 1908, dans l'Assemblée générale des catholiques du Nord et du Pas-de-Calais, par M. Flourens, ancien conseiller d'Etat, ancien directeur des Cultes, ancien Ministre des Affaires Etrangères.
visible, ou plutôt a été moins remarquée. Nous avons dit ce que font pour servir la politique mondiale de la Grande- Bretagne ses missionnaires jusque chez nous : embrigadâmes subventionnés et dirigés dans toutes les parties du monde par la société biblique. Il faut ajouter à cela que missionnaires et évêques gallicans sont avec les Francs-Maçons dans une intimité telle qu'ils semblent appartenir à une seule et même société.
Quelques faits mettent en évidence ce que je viens d'avancer. En 1897, à l'occasion du jubilé de la reine d'Angleterre, un service religieux, demandé par les Francs-Maçons, eut lieu à l'église Saint-Sauveur de South wark.
Le chœur était occupé par les évêques anglicans de Rochester et de South wark, les chanoines du Chapitre anglican de la cathédrale et une foule de ministres. Tous portaient, sous leurs vêtements épiscopaux ou sacerdotaux, les insignes de leur grade dans la Franc-Maçonnerie. Le doyen de Rochester est monté en chaire et a prêché sur cette parole tirée du discours de saint Etienne aux Juifs qui allaient le lapider : ce Vous êtes frères ». On sait que les Francs-Maçons se sont emparés de ce mot et se donnent mutuellement ce titre. En février 1901, le journal anglais Le Globe fit remarquer à ses lecteurs que l'évêque qui venait d'être élu était un Franc-Maçon éminent.
En novembre 1905, le lord-maire de Londres a ouvert à Mansion House la loge maçonnique n° 3116, dite de Guildhall. Parmi les Francs-Maçons qui assistèrent à la cérémonie, les journaux mentionnèrent la présence des évêques anglicans de New- York et de Barking et du chef religieux anglican de Capetown. L'archidiacre anglican Sinclair, dans son discours, dit que la nouvelle Loge était faite pour les membres du Conseil de la Cité et les hauts fonctionnaires 4.
4. Dans beaucoup de pays, les membres des divers clergés de toutes les sectes protestantes sont intimement alliés aux Loges, surtout en pays catholiques, comme en Espagne, en Italie, en France, en Belgique, en Portugal, au Congo belge, etc. En Italie même, n'est-ce pas le F.\ Ferra, pasteur méthodiste de Florence, qui est l'un des chefs de la haute Maçonnerie dite Ecossaise?
Beaucoup de ces « clergymen » sont FF.-, chapelains. Toutes les Loges anglaises au Canada, y compris les Grandes-Loges, les Chapitres, les Prieurés, les Préceptorats noirs, ont leurs FF.', chapelains.
Ces FF.'. « clergymen » s'entendent parfaitement non seulement avec les FF.-, laïques anglais proprement dits, mais avec les FF.', du Gr.\ Or.-. de France.
Aussi est-ce sans étonnement qu'on voit un ecclésiastique protestant, le
Le Globe constatait à cette occasion la différence qui existe entre l'Angleterre et les nations latines. «Tandis qu'en France et en Italie, disait-il, les Francs-Maçons et l'Eglise ne peuvent aller d'accord, on a su en Angleterre concilier ces deux grandes forces, la religion et la Franc-Maçonnerie, qui ne sont pas essentiellement antagonistes ! » Comment le seraient-elles ? Protestantisme et Franc-Maçonnerie travaillent à la même œuvre, la lutte contre le catholicisme : la Franc-Maçonnerie, par tous les moyens, l'Eglise anglicane par la société biblique et par ses missionnaires, hommes et femmes qui sont à l'œuvre en France et dans ses colonies, et l'on peut dire dans le monde entier, pour exalter l'Angleterre au-dessus des autres puissances.
L'alliance qui existe entre l'Eglise anglicane et la Franc- Maçonnerie est non moins intime entre la secte et la monarchie anglaise.
Lors du Congrès antimaçonnique de Paris, en 1909, un correspondant anglais de l'Association antimaçonnique faisait les remarques suivantes : « Les Francs-Maçons, nous dit-on, sont ici des personnages considérables ; les membres de la famille royale ne dédaignent pas de porter cordons et tabliers rituéliques et de dénier sous la voûte d'acier. Sous l'égide de semblables protecteurs, il ne paraît pas nécessaire a priori de se défier d'une association secrète qui se couvre d'une telle respectabilité. »
Quand le prince d'Orange mourut, Edouard, alors prince de Galles, fit déposer sur son cercueil une couronne portant cette inscription : « Témoignage d'amitié fraternelle et de respect à Alexandre, prince d'Orange, Grand-Maître de la Maçonnerie des Pays-Bas, de la part d'Albert-Edouard, prince de Galles, Grand- Maître de la Maçonnerie d'Angleterre. » Pauvre homme que le prince d'Orange qui, tout Grand-Maître de la Maçonnerie des Pays-Bas qu'il était, ne voyait pas que les Loges tramaient la conspiration qui se proposait de livrer son pays à la Prusse.
Lors du couronnement d'Edouard VII, des journaux français publièrent, d'après une revue anglaise, le portrait du nouveau roi en Grand-Maître de la Franc-Maçonnerie. Il portait le petit
Dr Guérike, déclarer, dès 1840, que « la pénétration de la Franc-Maçonnerie dans les églises protestantes a contribué, comme un marteau frappant sans cesse, à détruire le christianisme positif, à élever à la place du temple du Christ un nouveau temple. »
tablier blanc, le grand cordon bleu, l'équerre, le compas, le croissant, les étoiles, le soleil rayonnant.
A l'occasion de cette même cérémonie, l'Evénement de Québec publia ces renseignements :
Albert-Edouard, prince de Galles, est le plus éminent Franc-Maçon qui soit sur terre, non seulement du fait qu'il devient roi d'Angleterre, mais parce qu'il est Grand-Maître des Grandes Loges d'Angleterre, d'Irlande, d'Ecosse et du Pays de Galles, et qu'il est aussi Grand Prieur de l'ordre des Chevaliers du Temple en Angleterre et Grand Patron de l'ordre Ancient Accepted Scottish Rite of Freemasonry dans le Royaume- Uni, ayant reçu le 33e et dernier degré dans cette branche de la Franc- Maçonnerie.
£1 appartient à l'ordre maçonnique depuis plus de trente-deux ans; et il n'y a pas, dans le monde entier, de membre qui prenne une part plus active à son développement. Dans la position royale qu'il occupe et par la haute fonction qu'il remplit dans l'ordre maçonnique, il donne franchement l'exemple à ses co-sociétaires de l'égalité que les Francs-Maçons prônent comme existant entre eux.
A l'avènement de son successeur, les journaux anglais du Canada ont publié ce qui suit, d'après le Free Presse de Winnipeg :
Sa Majesté le Roi, Georges V, par l'intermédiaire du Très Vénérable Grand-Maître, le duc de Connaught, a fait don à la Grande Loge d'Angleterre des regalia maçonniques (Insignes de l'Ordre : gants, tablier, manchettes, collier, cordon, maillet, bijoux, etc., etc.) provenant de cette Grande Loge et ayant appartenu au roi Edouard. Il fut durant plus de vingt-six ans son Grand-Maître et puis son Protecteur, plus tard. De même, les regalia écossais du défunt souverain, ont été remis à la Grande Loge d'Ecosse. En Angleterre et en Ecosse on (la Maçonnerie) a apprécié grandement cette action du présent roi.
La Vérité de Québec, à qui nous empruntons cette citation, attestait dans le même numéro que « Sa Majesté Georges V a tout au moins accepté, la première année de son règne, de succéder au feu F.*. Edouard comme « Grand Protecteur de la Maçonnerie impériale ».
De tout ceci on peut conclure que le maçonnisme officiel constitue en Angleterre ce qu'on pourrait appeler la « Religion impériale ». Mais ce maçonnisme, cette religion et cette politique mondiale sont subordonnés.
La Vérité de Québec avait fait cette observation lors de l'avènement au trône d'Edouard VII :
Nous le savons, le nouveau roi d'Angleterre est un maçon haut gradé. Mais si haut gradé que soit Edouard VII, il n'est probablement pas au courant de ce qui se passe dans les cercles intimes de la Franc-Maçonnerie,
pas plus que ne l'était le prince d'Orange. Les vrais chefs de la secte ne sont pas toujours les chefs apparents, accordent volontiers les titres et les places d'honneur aux rois et aux princes, mais ils gardent les secrets maçonniques pour eux. Ils savent tourner à leur profit le prestige royal, voilà tout.
Ce n'est point tout à fait tout; la présence des rois et des empereurs dans leur association lui donne du prestige assurément, mais ce que le pouvoir directeur de cette société recherche surtout, c'est les services que peuvent lui rendre pour l'exécution de ses desseins les peuples gouvernés par les monarques affiliés à la secte. Elle renouvelle, avons-nous dit, au moins pour l'un d'eux, la troisième et dernière tentation présentée par Satan au divin Sauveur. Elle lui fait dire : « Si vous obéissez à mes inspirations, dans l'emploi des forces nationales, je vous conduirai de conquêtes en conquêtes jusqu'à l'empire universel.»
Quelques lecteurs auront pu être étonnés des développements que nous avons donnés à la question des rapports qu'ont entre elles l'Angleterre et la Franc-Maçonnerie. Nous dirons dans un autre chapitre ceux qui existent entre la Franc-Maçonnerie et la Prusse. Ce sont deux histoires parallèles, également nécessaires à connaître pour avoir l'intelligence de la cause profonde de l'antagonisme qui a amené ces deux puissances à se livrer un combat à mort sur notre territoire. Cette cause, nous croyons pouvoir la mettre dans un jour que plusieurs, sinon beaucoup, n'hésiteront point à accepter.
Pour le succès de leur œuvre commune, la Synagogue et l'Angleterre reçoivent l'assistance de collaborateurs bien inattendus, jusque chez nous.
La Revue internationale des sociétés secrètes, dont les études remarquables et la documentation très étendue ont attiré l'attention de ceux qui cherchent à se rendre compte de ce qu'ils voient, de ce qui se passe autour d'eux, a donné dans son numéro du 15 janvier 1914, d'utiles renseignements sur les initiatives, les infiltrations qui se produisent jusque dans les œuvres catholiques :
On vit des personnes aux dehors religieux se glisser dans les œuvres, surtout les œuvres sociales ou enseignantes, y prendre des initiatives, y créer des institutions naturelles, s'agiter de tous côtés, capter les uns, séduire les autres et parvenir à se donner de hauts patronages * Alors que par leur genre de vie extérieure et le but religieux qu'elles semblent poursuivre, elles devraient avoir contre elles toute la Franc-Maçonnerie au
pouvoir, elles rencontrent au contraire de ce côté autant d'appui bienveillant qu'elles trouvent d'encouragement chez les catholiques trompés par leurs allures ardentes pour le bien. Ces hommes et ces femmes acquirent une redoutable puissance. J'ai vu de près un catholique pratiquant qui suivait tous les congrès de la bonne presse. Ses notes étaient envoyées au F. ■. Mesureur. J'ai eu son aveu et la preuve indiscutable entre les mains.
Ce que le rédacteur de la Revue internationale dit avoir vu, s'est également produit dans l'Assemblée générale des catholiques du Nord et du Pas-de-Calais. Ici, c'était un prêtre qui envoyait des comptes-rendus aux mauvais journaux. Il est vrai qu'il a fini fort tristement.
Ce «ont surtout les journaux catholiques qui ont à craindre ces sortes de trahisons ; plusieurs et plusieurs en ont été victimes.
M. Louis Teste a raconté ce qui suit :
Un de nos évêques, aujourd'hui archevêque, étant allé pour je ne sais plus quelle affaire voir à son bureau un de nos confrères, le trouva en compagnie de quelques-uns de ses collaborateurs, qui lui furent aussitôt présentés; mais deux d'entre eux s'étaient déjà précipités pour baiser l'anneau épiscopal, bien qu'à Paris ce ne soit pas l'usage, ce que je constate sans l'apprécier. En sortant, l'évêque dit à la personne qui l'accompagnait : ce Oh! il y a là deux bien bons catholiques, MM. Un tel et Un tel! » C'était les deux Juifs qui avaient baisé l'anneau. Je tiens l'anecdote de première main et j'en garantis l'authenticité,
A ceux qui s'étonneraient de ce qui est dit ici, il n'y a qu'à leur mettre sous les yeux la Revue maçonnique L'Acacia, numéro de mars 1908, page 235 :
Pourquoi, quand la Croix aura le monopole incontesté de la direction des catholiques, ne nous en emparerions-nous pas, avec le concours des juifs, des protestants et du gouvernement, en achetant les actions ? On balayerait alors toute la rédaction cléricale « pour en substituer une de libres penseurs malins qui conserveraient d'abord le ton de la maison, puis le changeraient peu à peu. » Faire évoluer un journal sans que les lecteurs s'en doutent, comme un fabricant de chocolat change son cacao, c'est l'enfance de Vart.
Le fondateur de la revue maçonnique L'Acacia a publié dans le numéro d'octobre 1906 (p. 225) un article portant ce titre : Qu'est-ce que la Franc-Maçonnerie ? qui dit bien ce qu'elle se propose et sur quoi elle compte pour la réalisation de son grand dessein :
La Franc-Maçonnerie est la République de la Fraternité. Or, cette république est, de droit, composée de toutes les nations, en quelque contrée qu'elles se trouvent. La Maçonnerie donc ne connaît pas de frontières qu'il lui soit interdit de franchir. Ses frontières à elle se confondent avec
les extrémités du monde. Elle est en droit de recueillir dans son sein et de s'adjoindre tous les peuples, toutes les nations, tous les hommes quelque part qu'ils habitent. Aucun pouvoir, si élevé qu'il soit, ne peut en rien lui faire obstacle... La Maçonnerie, quelque part qu'elle soit, est toujours chez elle; la maison lui appartient; à plus juste titre quà aucun gouvernement profane...
Ces aveux sont entremêlés des affirmations que la secte ne cesse de faire entendre : qu'elle est le champion de la justice et que c'est son règne qu'elle veut établir dans le monde; mais ces affirmations ne trompent plus que les simples.
L'Acacia ne parle point des Juifs et ne dit pas la place qu'ils occupent dans la secte antichrétienne et le rôle qu'ils y jouent. Ils sont partout et en tout les promoteurs.
La Haute- Vente, sur ses vingt membres, en comptait beaucoup plus ou moins naturalisés chez diverses nations. Ils étaient en rapports constants avec les ce Vénérables » des Loges centrales de Prusse, de Hongrie, du Portugal, de la Sibérie, etc.
Plus récemment, Y Alliance Israélite Universelle, ayant pour fondateurs des Juifs de France, Cahen et Crémieux, fut instituée pour répandre l'esprit juif dans toutes les nations et même dans toutes les Eglises.
Pour arriver à réaliser ses desseins, la secte judéo-maçonnique est aidée par des multitudes de gens qui lui appartiennent plus ou moins ou se tiennent hors d'elle. Elle se tient près de tous les souverains pour les inspirer plus ou moins directement et les guider plus ou moins ouvertement. C'est avec ses hommes que Napoléon III réglait sa politique extérieure en dehors de ses ministres. Ses adeptes remplissent le Parlement et y portent les projets de loi décidés dans les Loges. Les ministres n'arrivent au pouvoir que par elle. Elle a ses diplomates dans toutes les cours et des officiers de tous grades dans les corps d'armée. Partout elle surveille, elle incite. Par ses journaux, elle dirige l'opinion publique, elle lui donne les impulsions auxquelles les gouvernements obéissent, celui-ci de gré, celui-là de force. Ainsi se préparent et se réalisent les mouvements nationaux qui font converger les peuples vers le but que la secte s'est proposé d'atteindre.
Il y a dans le budget du Grand-Orient un chapitre des « Relations extérieures » ; car la Maçonnerie, suivant le mot de M. Dequaire, a une « politique extérieure » aussi bien qu'une
« politique intérieure » ; et celle-là, dans son ensemble, demeure inconnue de la masse des Maçons. En 1894, le rapport de M. Dequaire sur les relations extérieures « ne put être imprimé, à cause des aperçus délicats qu'il renferme sur les relations du Grand-Orient de France avec diverses fédérations de l'univers » (Bulletin du Grand-Orient, août-septembre 1894, p. 107).
« Est-ce Paris, Londres ou Rome, demande M. Georges Goyau, qui donne le mot d'ordre ? On est réduit à des hypothèses. Qu'il suffise aux Français initiés de savoir qu'ils travaillent pour une œuvre internationale qui leur échappe ; ils n'ont rien de plus à demander; ils sont des moyens en vue d'une invisible fin ; ils obéissent, c'est tout ce qu'il faut. »
M. Georges Goyau aurait pu ajouter : « Berlin ». Les puissances maçonniques qui siègent en ces diverses villes peuvent tour à tour ou selon les circonstances devenir dépositaires du mot d'ordre donné par le pouvoir central, le pouvoir occulte.
Les fondateurs de V Internationale sont des Juifs d'Allemagne, Marx, Lassalle, Outine. Les Juifs, qui sont extrêmement nombreux en Russie, furent l'âme et le bras du nihilisme. Ce fut le Juif allemand Deutsch qui fut le chef du premier mouvement révolutionnaire en Russie ; les exécuteurs des forfaits qui s'y commirent furent pour la plupart des Juifs : Hartmann, inspirateur et directeur de l'attentat de Moscou ; Mladetzki, qui a tiré sur le général Boris-Melokoff ; Goldenberg, l'assassin du prince Krapotkine, etc. « Les Juifs jouent le premier rôle dans notre révolution », dit le Nouveau Monde de Saint-Pétersbourg. La révolution plus complète, plus profonde, qui mit fin au tsarisme, fut plus manifestement encore l'œuvre des Juifs.
Enfin, en ces derniers temps, nos gouvernants n'ont pas eu d'amis plus fervents, d'inspirateurs plus écoutés que certains Juifs comme Lévy Crémieux,Hugo Oberndorffer,Hemmerdinger, Von Reinach, Arton et Cornélius Herz. C'est à ce dernier, Juif allemand, que demandaient conseil les Freycinet, les Floquet, les Rouvier. Sur le tableau de la Haute-Maçonnerie internationale, Herz figurait au 1er mars 1881 dans la liste des Inspecteurs généraux, avec cette mention : « Pour les relations générales d'Angleterre, France et Allemagne. »
Dans son livre : Le judaïsme et la judaïsation des peuples chrétiens, M. Gougenot des Moussaux, qui a fort bien appelé la
Franc-Maçonnerie ce la juiverie artificielle », raconte ce qui suit:
Un de nos amis, homme d'Etat, au service de la grande puissance germanique, un de ces rares protestants qui sont restés fidèles à la dévotion du Christ, nous écrivait au mois de décembre 1865 :
ce Depuis la recrudescence révolutionnaire de 1848, je me suis trouvé en relations avec un juif, qui, par vanité, trahissait le secret des sociétés secrètes auxquelles il était associé et qui m'avertissait huit à dix jours d'avance de toutes les révolutions qui allaient éclater sur un point quelconque de l'Europe. Je lui dois l'inébranlable conviction que tous ces grands mouvements « des peuples opprimés » etc., etc., sont combinés par une demi-douzaine d'individus qui donnent leurs ordres aux sociétés secrètes de l'Europe entière. »
En 1862, les Feuilles historiques de Munich publièrent les avis adressés à Guillaume de Prusse, depuis empereur d'Allemagne, par l'un de ses sujets, protestant, l'informant qu'en Allemagne, comme en Angleterre et à Rome, des Juifs, dirigés par des chefs secrets, travaillaient partout pour révolutionner et républicaniser les peuples dans l'intérêt du judaïsme. Ces renseignements, donnés au Kronprinz, ont été traduits et publiés dans le Monde du 5 novembre 1862. Ce même journal, qui avait déjà publié d'autres documents semblables, concluait : « Ce témoignage, joint à tant d'autres, autorise donc à penser que la grande conspiration antichrétienne qui nous enveloppe est conduite par les anciens ennemis du Christ et par les descendants de ceux qui l'ont mis à mort. »
Il ne serait pas étonnant que V Alliance Israélite Universelle mît désormais dans les Etats-Unis, leurs banques, leur industrie, leur puissance militaire, ses espérances de domination.
Dans le Peuple Juif des 14 et 21 août, M. Nahum Slousch a fait connaître qu'il y a aux Etats-Unis environ trois millions quatre cent mille Juifs, dont un million cinq cent mille à New- York, alors qu'en 1880 l'Amérique n'en comptait que deux cent mille.
Dans un article publié par le journal juif Haschophet, le rédacteur disait :
C'est en vain que la tiare lutte contre le spectre de la Révolution juive de 1793 ; elle voudrait enfin se délivrer de l'étreinte de fer du colosse sémitique qui l'enserre; tous ses efforts sont inutiles. Le danger est imminent et le catholicisme meurt à mesure que le judaïsme pénètre les couches de la société.
Comme le dit Mgr Meurin, archevêque de Bombay avant d'être archevêque de Port-Saint-Louis, dans son livre, presque
uniquement composé de documents, La Franc-Maçonnerie , synagogue de Satan 5 :
La Franc-Maçonnerie est le résultat d'un pacte occulte entre Venjer et la synagogue déchue. Ce pacte a pour premier but l'assujettissement de l'univers à la domination juive; pour second but, l'anéantissement complet du christianisme et la corruption totale du genre humain, pour la plus grande gloire de Lucifer, de l'archange déchu qui usurpe le nom de Dieu, espérant en usurper aussi le royaume.
5. <( Synagogue de Satan ». Par deux fois Notre-Seigneur donna ce nom dans l'Apocalypse aux Juifs ligués contre l'Eglise pour l'étouffer dans son berceau.
Note complémentaire.
Voici un document qui montre que la Révolution française a été préparée de longue main par les sociétés secrètes et ses principaux événements savamment disposés :
En 1771, Mercier, qui fut plus tard conventionnel, publia sous ce titre : L'an 2.240 un rêve s'il en fut jamais, un livre où tous les événements qui allaient commencer à s'accomplir dixhuit ans plus tard, étaient nettement indiqués. Il annonçait : la souveraineté absolue par les Etats assemblés ; l'abolition de la monarchie, le règne de la démocratie ; le râteau, la navette, le marteau sont plus brillants que le sceptre; la république; le renversement de la Bastille ; les monastères abolis ; les moines mariés ; le divorce permis ; le Pape dépossédé de ses Etats.
Et le chapitre où ces choses étaient annoncées était intitulé : Pas si éloigné qu'on le pense ! Une telle prévision des faits qui ne devaient se produire que vingt ans plus tard, révèle bien le Deus ex machina.
Plus récemment, Glasbrenner, Juif et Franc-Maçon, publiait en octobre 1847, un calendrier dans lequel il écrivait, sous la date du 26 février 1848, ce qui suit : « La maison de Louis- Philippe fait son inventaire: le passif surpasse l'actif. » — Et le 27 février 1848,, la révolution éclatait à Paris, et elle faisait explosion le 15 mai à Vienne, à Naples, etc. Tout cela, évidemment, avait été préparé et arrêté dans les Loges.
Fait plus caractéristique encore : dans des lieux très éloignés, on parlait le même jour de ce qui était arrivé à Naples, à Paris, etc. Et en 1848, on n'avait pas encore le télégraphe! A Posen, par exemple, on parlait dans les rues de la révolution arrivée le même jour à Paris, et des troubles de Barcelone, de Bruxelles, de Leipzig, etc., et à Barcelone on parlait le 15 mars des événements survenus ce jour-là à Berlin.
Evidemment les Loges avaient préparé les événements et arrêté les dates.
Les plus hauts potentats pèsent peu dans la main de la secte. Elle les secoue comme une feuille lorsqu'elle les juge et les trouve désormais incapables de servir ses desseins.
Deux ans avant la guerre, Guillaume II avait été menacé en plein Parlement par les pangermanistes d'être mis de côté, lui et les autres souverains de l'Allemagne, s'ils ne se mettaient point à l'œuvre pour réaliser leurs projets grandioses ! On sait ce qui est advenu dès le jour de l'armistice.
Napoléon Ier n'a point été traité avec plus de ménagements. Voici ce qu'a écrit un homme qui a étudié avec beaucoup de sagacité la Révolution française et ses suites, M. Guy de Chardonchamp. Après avoir dit qu'à la Révolution conquérante il fallait un chef visible qui subirait les directions du pouvoir occulte, il expose ainsi les motifs qui lui firent élever sur le pavois, puis précipiter Bonaparte.
« La France se ressaisissait. Sans discerner au juste qui l'avait prise à la gorge, elle sentait clairement qu'elle avait été victime d'une agression traîtresse et, reprenant haleine, elle se disposait à courir sus aux assassins... Le pouvoir occulte songea à un homme d'épée pour sauver la Révolution en France... Il (Bonaparte) possédait cette première et éminente qualité de n'être pas Français, car il ne l'était ni de race, ni de naissance, ni de tradition, ni même d'adoption... Il est placé, à vingt-sept ans, à la tête de l'armée d'Italie et il reçoit jour par jour les renseignements que lui adressent les F.*, affiliés à l'état-major autrichien — nous avons à ce sujet son propre témoignage. On l'envoie ensuite en Egypte. Son retour s'effectue dans des conditions tout à fait étranges : ce retour si soudain, si mystérieux, ce passage à travers la croisière anglaise qui semble s'entr 'ouvrir pour laisser filer le brick portant le futur César et sa fortune sont tellement inexplicables dans l'histoire officielle, qu'il est naturel d'en chercher la raison dans l'accomplissement d'un ordre de la volonté occulte.
» Le coup d'Etat de Brumaire s'accomplit avec la complicité
des plus notables révolutionnaires. Pendant toute la campagne de 1805, Napoléon paraît être le protégé de la Franc-Maçonnerie. La campagne d'Ulm, la surprise des ponts du Danube, Austerlitz, en apportent la preuve $ mais, enivré par sa toutepuissance, l'homme veut secouer le joug. Il veut reconstruire le Saint-Empire sous son hégémonie, il épouse une archiduchesse, il crée une noblesse. Aussitôt la fatalité mystérieuse se déclare contre lui. Il s'en faut de peu qu'Eylau soit un désastre ; la victoire de Friedland s'achète chèrement. A Essling, l'armée française manque d'être jetée dans le Danube. Les complots, les insurrections éclatent sur les derrières des troupes de Napoléon. L'étudiant Stapps cherche à poignarder l'Empereur. Bientôt les défaites vont se succéder, et si, finalement, Bonaparte est vaincu, malgré les prodiges de la campagne de France, c'est qu'un poids mystérieux s'est déplacé dans la balance des combats. »
L'auteur de cette thèse historique démontre toujours l'exactitude de ses dires. Elle est d'ailleurs en parfait accord avec ce qui s'est produit en 1830, en 1848 et plus près de nous, ce Aucun homme d'Etat, dit fort bien Eckert, ne connaît son époque, il ignore les causes des événements qui s'accomplissent sur le terrain de la plus haute politique, s'il n'étudie à fond l'ordre de la Maçonnerie et n'en comprend la nature et l'action. » Il aurait pu ajouter : s'il ne connaît les liens noués entre cette secte et l'Angleterre, du moins pour la partie de l'histoire européenne >qui va de Louis XV à nos jours.
Les Pourquoi de la Guerre mondiale. — III